Aliou Sow Mercredi, 14 Août 2013 13:36
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ses partenaires techniques constitués par le couple Sabari-Waymark ont l’air de s’être emmêlés les pinceaux, dans la conception du fichier électoral en prélude au scrutin législatif. Ces dysfonctionnements au niveau de cette institution, ajoutés à la faible mobilisation des fonds devant servir au financement du vote, font planer des doutes sur la capacité de la CENI à tenir le délai du 24 septembre. A moins qu’on ne bâcle les élections, un nouveau report n’est pas à écarter…
A moins de deux mois des élections législatives prévues pour le 24 septembre par le chronogramme fixé suite à l’accord global signé entre les parties prenantes au processus électoral, la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ses partenaires techniques constitués par le couple Waymark-Sabari, ont du mal à s’acquitter convenablement de leur tâche. C’est du moins le constat fait par le comité de suivi de la mise en application de l’accord global signé entre les acteurs politiques sous l’arbitrage de la communauté internationale. En effet, c’est la sécurisation du fichier électoral qui poserait problème. Déjà, de nombreux observateurs avaient pointé du doigt les couacs enregistrés lors des opérations de révision complémentaire des listes électorales. L’opérateur Sabari Technology ayant brillé par son incapacité à enrôler convenablement les électeurs, durant ces opérations qui ont pris moins de 15 jours, en violation de l’accord global. Certains citoyens ont tout simplement dû renoncer à se faire enregistrer sur ces listes électorales, à cause de ces dysfonctionnements des kits de Waymark-Sabari. Passé cette phase d’enrôlement, des problèmes seraient enregistrés au niveau du « dé-doublonnage ». Car le contrôle des résultats des arbitrages devant être faits par Sabari-Waymark sur les dé-doublonnages locaux et parallèles, serait loin de toute fiabilité, selon nos sources. A ces difficultés d’ordre techniques, il faut greffer le manque de ressources financières pour mobiliser les 17 millions de dollars us prévus comme budget électoral par la CENI. Montant que l’institution a dû d’ailleurs revoir à la baisse, en amputant cette prévision budgétaire de 5 millions de dollars us, face à la réticence des partenaires au développement à mettre leur argent dans des élections, qui à leurs yeux manqueraient de « crédibilité ». Vu la gestion « calamiteuse » des ressources allouées à la CENI, dans un passé récent.
Cette situation met le gouvernement guinéen devant ses responsabilités. L’obligeant à mettre la main à la poche. C’est ainsi que 13 milliards de francs guinéens ont été déboursés par le gouvernement il y a environ deux semaines, en faveur de la CENI. Et voilà qu’on apprend au moment où nous allions sous presse, que d’autres efforts viennent d’être faits, à hauteur d’une quarantaine de milliards de francs guinéens. Montant qui serait alloué également à l’institution chargée d’organiser les élections législatives. Ce qui avoisinerait les 7 millions de dollars us, en tout. Ce n’est déjà pas mal comme contribution de la part de l’Etat guinéen, qui a dû se raviser qu’il ne servait à rien de compter sur les bailleurs de fonds pour financer nos élections. Les pays nantis vivent eux-mêmes dans la dèche, par ces temps de crise internationale. Rendant leurs contribuables de plus en plus regardant sur la destination de leur sous. La Guinée n’est pas à une dizaine de millions de dollars us près, pour ne pas pouvoir satisfaire les besoins de la CENI, pour la bonne tenue de ce scrutin. Même si avec toutes les difficultés énumérées ci-haut, la plupart des observateurs s’accordent à douter du respect du chronogramme du 24 septembre. Pour eux, il ne sert à rien d’organiser un scrutin à la hâte, de peur d’obérer l’avenir du pays.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
![]()