Samory Keita Jeudi, 08 Août 2013 16:08
Le 6 août, le Parti de l’espoir pour le développement de la nation (PEDN) de Lansana Kouyaté a rejoint le Club des républicains (CDR) pour créer une alliance électorale dénommée « Agir ensemble pour la Guinée ». Elle a été lancée en prélude aux élections législatives prévues le 24 septembre prochain.
A quelque six semaines des élections législatives, les partis politiques notamment de l’opposition s’activent pour unir leurs forces et faire face à un pouvoir décidé à ne pas laisser de quartiers à ses adversaires politiques pour avoir la majorité absolue à la future Assemblée nationale. Il y a quelques jours, l’opinion a été sans doute surprise de l’alliance électorale scellée entre l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), le RFC (Renforcement des forces du changement) d’Aboubacar Sylla et les NFD (Nouvelles forces démocratiques) de Mouctar Diallo, qui occupent respectivement la troisième et quatrième place sur la liste nationale du parti du chef de file de l’opposition guinéenne Cellou Dalein Diallo.
L’UFDG a aussi noué une alliance politique à l’uninominale avec l’UFR (Union des forces républicaines) de Sidya Touré. Dans cette alliance (non signée) chaque parti accepte, dans une circonscription électorale, de céder sa place à celui qui a le plus d’électorat potentiel dans la zone. Cette démarche entreprise par ces partis d’opposition consiste à faire front commun contre un pouvoir roublard et déterminé à se tailler la part du lion.
Dans la même perspective électorale, le PEDN vient de signer une alliance électorale avec certains partis se réclamant du centre dont lui-même est membre originel en tant membre de l’ADP. Ce sont le Club des républicains (CDR) auquel appartiennent le GPT de Kassory Fofana, l’UNR de Boubacar Barry, l’UPG de Jean-Marie Doré et le PUP et ses alliés. Il faut souligner cependant que ce dernier n’était pas présent lors de la signature du protocole d’accord. Son absence avait suscité quelques interrogations auxquelles les autres parties signataires n’ont pas voulu répondre. « Il faut considérer ceux qui sont là », a réagi Jean-Marie Doré face à la question d’un confrère ayant voulu connaître les raisons de l’absence du PUP dans cette alliance.
Dans cette alliance politique qu’ils ont dénommée « Agir ensemble pour la Guinée », les parties signataires s’engagent entre autres à se supporter « dans les uninominales partout où il y a un seul candidat de l’alliance », de mener « ensemble des campagnes conjointes afin de se soutenir autant que faire se peut » et « conviennent d’établir des candidatures concertées pour les élections communales de 2014 ».
Certains observateurs avertis qualifient cette alliance de l’alliance des partis « frustrés ». Pour eux, Lansana Kouyaté aurait souhaité faire alliance avec ses collègues anciens premiers ministres, Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré. Mais faute de « mieux ailleurs », l’ex premier ministre et président du PEDN, pour éviter de faire cavalier seul, a rejoint ses anciens amis du centre dont il s’était pourtant éloigné pour se rapprocher de l’opposition « radicale » sous le label de l’ADP. Cette démarche de Kouyaté, Boubacar Barry et Doré est à percevoir tout simplement sous le prisme de la realpolitik.
Samory Keita
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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