Thierno Fodé Sow Samedi, 03 Août 2013 14:48
Certains leaders politiques de l’opposition sont mis à l’index dans les violences intercommunautaires intervenues récemment à N’Zérékoré et à Beyla. Ces politiciens-là sont en effet accusés par le gouvernement, à travers le ministre Alhassane Condé, de souffler sur les braises pour s’assurer, on peut le dire, un certain vivier électoral. Parmi ces rameurs à contre-courant, le nom de l’ancien premier ministre de la transition, Jean Marie Doré, leader de l’UPG.
Ce Guerzé, né en juin 1939 à Bossou, dans la préfecture de Lola, et nommé à la tête du gouvernement de transition le 21 janvier 2010 avait en effet déclaré que « ce sont les insuffisances ou l’incurie du gouvernement qui ont encouragé les violences à N’Zérékoré ». Avant d’ajouter que l’attitude du gouvernement et du chef de l’Etat montrent clairement que « l’Etat a cessé d’exister, personne ne veut assumer ses responsabilités ». Pendant ce temps, les affrontements font rage dans cette partie de la Guinée et le gouvernement avait déjà dépêché une délégation pour essayer d’arrondir les cycliques violences. Mais le leader de l’UPG critique ce qu’il appelle « le laisser-aller et le laisser-faire prônés par le gouvernement et le silence assourdissant » de celui-ci. Et de tancer : « La force officielle sur les habitants montre que le gouvernement a abdiqué sa fonction principale qui est de protéger les citoyens ». Il n’en fallait pas plus à la mouvance présidentielle pour crier au « marchandage politique » et dénoncer tous ceux qui se fertilisent sur le terreau des violences.
De son côté, le ministre Alhassane Condé de la Décentralisation, sur les ondes d’une radio locale estime que « Jean Marie Doré a fait des déclarations inacceptables venant d’un homme de son rang ». Il a par ailleurs fustigé ces leaders politiques en perte de vitesse et en quête perpétuelle d’électorat. Le ministre Condé a informé que n’eût été l’interposition des gendarmes, le domicile du leader de l’UPG aurait été mis à sac par des jeunes en colère. C’est ce que réfute catégoriquement l’intéressé, le jeudi dernier.
Mais au finish, à qui cela profiterait-il si la Guinée brûlait et si ses enfants se mangeaient entre eux ? Certainement, l’hécatombe ne profitera à personne. Autant alors emboucher la même trompette et fumer le même calumet de la paix. Car après tout, depuis 1991, des conflits internes, tant politiques, domaniaux que religieux et agro-pastoraux sont enregistrés dans la partie sud de la Guinée. Et on en convient, c’est réellement une patate chaude que les différents régimes se sont jetée depuis bien des lunes. Sous son magister même (février 2010), Jean Marie Doré a vécu un incident entre une femme kpélé et un policier communal à la mosquée de la forêt sacrée, au moment même où des fidèles musulmans accomplissaient leur devoir religieux. C’est autant dire qu’à N’Zérékoré, Lola, Beyla, etc. les violences ne datent pas aujourd’hui et que rien ne justifie certaines accusations.
L’essentiel c’est de s’impliquer et apporter sa part de contribution afin que soient à jamais exorcisés, les démons à l’origine desquels bien des familles ont pleuré ou pleurent encore. C’est cela l’attitude commune tant souhaitée. Nous n’avons qu’à y gagner !
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu
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