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Aménagement hydroélectrique de Kaléta : faut-il craindre le fiasco de Garafiri ?

Heinan Goba  Samedi, 03 Août 2013 14:04

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SYLLA_Cheick_Taliby_01Le directeur du projet d’aménagement hydroélectrique de Kaléta d’une puissance de 240 mégawatts a indiqué, le mardi 30 juillet au cours d’une rencontre avec la presse que « les travaux avancent normalement, contrairement à ce disent les mauvaises langues ». Seulement, d’après le Docteur Cheick Taliby Sylla « l’administration du projet est actuellement confrontée au problème du déguerpissement des occupants du site devant abriter la centrale de transformation de l’électricité produite par le barrage ». Et c’est justement à travers les explications données au sujet de la résolution de ce problème que Monsieur Sylla laisse penser que cette autre infrastructure énergétique ne sera pas elle aussi construite dans les règles de l’art. A l’image du barrage de Garafiri qui a été fiasco.

En effet selon les propres explications du Docteur Cheick Taliby Sylla, dans le cadre de la réalisation du barrage de Kaléta censé résoudre momentanément le déficit énergétique en Guinée, rien n’est prévu pour le dédommagement, encore moins le relogement des occupants du site de Manéah qui s’y seraient illégalement installés. C’est par humanisme qu’il a été décidé de grignoter, dans un premier temps, sur les frais de structures pour le relogement de ces citoyens. Des démarches sont faites auprès du gouvernement pour l’indemnisation de ces citoyens qui, avant tout, sont des Guinéens. Le cas échéant, l’administration du projet fera de même pour le relogement.

C'est-à-dire qu’elle va prendre une partie des frais de structure pour résoudre ce problème. Ce qui est inquiétant au vue de l’importance de cette indemnisation.

D’après Monsieur Sylla, une première facture présentée par les 115 familles qui occupent toute la zone fait état de 650 milliards de francs guinéens. Face à ce montant jugé insupportable, a-t-il poursuivi, il a décidé de ne s’occuper que de ceux qui occupent la partie prévue pour l’installation de la centrale de transformation.

Seize concessions ont été retenues dans ce lot. C’est ainsi qu’en attendant les études des coûts de ces concessions par les services compétents de l’habitat et de la construction, il a été décidé de donner un million par habitant de chaque famille concernée.

A l’analyse de ce qui précède, plusieurs questions se posent et la réponse à certaines mène à penser que l’administration de Kaléta pourrait procéder à une acrobatie financière qui va, sans doute, impacter sur la qualité de l’ouvrage. Primo, le gouvernement présentement confronté à d’énormes difficultés financières, dira-t-il à la longue qu’il s’agit d’occupants illégaux et refusera-t-il cette indemnisation ? Secundo, dans ce cas, les frais de structure sur lesquels compte Monsieur Sylla, même intégralement pris, vont-ils suffire à résoudre le problème ? Sinon, où va-t-il prendre l’argent ?

Même si le directeur du projet jure que tout sera fait à la satisfaction de tout le monde, l’option qu’il a choisie pour résoudre ce problème de déguerpissement ne sera pas sans conséquence.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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