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Rabiatou Sérah Diallo : de la formidable à la fort minable ?

Thierno Fodé Sow  Jeudi, 01 Août 2013 23:22

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DIALLO_Rabiatou_9_01Au lieu d’être formidable, Rabiatou Sérah Diallo a été fort minable.

Ce calembour largement porté contre la présidente du CNT en dit long sur l’ambigüité que l’on prête aux nouvelles prérogatives de cette syndicaliste chevronnée. Une syndicaliste qui s’occupe désormais d’une institution républicaine et non d’une centrale syndicale défendant les travailleurs, parfois au prix du sang.

Le changement de casquette intervenu depuis 2010, à l’issue des accords de Ouagadougou, fait oublier à bien des Guinéens que les rôles ont changé, comme le dit d’ailleurs bien l’intéressée, lors d’une intervention sur les ondes d’une radio locale de la place, la semaine dernière. Les grandes conclusions tirées de cette intervention nous font croire que Rabiatou Sérah Diallo se trouve manifestement incomprise. Et à bien des endroits de la sphère sociopolitique de la nation.

La concernée, elle, comprend cette lecture ‒ avec des lunettes déformées ‒ qu’on fait d’elle et de ses actes qu’elle pose avec ses collaborateurs du CNT. « Les gens ne savent pas interpréter les lois. Mais ils doivent savoir que le CNT n’est pas là pour un homme ou pour un système. Seulement, nous sommes tenus de travailler avec l’exécutif. C’est une sorte de complémentarité. Et j’avoue que je ne cherche pas à être récompensée. Je le suis déjà avec les responsabilités que j’occupe sur le plan africain et international, à l’OIT, BIT, etc. », a notamment justifié la présidente du Conseil national de transition. Avant d’ajouter : « Je suis toujours la même, avec la même fougue, le même engagement citoyen de vouloir sortir le pays de la misère. » Ceci étant, pourquoi le CNT n’a pas mis en place une commission d’enquête parlementaire, à l’issue des violences intercommunautaires de N’Zérékoré ? La réponse de Rabiatou Sérah Diallo est sans appel : « On ne peut pas envoyer une mission sans en avoir ce qu’il faut : nourriture, logement, sécurité. Nous n’avons pas de budget mais une subvention pour les primes mensuelles des conseillers d’ailleurs, le plus souvent, ce sont nos partenaires de l’extérieur qui nous viennent en aide. Et mieux que tout cela, quand l’exécutif organise une enquête, je ne vois pas pourquoi le législatif ferait la même chose. Faute de moyens donc, nous ne pouvons qu’accompagner le gouvernement. Mais cela ne veut pas dire que nous négligeons les violences. »

Cette option prise par le CNT a pourtant provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition et, à quelques exceptions près, des organisations de défense des droits de l’homme, lesquelles crient plutôt à l’indifférence et à l’apathie de la part du CNT. On comprendra donc aisément que le CNT est incompris. Pourtant, de l’avis de sa présidente, « le CNT a un bilan positif ». Chacun appréciera. Installé au départ pour six mois, le CNT vit aujourd’hui sa troisième année. Et cet état de fait agace apparemment Rabiatou Sérah Diallo, car, « trois ans c’est déjà trop pour une transition, alors que même la Libye a fini sa transition ». Et d’implorer la réelle volonté politique « pour que les élections aient lieu parce qu’on n’est pas confortable au CNT ».


Thierno Fodé Sow


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