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Financement du processus électoral : pourquoi les bailleurs de fonds font preuve de réticence

Thierno Hassana Bah  Mardi, 30 Juillet 2013 22:39

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FOFANA_Bakary_2_01Vu tout ce qui a été dit autour de la gestion scabreuse des ressources allouées à la CENI lors de la dernière présidentielle, les bailleurs de fonds ne veulent pas jeter leur argent par la fenêtre. Car, il faut le souligner, il n’y a eu aucun audit pour situer la part de responsabilité des uns et des autres dans ces malversations.

C’est pour cette raison, bien qu’étant conscients de la nécessité de financer des élections législatives prévues le 24 septembre prochain, que les partenaires au développement veulent vraiment être situés sur la façon dont l’argent de leurs contribuables sera utilisé par l’institution qu’est la CENI, peu crédible aux yeux de l’opinion nationale et internationale.

Lors de la dernière réunion tenue au Palais du peuple avec les acteurs politiques, le président de la CENI, Bakary Fofana, a annoncé la réduction du budget du processus de 17 à 12 millions de dollars US. Ceux qui devaient faire les frais de cette ponction sont les membres des CARLEs qui, au lieu d’être gratifiées de 2 à 3 millions de francs guinéens, se sont vu affecter 1 million par CARLE. Ce qu’ils ont rejeté d’emblée en vouant aux gémonies le président de la CENI et son staff « sulfureux ».

Selon le président de la CENI, seul l’Etat guinéen a d’abord donné environ 13 milliards de francs guinéens pour l’organisation des élections législatives du 24 septembre prochain. Il resterait alors un gap financier de 80 milliards GNF à combler. Comme l’a dit Bakary lui-même, aucun partenaire n’a déposé encore à ce jour un sou. Cette réticence des partenaires qui ont l’habitude de financer le processus, à savoir le PNUD, l’UE et l’OIF pour ne citer que ceux-ci, serait due au fait qu’aucune justification des autres financements n’ait encore été faite par la CENI, selon nos sources.

Il faut rappeler que pendant que Lousény Camara était à la tête de cette CENI, d’importantes sommes d’argent ont été gaspillées quand il a voulu coûte que coûte enrôler les citoyens avec le couple Sabari Technologie-Waymark. On se rappelle qu’à l’époque, des opérateurs de saisie avaient été recrutés par la CENI puis déployés sur le terrain. Ceux-ci, environ 4 mille, avaient manifesté pour entrer en possession de leur argent pour les deux mois passés à l’intérieur du pays. Ce recensement, selon certains observateurs, n’était qu’un prétexte pour sortir l’argent des caisses de l’institution.

C’est la même chose qui semble se produire actuellement avec Bakary Fofana. Puisque pendant qu’il annonce qu’aucun partenaire n’a mis de l’argent à la disposition de la CENI, des commissaires se tapent des villas de haut standing. Malheureusement pour ces commissaires, ils risquent d’être rattrapés par leur train de vie. Car cela saute aux yeux.

Mais ce qui est regrettable dans tout ça, c’est que même l’opposition ne semble pas faire de la gestion efficiente des ressources allouées à la CENI, un souci. Puisque c’est elle-même qui a soutenu certains commissaires bien que ceux-ci ne soient pas des parangons de vertu.

Comme Pathé Dieng et autres… On a l’impression que cette opposition ne cherche que le pouvoir et tant pis pour le reste. La Guinée, à l’allure où vont les choses, est loin de sortir de l’auberge, car le gouvernement est en train d’entretenir l’impunité au grand dam des citoyens.


Bah Thierno Hassana
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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