Mams Sow Vendredi, 19 Juillet 2013 14:54
Depuis plus de deux ans aux affaires, le régime d’Alpha Condé se montre très « dur » envers les médias. Après les épisodes de l’attaque du domicile du président, où les médias seront interdits de diffusion d’émissions interactives, le harcèlement de Mouctar Bah de RFI, la suspension de Mandian Sidibé, voilà que le ministre de la Communication décide de fermer la radio Liberté FM de N’Zérékoré et pire, le projet de télévision d’ESPACE est saboté.
Décidément, Alpha Condé a la mémoire courte. Lors de son arrestation en décembre 1998, c’est toute la presse qui s’est mobilisée massivement pour défendre sa cause. Si bien qu’à sa libération, il avouera sa gratitude aux médias guinéens.
A son élection en décembre 2010, plusieurs acteurs des médias espéraient enfin une reconnaissance de leurs services rendus pour la promotion de la démocratie, la bonne gouvernance et l’équité. Mais les premières mesures de sa gouvernance sèmeront le doute dans les esprits des hommes avertis. La loi sur la liberté de la presse qui avait été votée par le CNT durant la transition sera mise de côté. La nomination de Martine Condé au CNC relèvera d’un déni de la loi. On se souvient que le premier décret qui la désignait comme présidente de la HAC sera vite abrogé. Mais le mal était fait. Cette dernière se comporte en véritable « général » qui donne des ordres à des « soldats ».
Les patrons de presse sont ses valets, du moins, c’est ce qu’elle croit. Elle intimidera plusieurs organes : radios, journaux, télé. Dans sa furie, elle ira jusqu’à prendre des actes à contresens de l’esprit et de la lettre de la nouvelle loi sur la presse, qu’elle continue d’ailleurs de royalement ignorer.
Bien pire, elle décidera de la fermeture de la radio Planète FM et de la suspension de son directeur. Ce qui créera une levée de boucliers. La Cour suprême invalidera sa décision et Mandian Sidibé sera rétabli dans ses droits. Lorsque les évènements de N’Zérékoré sont survenus, une radio locale de la place jouera son rôle de médium citoyen. La radio ZALY LIBERTE FM est suspendue sur décision du ministre de la Communication. Cela ne relève pas de ses prérogatives, mais il n’en a cure.
Le directeur du groupe ESPACE après des années de lutte pour obtenir une fréquence locale pour sa télé décide de se tourner vers CANALSAT. Niet disent les autorités guinéennes. Un coup de fil à la direction de CANALSAT pour leur intimer de ne pas diffuser la chaine sur son bouquet. Le lancement était prévu ce 30 juillet. Raison invoquée, la chaine n’a pas une fréquence locale. A qui la faute ? Motus bouche cousue.
Le DG d’ESPACE dit ne pas savoir exactement de qui vient le coup de fil, mais assure qu’il ne baissera pas les bras et que son combat est pour le bas peuple. Il se console avec un lancement sur un bouquet qui ne sera pas accessible en Guinée, mais pour ceux de l’étranger. Avec un investissement de plus de 250 000 €, Lamine Guirassy avait pour ambition de rehausser l’image du pays.
Les Guinéens rejettent, les autres acceptent, spécificité guinéenne, vous avez dit ?
Mams Sow
de Conakry pour GuineeActu
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