Heinan Goba Vendredi, 19 Juillet 2013 14:04
Le calme semble revenu à Koulé, à N'Zérékoré et à Beyla. Les commerces et les autres activités ont repris petit à petit. L'administration également paralysée par les récents affrontements a repris. Il paraît que cela est dû au déploiement d'un important dispositif de défense et de sécurité, bien que tardif, mais aussi grâce aux efforts fournis par les autorités. Quoi qu'il en soit, le bilan humain est, en revanche, effroyable et les dégâts humains inestimables.
Cinquante et quatre corps ont été identifiés à l'hôpital régional de N'Zérékoré. Ces derniers ont été enfouis dans une fosse commune. La Croix rouge et certaines organisations non gouvernementales s'emploient toujours à ramasser d'autres corps mutilés, non identifiés, dans les rues. Pendant ce temps, Togba Cesaire Kpogomou, le ministre de la Communication parti pour renforcer la délégation gouvernementale en place, n'a trouvé mieux que de fermer la radio privée Zaly Liberté FM.
La seule raison invoquée par ce fils du terroir pour justifier sa décision est que la radio s'est beaucoup intéressée au décompte macabre. « Au moment où les autorités s'emploient à ramasser les fusils et les machettes qui ont servi à commettre les massacres, parler du nombre de morts peut contribuer à enflammer davantage la situation », a expliqué le ministre. Précisant que l'arme du journaliste, c'est le message qu'il diffuse.
Toutefois, d'après le ministre, la fermeture la Zaly Liberté FM ne serait que temporaire. Elle recommencera à émettre dès que la situation sera calme. En attendant, la question que beaucoup se pose est: le ministre a-t-il le droit de fermer un radio à la place de l'autorité de régulation (CNC) ?
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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