Heinan Goba Jeudi, 18 Juillet 2013 21:45
S’exprimant, mercredi 17 juillet devant la presse à Conakry, le président du Mouvement africain pour la défense des droits de l’homme et de la gouvernance (AFRIDHO), Nouhan Traoré, a déclaré : « ce qui s’est passé à N’Zérékoré aurait pu être évité si la question de la réconciliation nationale avait été prise à bras le corps par le gouvernement guinéen ».
En déplorant ces violences qui ont provoqué des pertes en vies humaines (dernier bilan selon France 24: 54 morts Ndlr) et d’énormes dégâts matériels, le président d’AFRIDHO a accusé l’Etat d’avoir failli à son devoir pour n’avoir pas mis en place un système de prévention des conflits. Il a déploré aussi l’inefficacité des forces de l’ordre qui fait que le gouvernement n’arrive pas à protéger les citoyens.
Pour Nouhan Traoré, « il y a certes, une négligence coupable de la part du régime actuel mais on n’en serait pas là, si les régimes qui se sont succédé n’avaient pas cherché les problèmes au lieu de les résoudre définitivement ». Ces régimes, selon lui, « ont laissé les problèmes couver ». Car, rappelle l’activiste des droits de l’homme, « ces affrontements ne datent pas d’aujourd’hui ».
Le président de l’AFRIDHO a, tout de même, demandé aux ressortissants des deux communautés (guerzé et koniaké) en conflit de savoir raison garder.
L’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme et du citoyen (OGDH) a fait une déclaration allant dans le même sens que ces affirmations de Nouhan Traoré.
L’opposition républicaine aussi a déploré le même jour, ces évènements survenus ces derniers jours dans la sous-préfecture de Koulé et au centre-ville de N’Zérékoré, estimant tout de même que ces atrocités auraient pu être évitées si le pouvoir avait pris la peine de respecter ses engagements électoraux.
Son porte-parole Aboubacar Sylla a indiqué que ces violences « sont le résultat de l’échec de la politique de réconciliation » promise par le pouvoir. « Au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes on s’est contenté de mettre en place une commission provisoire de réflexion sur le processus de réconciliation », s’est offusqué Monsieur Sylla.
Comme on le voit, les politiques guinéens et leurs compatriotes de défense des droits de l’homme sont unanimes. A l’exception de la mouvance présidentielle et ses partisans. L’Etat guinéen et plus particulièrement le régime du président Alpha Condé, est responsable des affrontements intercommunautaires en Forêt.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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