Le danger d’une Assemblée nationale dominée par le parti d’Alpha Condé

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CAMARA_Naby_Laye_3_01C’est officiel, les élections législatives auront bien lieu le 24 septembre 2013. Voter, représente la principale forme de participation politique dans pratiquement  tous les pays démocratiques.

Selon la théorie démocratique traditionnelle, les personnes qui jouissent de la liberté pour voter, profitent de cette opportunité pour mettre la pression sur ceux qui prennent des décisions. Avec le but de promouvoir leurs intérêts ou satisfaire leurs demandes.

Le 24 septembre prochain, beaucoup de Guinéens iront voter. Car les facteurs de motivation sont nombreux. Les niveaux de revenu des citoyens auront une influence sur le choix du vote. Mais surtout, l’identification aux partis politiques et la tendance ethnique marqueront, significativement, sans aucun doute, le vote de nombreux Guinéens.

Pourtant, un autre facteur non moins important, devrait retenir l’attention des votants : le système électoral guinéen, le présidentialisme.

Dans le système présidentialiste de démocratie, le président est le chef de l’Etat et du gouvernement. Il possède constitutionnellement des pouvoirs effectifs pour prendre des décisions. Avec ce système, le président ne se limite pas seulement à assumer des devoirs purement cérémoniaux. Il ne partage pas l’exécutif avec un autre chef de gouvernement, comme le premier ministre.

Par contre, dans ce système, le président partage le pouvoir avec une Assemblée nationale.

Le pouvoir de l’Assemblée nationale peut varier selon les différents régimes présidentialistes. Certaines Assemblées ont beaucoup de pouvoirs, comme aux Etats-Unis. D’autres ont moins de pouvoirs, au bénéfice de l’exécutif.

De la Constitution guinéenne adoptée en 2010, il ressort que notre Assemblée possède un pouvoir fort, je dirai même très fort.

Par exemple, dans son article 92, élucidant le rapport entre le président de République et l’Assemblée nationale, la Constitution stipule: « En cas de désaccord entre le président de la République et le président de l’Assemblée nationale sur des questions fondamentales, le président de la République peut, après avoir consulté le président de l’Assemblée nationale, prononcer la dissolution de celle-ci.

La dissolution ne peut être prononcée avant la troisième année de la législature et au cours d’un même mandat présidentiel, plus d’une fois. De nouvelles élections ont lieu dans les soixante jours qui suivent la dissolution. Si celles-ci renvoient à l’Assemblée nationale une majorité de députés favorables à la position adoptée par l’ancienne majorité sur la question qui a provoqué la dissolution, le président de la République doit démissionner.

L’Assemblée se réunit de plein droit dans les dix (10) jours qui suivent son élection. En cas de désaccord entre le président de la République et l’Assemblée nationale avant la troisième année de la législature, la Cour constitutionnelle peut être saisie par le président de la République ou par le président de l’Assemblée, ou par un dixième des députés.

La décision de la Cour constitutionnelle s’impose au président de la République et à l’Assemblée nationale Â».

Comme nous venons de le voir, l’Assemblée nationale, à part son rôle de légiférer (la création des lois), peut jouer un autre rôle, celui de participer dans l’équilibre des pouvoirs. Les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, doivent être séparés pour permettre un meilleur fonctionnement des institutions.

Il est donc clair que le rôle des députés dans notre système présidentialiste est fondamental. Ce qui amène à dire que les élections législatives du 24 septembre doivent être bien prises au sérieux. Le sérieux dans la participation, et dans le choix du vote.

Parlant du choix du vote, il faut noter que le président Alpha Condé a besoin d’une majorité des députés à l’Assemblée nationale. L’opposition, aussi. C’est normal dans une démocratie électoraliste.

Cependant, depuis l’élection du président Alpha Condé en 2010, il y a des indices très sérieux qui ne peuvent pas jouer en sa faveur. La tentative délibérée de monopoliser le pouvoir, tous les pouvoirs. Des blocages institutionnels pour assouvir uniquement ses propres intérêts. L’inexpérience et l’incapacité du président de la République à gérer les problèmes du pays. Bref, un président de la République joueur de politique politicienne.

Et lorsqu’un politicien de cette classe s’empare, en plus de l’exécutif, de la majorité des députés, il n’y a pas de doute que le pays sombre dans la dictature.

Faut-il attendre que la Guinée sombre de nouveau dans l’obscurité politique ? Faut-il se laisser guider par les intérêts personnels et égoïstes au détriment de l’intérêt national ?

Le 24 septembre 2013 est une date fondamentale pour un réel décollage de notre démocratie.


Naby Laye Camara
Bruxelles

 
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Commentaires  

 
+1 #14 Cisko 17-07-2013 12:12

Mr Camara;
Je crois qu'on s'est compris. Le peuple souverain donnera la majorité à l'un ou l'autre des 2 camps. Nous ferons l'expérience de l'une des 2 situations (majorité de l'opposition ou celle du parti présidentiel). Tous les 2 cas seront à mon avis un apprentissage démocratique qui pourrait être capitalisé dans le futur.
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+3 #13 Naby Laye Camara 16-07-2013 22:00

M. Cisko, je comprends votre inquiétude à propos d'un éventuel blocage des institutions quand l'opposition arrive à avoir la majorité dans l'Assemblée.
Cependant, je ne partage votre idée selon laquelle l'opposition a des rêves pour mettre les bâtons dans les roues du gouvernement.
Concernant votre inquiétude, je puis vous dire qu'un Exécutif dirigé par Alpha Condé, et une Assemblée des Députés dirigée par l'opposition, est plutôt une bonne chose. C'est une situation qu'on appelle, techniquement, le "Gouvernement divisé".
Si les deux parties ne trouvent pas un accord, il va être difficile pour l'approbation d'une loi.
Mais M .Cisko, une vision plus positive de cette situation, c'est que le potentiel de compromis et de consensus est très grand. La possibilité d'un blocage stimule la recherche des accords entre le Président et l'Assemblée Nationale dans l'élaboration des lois.
A ce propos d'ailleurs, un grand politologue americain et l'un des fondateurs de la Constitution des Etat-Unis, partageait cette perspective. Il affirmait, q'un processus lent et délibéré de faire les lois était préférable à un autre processus dans lequel les lois sont approuvées beaucoup plus rapidement et sans réflection suffisante.
Le dilemme dont vous parlez est inéxistant: votons le 24 septembre prochain en donnant la majorité à l'opposition. Une condition nécessaire pour le rayonnement de notre démocratie.
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+4 #12 Gandhi 16-07-2013 19:47

Citation en provenance du commentaire précédent de Cisko:
Les Guinéens sont aujourd'hui dans ce dilemme.

Le dilemme des Guinéens ce ne sont pas les élections de 2015, mais ce qu'ils vont pouvoir mettre dans leur assiette aujourd'hui et demain.
En cas de majorité de l'opposition à l'AN, cela n'empêcherait pas AC de gouverner, mais cela l'empêcherait de modifier la constitution, de signer des contrats léonins et spoliateurs pour la Guinée, voire de violer la constitution. Les Guinéens devraient donc s'en réjouir et le vouloir.
AC ne veut pas tout contrôler, il contrôle déjà tout.
Quant à 2010 ce n'est pas l'opposition qui n'a pas digéré sa défaite, mais au-delà de ce vol électoral accepté ou subi par tous, la déception vient du vide sidéral en matière socio-économique, compensé par des exactions et des divisions sucitées par le pouvoir, bref aucune perspective pour 11 millions de Guinéens !!!
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-1 #11 Cisko 16-07-2013 16:32

Mr Camara;
Votre question me parait partielle. Elle serait complète si vous vous posiez la question sur le blocage éventuel des activités en cas de majorité de l'opposition à la future assemblée. Nous sommes coincés entre 2 groupes : d'un côté un hyper-président qui veut tout contrôler, de l'autre des opposants qui n'ont pas encore digéré la défaite d'il y a 3 ans et dont le rêve est de mettre les bâtons dans les roues du gouvernement en cas de victoire, mais surtout de mieux se positionner pour l'échéance présidentielle de 2015. Les Guinéens sont aujourd'hui dans ce dilemme.
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+5 #10 madina 15-07-2013 20:07

Mais en fait ou est passé Alfa Condè?il ya longtemps qu'on ne le voit pas ä sekhoutoureya!
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-15 #9 Mory Sylla 14-07-2013 05:09

Le peuple Guineen,comme un seul homme,doit se mobiliser avec la derniere energie,pour donner la majorite' a l'Arc-en-ciel dans la future Assemblee' Nationale. Le salut de ce pays se conjugue avec le changement.Les Guineens doivent comprendre que les leaders qui se dressaient contre le changement en 2010,ne peuvent pas incarnes le changement en 2013.
Nous avons confiance In Challah que les Guineens vont reaffirmer leur engagement pour le changement irreversible dans les urnes lors de ces legislatives.Ce grand pays sort lentement mais surement des tenebres d'ou l'avaient precipite' les conteistes.
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-5 #8 Patriote 14-07-2013 03:44

Boundiala,
Si Alpha est mort donc tout le monde est mort ? Sinon prouve moi pourquoi Alpha serait mort et pas vous, ni quelqu'un d'autre ? Et si Alpha vivait après 2013 qu'allez vous dire ?
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+5 #7 Amenofils 13-07-2013 23:02

Le combat pour les législatives est le dernier combat important pour la démocratie et la survie de l'opposition en Guinée. Si alpha s'empare de la majorité des députés, la démocratie est morte et le pays avec
L'opposition sait que alpha n'est pas homme qui aime la paix, la preuve ? Le choix des législatives un jour ouvrable pour empêcher les guinéens de l'étranger de voter.
Quand ce monsieur aura tous les pouvoirs, je ne vois pas ce qui ne va arriver comme malheur à la Guinée. Il aime la confrontation et la cible toute trouvée pour lui est simple: les peuls !
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+5 #6 madina 13-07-2013 18:16

Cela m'etonnerait qu'un mort puisse avoir une majorité quelconque ou que ce soit.
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+10 #5 youssouf bangoura 13-07-2013 18:09

Naby Laye Camara, qui défend l'intérêt national en Guinée ? En tout cas, ce n'est ni AC et ni ses opposants, donc personne .Qu'il ait une assemblée nationale ou pas, majorité gouvernementale ou majorité opposition ou pas, cela ne changera à rien à la situation catastrophique de la Guinée . J'ai une très bonne mémoire des députés élus sous Conté, ils étaient plus affamés que le reste de la population, certains sont en train de monter des sénarii de comment s'enrichir, c'est cela la lutte en guinée .
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-3 #4 boundiala 13-07-2013 18:01

Bonsoir patriote.Je suis content de vous retrouver dans cet autre article de Naby Laye pour continuer la discussion qu'on a entamé dans le précédent.Alors,je disais que si pour vous Mandela n'est pas mort,pour sa famille,il est mort puisque c'est les machines qui le maintiennent en vie et qu'il ne pourra plus se relever.
Si la soeur Madina a prédit la mort de condé en Juin 2013,je suis foncièrement convaincu que c'est vrai parceque la mort peut durer des mois sans que le mourant ne le sache.C'est scientifque cela Patriote.Oui,la mort a plusieurs étapes.
Le minimum de bon sens veut qu'on attende au moins la fin de l'année 2013 pour se prononcer sur cette prédiction.
Pour moi,la soeur Madina connait ce qui est caché,l'exemple flagrant est la révélation qu'elle a faite que vous patriote,vous buvez et elle précise même du Whisky!qu'en pensez vous?
Sans compter tout ce qu'elle a revélé ici avant et qui a été vérifiable,cela est vrai oui ou non?
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+3 #3 AOT Diallo 13-07-2013 17:59

Un très bon texte mignan Naby - et des elements de réflexion qui devront être rappelés et rabâchés lors de toutes les A.G. futures des partis d'opposition...
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+6 #2 Gandhi 13-07-2013 17:29

Nous sommes en Guinée, donc rien ne dit que les élections auront lieu le 24 Septembre, d'autant qu'il reste encore de nombreux problèmes à régler.
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-4 #1 Patriote 13-07-2013 15:00

Mon cher Naby Laye,
Ce qui importe c'est une transparence du vote afin que les résultats soit acceptés par tous. D'où la vigilance doit être de mise. Les accords doivent être appliqués dans toute la rigueur. En tout état de cause, le peuple donner la majorité à qui il voudra. Point barre.
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