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Violences chez Cellou Dalein : et si elles étaient préméditées ?

L'oeil de GuineeActu  Jeudi, 04 Juillet 2013 15:39

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attaque_domicile_Cellou_19Juin2013_01Lors de la comparution de Cellou Dalein Diallo au tribunal de première instance de Dixinn dans l’affaire qui l’opposait à Malick Sankhon, des violences policières ont été perpétrées au domicile du leader de l’UFDG. Après l’émotion de la classe politique, la suspension de la participation de l’opposition au dialogue politique et surtout le rejet de la responsabilité des affrontements sur les militants de l’UFDG par le gouvernement à travers un communiqué, bien des interrogations subsistent. Si la présence de jeunes loubards « les chevaliers de la République » n’est pas à nier, le rôle des policiers était sujet à débat. Votre site par le biais de témoignages et de recoupements vous livre une autre facette de cette triste journée.

Par le biais de témoignages de personnes à l’extérieur du bâtiment, ayant tout vu, du début à la fin des échauffourées, nous sommes en mesure de vous relater le déroulement de la scène, que nous allons scinder en phases.


Phase I
: mercredi 19 juin 2013, en réponse à une convocation du tribunal de première instance de Dixinn suite à une plainte pour diffamation de Malick Sankhon, Cellou Dalein s’apprête à se rendre au tribunal, accompagné de ses militants. Pourquoi n’y va-t-il pas seul interrogeons-nous ? Un proche du leader nous répond : « cette plainte est inique, Malick Sankhon a été accusé avec d’autres et dans une déclaration signée de tous les groupes de l’opposition, il s’en prend à Cellou seul, il est fort de quelque chose. Nous allons lui prouver que Cellou aussi n’est pas seul ». Aussi poursuit-il, « Resco a eu à comparaître ici avec toutes les femmes balayeuses de Conakry. Aucune loi n’interdit un accompagnement pour une comparution publique d’un leader d’opinion ». Une équipe proche de Cellou fait un tour au tribunal pour prendre le pouls de l’ambiance. La présence de 5 véhicules de police est constatée.


Phase II
: il est presque 10h, Cellou et son cortège s’ébranlent pour le tribunal. Sur place, les premiers compagnons de Cellou sur les lieux constatent la présence d’un camion de police. Des négociations sont entamées pour qu’il quitte les lieux. Cellou Dalein arrive au tribunal et s’entretient avec le procureur en présence des avocats des deux parties. Cellou descend du bureau et prend le chemin du retour.


Phase III
: le cortège s’ébranle. Deux véhicules de police viennent jouer les troubles fêtes. Des tirs de gaz lacrymogènes interviennent, la réplique ne tarde pas. Le capitaine, en tête du cortège est interpelé par un responsable de la formation politique de Cellou. Au niveau du premier portail de l’université Gamal, en provenance de la ville, les deux véhicules de police prennent le chemin de la corniche. Ouf de soulagement chez les militants. Les chants et slogans du parti sont scandés de plus belle.

Peu après le stade du 28 septembre, les policiers se font plus nombreux et rebelote avec les tirs de gaz lacrymogènes. Au niveau de la station Total de l’oasis, une forte détonation comme un pneu de camion qui explose est entendu. Les militants se dispersent, c’est le sauve-qui-peut. Trois véhicules de police, sur le même alignement avancent sur le cortège en tirant des gaz.

Sur la ruelle qui entre au domicile et qui coupe la corniche sud, Cellou interpelle les policiers et insiste sur l’arrêt des tirs de gaz sur de simples militants. Ses supplices tombent dans des oreilles de sourds, les charges deviennent plus fortes ; la garde de Cellou est obligée de l’extirper pour le conduire dans sa cour à pieds.


Phase IV
: une fois le leader chez lui en compagnie de certains de ses militants et proches, la police renforce ses positions et charge de nouveau. Les militants à l’intérieur organisent la riposte et les jets de pierres commencent. Toutes les ruelles menant au domicile de Cellou sont bloquées par la police, des assauts répétés sont menés contre le domicile. Ne parvenant pas à faire plier la résistance de l’intérieur, la stratégie change, c’est à ce moment que les loubards entrent dans le jeu et font leur apparition. Les « agresseurs » ne pouvant faire sauter le verrou du barrage érigé par les militants font appel à un véhicule de police, le « mamba », qui a une robustesse solide. Grâce à ce mamba, le barrage sera brisé en deux, permettant ainsi aux pickups de la police de s’approcher plus près du domicile et rendant du même coup les tirs de gaz intensifs.

Un autre fait, et non des moindre est étonnant. Les policiers après un assaut sur le domicile laissent le chemin aux loubards, tout en restant planqués contre les murs des boutiques longeant le domicile de Cellou. Les militants à l’intérieur pensant n’avoir à faire qu’à de jeunes civils comme eux sont galvanisés à l’idée d’en découdre sortent et font plier les loubards. Ignorant la stratégie, ils se hasardent à pourchasser les loubards, mais arrivés au niveau de la planque des policiers, ces derniers ressortent et affrontent les jeunes militants qu’ils avaient du mal à vaincre de l’extérieur. Cette coordination entre loubards et forces de l’ordre en surprendra plus d’un.


Phase V
: les militants à l’intérieur du domicile sentant leur résistance à bout feront appel à d’autres jeunes militants des fiefs de Cellou. Mais là aussi, toutes les routes menant chez ce dernier sont bloquées par la police, excepté celle par laquelle les loubards ont eu accès au domicile. La logique du harcèlement se poursuit, peu de temps après, des officiers de la police arrivent en nombre : des colonels, des commandants reconnaissables à leurs grades.

Des discussions s’engagent avec l’équipe déjà présente, il est demandé gentiment, mais gentiment, aux loubards de reculer. Entre temps, le professeur Baldé de la clinique Mères et enfants arrive avec une ambulance. C’est comme si l’accès au domicile lui était refusé, il est obligé de discuter et parfois de hausser le ton, cela se sentait par sa gestuelle. Au finish, après une dizaine de minutes de négociations, il passera pour secourir des blessés.

Dix minutes après, tous les véhicules de police disparaissent d’un coup, laissant le champ libre aux loubards qui ne réussiront pas à faire sauter le verrou des militants. Comme par magie, la gendarmerie arrive, les loubards sont priés de quitter les lieux. Toute cette scène aura duré entre 1h 30mn et 2h de temps.

Pour ce qui est de l’agression du côté de la mer, nul besoin de trop épiloguer. Sidya Touré dans un témoignage qu’il apportera sur une des radios de la place avouera avoir eu un véhicule caillassé dans sa volonté de rejoindre le domicile de Cellou après avoir eu vent des échauffourées. Il dira avoir vu aussi des loubards débarquer du côté du petit port jouxtant la corniche d’entrée vers chez Cellou.

Il est certes difficile d’affirmer sans preuves, que tout ce scénario a été préparé minutieusement, mais à la lumière des faits et des actes qui ont été posés, on peut se poser la question.


L’œil de GuineeActu

 

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