Thierno Fodé Sow Vendredi, 28 Juin 2013 16:34
Deux cent mille euros (environ 2 milliards 700 millions GNF). C’est le magot qui alimente la chronique aujourd’hui au niveau du Conseil national des organisations de la société civile guinéenne (CNOSC Guinée). Ce montant aurait été subtilisé par le secrétaire exécutif de cette structure, Aziz Diop, déjà au centre d’une vive polémique de leadership. C’est comme si l’évolution des choses donnait raison à un certain Salmana Diallo du Conseil régional des OSC.
L’argent, qui est un financement de l’Union européenne dont le contrat a été signé depuis mai 2012, rentre dans le cadre du processus électoral. Mais aujourd’hui, suite à une réunion convoquée et à laquelle Aziz Diop n’a pas daigné participer, un certain Alhassane Camara, du bureau du CNOSC, a mis au grand jour – mais sans apporter de preuves dit-on – la disparition frauduleuse des 200 000 euros des caisses. Sans dire le nom du présumé auteur.
Se sentant morveux, Aziz Diop, qui clame déjà son innocence, parle de réelle volonté de ternir son image. « Je n’ai jamais touché un seul sou. C’est un pur mensonge, des allégations sans fondements. Un amalgame dans la lecture de la gestion du fonds. Il y a une jalousie patente dont je suis l’objet, car j’empêche certains de faire ce qu’ils veulent. Mieux que cela, politiquement, je suis le plus positionné », s’est notamment défendu Aziz Diop qui se sent de fait visé par les accusations de détournements.
En attendant de démêler l’écheveau, une commission interne de vérification a été mise en place. Et c’est un membre de la même société civile – Taran Diallo – proche de l’incriminé qui en est le président. Les conclusions sont attendues cette semaine. Selon des sources concordantes. Pour rappel, depuis décembre 2012 cette disparition du montant fait l’objet de débats entre certains membres du CNOSC, le tout facilité selon Aziz Diop par l’entremise d’un ancien ministre travaillant au PNUD. Mais l’accusé lui se cache derrière ce « Je ne suis pas un menteur, ni un tricheur ». Ça va se savoir !
En attendant, on aimerait bien entendre Salmana Diallo du Conseil régional des organisations de la société civile qui a jusque-là crié sur tous les toits qu’Aziz Diop viole les lois et utilise l’argent du CNOSC octroyé par l’UE pour, accuse-t-il, faire la belle vie ici et ailleurs. Le président du Conseil régional de préciser récemment : « Le mandat du bureau national de la société civile guinéenne a expiré depuis mars 2010. Et le dernier congrès remonte à mars 2007 à Kindia. Ceux qui sont aux manettes aujourd’hui font une usurpation du pouvoir en violant expressément les statuts et le règlement intérieur. Nous réclamons l’organisation du congrès pour renouveler le bureau national qui est désormais entreprise privée gérée par un clan d’opportunistes, afin de mettre fin à la mauvaise gestion que nous vivons depuis des années. »
Ce qui est évident, plus de 10 millions de salaires mensuels, un petit voyage à l’étranger est synonyme de 3 mille à 5 mille euros de gagnés ! Parfois deux à trois fois le mois. Le passage en force n’en vaut-il pas la peine ? Quitte à marcher sur les textes, règlement intérieur, etc. et à renvoyer à la semaine des quatre jeudis le renouvellement du bureau. Comme quoi, Salmana Diallo et les autres ne s’en offusquent certainement pas inutilement. Les jours à venir risquent d’être palpitants.
Thierno Fodé Sow
pour GuineeActu
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