Hassana bah Dimanche, 23 Juin 2013 14:47
L’Union européenne menace de se retirer du processus électoral pour manque de transparence. C’est le président de la CENI, Bakary Fofana qui a fâché les partenaires techniques, en fixant la date du 28 juillet pour la tenue du vote des législatives, sans tenir compte de l’avis des parties prenantes au processus électoral.
L’Union européenne (UE) vient d’adresser une correspondance datée du 17 juin au président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dans laquelle elle menace de suspendre son appui technique au processus électorale guinéen à cause de « l’absence de transparence de l’information et d’amélioration de la collaboration entre l’assistance technique et la CENI ». L’UE accuse en effet la CENI de prendre des décisions unilatérales en fixant le nouveau chronogramme des élections législatives au 28 juillet. « Je suis au regret de devoir vous informer que, dans le cadre de la consultation technique relative au chronogramme de la révision complémentaire, l’assistance technique de l’Union européenne a été systématiquement écartée des consultations internes, dès qu’il devenait clair que cette dernière ne souscrivait pas aveuglément à une option qui était imposée », peut-on lire dans cette lettre signée de Stéphanie Vergniault, Axel Gysel et Codjo Kangala.
Ces partenaires techniques de l’UE justifient leur décision par la négligence de la part de la CENI des recommandations issues du dialogue politique. Ajoutant que « l’assistance technique de l’UE est sincèrement convaincue que les options finales recommandées ne prennent pas en compte les leçons tirées des exercices passés comme les contraintes liées à un certain délais incompressibles, l’agencement de certaines étapes du processus et l’incorporation de marges de sécurité que l’on retrouve dans un chronogramme réaliste. A l’issue de la facilitation du dialogue politique, la CENI a été chargée de proposer un nouveau chronogramme consensuel, tout en tenant compte de l’urgence et du contexte exceptionnel que le processus électoral traversait. »
Et de souligner qu’il est « ainsi du devoir des assistants techniques qui accompagnent la CENI de signaler les risques qui découlent d’une mauvaise appréciation technique des opérations et de l’insuffisante concertation avec l’ensemble des acteurs au sein de la structure et les experts électoraux ».
L’UE affirme que la CENI devrait saisir l’opportunité des compromis enregistrés lors du dialogue pour améliorer sa crédibilité en proposant un chronogramme réaliste, professionnel et accepté par tous les acteurs du processus. « Dans le contexte actuel, il me parait important de vous signaler qu’en l’absence de transparence de l’information et d’amélioration de la collaboration entre l’assistance technique et la CENI, nous ne serons plus en mesure de poursuivre cet appui, ce qui impliquerait nécessairement la suspension de nos prestations et la remise en cause du soutien de l’Union européenne au processus électoral en Guinée », conclut la correspondance.
A propos de la date du 28 juillet fixée unilatéralement par le président de la CENI Bakary Fofana, il faut dire qu’elle a été rejetée par la Cour suprême de Guinée ce mardi 18 juin. L’opposition aussi, dans une lettre adressée au facilitateur de la crise, a rejeté ce chronogramme.
Hassana Bah
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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