Crise politique en Guinée : la communauté internationale retourne-t-elle sa veste ?

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ASHTON_Catherine_01En plus de l’absence d’acquis probants, les trois premières années du premier mandat du président Alpha Condé auront été caractérisées par une crise politique qui se régénère au lendemain de chaque round de négociations. Pendant une bonne partie de cette crise, on a eu l’impression que la communauté internationale était plutôt tolérante à l’égard du chef de l’Etat guinéen dans son bras de fer avec les principaux leaders de l’opposition. Mais cette ligne semble sur le point de bouger… au profit de Cellou Dalein et Cie.

En effet, depuis le dernier déplacement du leader de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et de Lansana Kouyaté (PEDN) à Paris, les diplomates occidentaux semblent réserver leurs propos les plus durs au camp présidentiel. En témoigne le communiqué de la cheffe de la diplomatie de l’Union européenne par rapport au piétinement du processus électoral guinéen. Catherine Ashton, manifestement agacée par les reports successifs des élections législatives en Guinée, semble en tenir le président de la République pour principal responsable. C’est du moins ce qui transparait de sa correspondance.

Un autre signe qui n’est pas anodin ? C’est le communiqué des experts de l’Union européenne et du PNUD en charge d’assister techniquement la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Leur menace de retirer leur appui symbolise là aussi une sorte de décision de se désolidariser de pratiques pas forcément orthodoxes au sein de l’instance en charge de l’organisation des élections et du référendum en Guinée. Ce communiqué tranche avec une certaine période durant laquelle Philippe Van Damne était la cible de toutes les attaques de la part de l’opposition guinéenne.

Par ailleurs, avec l’arrivée du remplaçant de Patricia Moller, la diplomatie américaine s’était dernièrement montrée plutôt dure avec l’opposition. Le nouveau diplomate américain semblait en particulier désapprouver la volonté de l’opposition d’empêcher les élections législatives au moyen des manifestations de rue. Mais là aussi, les choses ayant visiblement évolué, c’est ce même Alexander Mark Laskaris qui aura été aperçu avec certains de ses collègues occidentaux aux côtés du premier ministre Mohamed Saïd Fofana, au domicile de Cellou Dalein Diallo, lors des derniers incidents qui ont eu lieu chez ce dernier.

Dans le monde de la diplomatie, les actes n’étant jamais posés sur la base du hasard, il est fort à parier que ceux que nous venons de décrire soient le fruit d’une certaine évolution de la communauté internationale à l’égard du président Alpha Condé. C’est à croire que cette communauté a fini, elle aussi, et à l’image de l’opposition guinéenne, par déceler quelques failles dans la gestion aussi bien politique qu’économique du président guinéen. D’ailleurs, si l’on se fie à certaines dispositions du projet de l’accord politique de Saïd Djinnit, on serait tenté de croire que les grands de ce monde sont prêts à se défaire d’Alpha Condé au carrefour de 2015. Un peu à l’image du boulanger ivoirien, l’autre membre de l’internationale socialiste.


Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+12 #1 madina 22-06-2013 10:32

Il n'est pas très intelligent lors d'une course de parier sur une tortue contre un cheval pure race.A la "communauté internationale",ils sont très malhonnêtes mais pas très dingues.
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