Mams Sow Mardi, 18 Juin 2013 21:59
Le CNOSCG (Conseil national des organisations de la société civile guinéenne), la structure faitière de plusieurs ONG’s de la société civile guinéenne, est dans une tourmente. Après la querelle de leadership suite à la désignation de Bakary Fofana comme son représentant à la CENI lors de la recomposition de celle-ci, le CNOSCG est à nouveau éclaboussé pour un détournement de fonds à hauteur de 2.700.000.000 GNF (deux milliards sept cent millions de francs guinéens).
Après la scission qui a vu le jour en son sein, suite à la désignation par lui de Bakary Fofana comme son représentant à la CENI, le CNOSCG est embrigadé dans un drôle de détournement de fonds destinés à des projets.
Trois larrons seraient à la base de ce détournement : Aziz Diop, secrétaire exécutif du CNOSCG, Dr Cissoko, président par intérim du CNOSCG, et Ernest Kamano, directeur administratif et financier de la structure. Les fonds détournés proviendraient de financements obtenus auprès de deux bailleurs différents pour des projets et pour le fonctionnement des structures à la base de la société civile.
Dans son appui au fonctionnement de la société civile guinéenne, le SCAC (Service de coopération et d’action culturelle) de l’ambassade de France en Guinée a octroyé 700 millions au CNSOCG pour le renouvellement de ses structures à la base. D’après notre source, ce montant, dès sa mise à disposition, a pris une destination autre que celle d’appuyer les organisations locales. Toutes les structures locales, lors du renouvellement de leurs instances n’ont reçu aucun appui financier de la structure faitière qui est le CNSOCG. Or, cet appui était concédé dans cette optique. Les signataires du compte sont Aziz Diop et Ernest Kamano.
L’UE, dans son programme d’appui au renforcement des capacités de la société civile a donné un montant de 500.000 euros au CNOSCG pour l’observation électorale. Un premier décaissement de 350.000 euros est fait. Mais le coordinateur du projet Alhassane Camara se rend compte qu’un montant de 200.000 euros, évalué à 2 milliards de FG, est sorti du compte bancaire à son insu. Il alerte ses responsables qui ne lui fournissent pas d’explications précises et claires. Sentant le danger de se taire, il alerte les responsables des structures à la base. C’est le branle-bas. Tout le bureau national est alerté. Thierno Alioune Diaouné, ancien ministre de la jeunesse, un des membres du bureau national, joue à la médiation et exige une séance d’explications d’Aziz Diop et sa bande. Des tractations sont menées, une date est fixée pour la réunion des membres du bureau national.
Mais selon notre source, ces montants incriminés ne seraient qu’une goutte d’eau dans la mer. Il affirme qu’une ONG française, CFSI (Comité français pour la solidarité internationale), dans un partenariat avec la société civile guinéenne avait octroyé un fonds, dont il ignore le montant global, pour le renouvellement des bureaux communaux et préfectoraux. Mais lors des cérémonies de renouvellement, le CNOSCG n’a rien fourni comme appui financier ou logistique. Là aussi, ça sent la magouille.
Si à l’origine, la société civile guinéenne impulsait la dynamique de changement, il s’avère que ces derniers temps, elle est devenue un tremplin pour ses membres, soit pour se positionner ou pour se beurrer. Les bailleurs de fonds connaissant la boulimie de l’administration publique, avaient opté pour des financements de projets par le biais de la société civile. Mais le résultat escompté tarde à venir.
En attendant la rencontre prévue mercredi, aucun des incriminés par nos sources n’a souhaité s’exprimer pour confirmer ou infirmer.
Guinéeactu suit pour vous.
Mams Sow
de Conakry pour GuineeActu
![]()