Saidou Hady Diallo Mardi, 11 Juin 2013 21:45
Au cours de l’audience du 6 juin dernier, ce sont deux avocats de la défense, à savoir Me Michel Labila Sanomou et Me Aboubacar Sylla, qui ont plaidé en faveur de leurs clients.
Prenant le premier la parole, Me Labila a, à l’image de ses prédécesseurs, dénoncé l’arrogance du procureur pendant son réquisitoire. Ensuite il a rappelé que les auteurs de cette attaque ne sont pas dans la salle de la Cour d’assises : « Le plus grand nombre des accusés sont poursuivis pour abstention délictueuse. Or si cela est, c’est le commissaire Fabou Camara qui devrait être arrêté le premier car il était informé deux mois avant l’attaque ».
Il indique ensuite que toutes les garnisons militaires étaient informées et que c’est au petit matin que les agents de sécurité sont venus au domicile pour faire le semblant.
Plus loin, il a rendu hommage à ceux qui sont morts et qui n’ont pas pu être présents dans cette Cour pour défendre leur cause. En substance, l’avocat a remercié les accusés pour le courage qu’ils ont consenti face à une accusation « sans fondement ». Ainsi, avant de demander à la cour l’acquittement de ses clients, il les a rassurés qu’il est convaincu que le président de la cour va procéder à leur libération et que les principaux organisateurs de ce « faux coup d’Etat » répondront de leurs actes devant le Tout Puissant Allah.
Après la plaidoirie de Me Labila Michel Sonomou, c’est Me Aboubacar Sylla qui lui a succédé. Après avoir remercié la cour et ses membres, ses confrères de la défense et de la partie civile, la presse dans son ensemble, les accusés, les agents de sécurité, l’interprète, et les avocats stagiaires, il a laissé entendre que ce dossier ne repose sur rien de consistant. « Et pour preuve, dit Me Sylla, je vais le démontrer pièce par pièce et cas par cas pour afficher sa faiblesse. Primo : ce dossier est décrédibilisé car ils nous avaient dit que l’attaque avait eu lieu à 2h du matin, et on s’est rendu compte que c’est entre 3h05 et 3h10 que l’attaque à eu lieu. Seconde faiblesse, le comportement inouï des autorités avant, pendant, et après l’événement », a-t-il indiqué.
Selon Me Sylla, il est incompréhensible qu’avant l’attaque on arrête des gens, et pendant l’événement on n’arrête personne, et qu’après l’attaque on arrête encore des gens : « Aucun assaillant n’a été pris au moment de l’attaque, aucun véhicule n’a été abandonné dans les parages. Ça, c’est vraiment surprenant ».
Troisième faiblesse, il souligne les difficultés des témoins en charge de démontrer les preuves. Selon lui, dans tous les pays du monde les services de renseignements existent pour assurer la sécurité intérieure et extérieure de l’Etat.
Par conséquent, le commissaire Fabou et son équipe devraient arrêter les assaillants qu’ils ont poursuivis et filés pendant deux mois. Quatrième faiblesse, le refus d’apporter le film de la caméra, car, dit-il, ce film aurait permis à la cour d’identifier les assaillants. Cinquième faiblesse, la rénovation précipitée du domicile du Président, sans aucune justification. La sixième faiblesse de ce dossier, que l’avocat même qualifie d’impossible, c’est l’explosion de la roquette dans la chambre du Président en présence de son garde.
Pour Me Aboubacar Sylla, bien qu’il « ne soit pas intelligent », il est impossible qu’une roquette qui fait 50 centimètres de circonférence explose dans une chambre sans pouvoir tuer ceux qui étaient présents. « C’est vraiment impossible », a-t-il insisté.
Ainsi, après avoir égrainé cette panoplie de faiblesses du dossier qui n’est d’ailleurs pas exhaustive, il a examiné cas par cas le dossier des accusés. A l’issue de cet examen, il a demandé à Fodé Bangoura, président de la cour, d’acquitter purement et simplement les accusés. Dans ce contexte il a rappelé au président de la cour que le tissu social n’est pas fragile, mais déchiré. C’est à lui maintenant de le recoudre en prononçant leur acquittement ou de le déchiqueter en condamnant un seul accusé.
Saidou Hady Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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