Dian Baldé Lundi, 10 Juin 2013 22:04
Le gouvernement guinéen et les partis de l’opposition sont parvenus à s’entendre autour d’une démarche à suivre pour la bonne tenue des élections législatives, au terme du dialogue inclusif qui s’est achevé dimanche dernier. C‘est l’implication de la communauté internationale dans cette concertation qui a contraint en quelque sorte les deux camps à dépasser leur égo, pour sauver le processus de transition.
Il a fallu moins d’une semaine pour que les parties prenantes au processus électoral parviennent à un consensus autour de l’organisation du scrutin législatif à venir. C’est l’implication de la communauté internationale qui a permis d’obtenir cet accord à l’arraché. En effet, voyant que le pays était quasiment sur la voie de la guerre civile, avec le cycle infernal des manifestations-répression, qui avait pris le dessus sur toute idée de concertation, la communauté internationale a appelé les acteurs politiques à se ressaisir. C’est ainsi que le pouvoir qui s’était engagé dans une vitesse grand V, pour la tenue du scrutin le 30 juin, avec une Commission électorale nationale indépendante (CENI), aux ordres, a fait un rétropédalage. Renonçant du coup à l’application du décret de lancement de la campagne électorale, qui devait entrer en vigueur à partir du 30 mai dernier.
Permettant du coup au facilitateur international Saïd Djinnit de revenir à la charge. Celui-ci a invité à cet effet les acteurs politiques à se retrouver à partir du 3 juin pour amorcer le processus du dialogue. Dans une déclaration publiée pour la circonstance, le diplomate onusien à rappeler « l’impérieuse nécessité pour toutes les parties prenantes de faire du dialogue le seul et unique moyen de règlement des différends et des désaccords sur le processus électoral ».
Dans la foulée, l’opposition républicaine n’a pas hésité à se joindre à la démarche relative à une sortie de crise. Mais comme à son habitude, elle va subordonner sa participation au dialogue politique « à la libération de ses militants et sympathisants incarcérés à la suite de ses manifestations pacifiques ». Le gouvernement en retour va donner un avis favorable à cette requête.
A propos du dialogue, il faut souligner que les travaux ont été essentiellement axés sur les sujets qui fâchent, à savoir l’opérateur sud-africain Waymark, que l’opposition continuait de prendre pour un instrument à la solde du pouvoir, ainsi que l’admission du vote des Guinéens de l’étranger.
A ces deux points il faut ajouter le fonctionnement de la CENI, dont le président Bakary Fofana par ses impairs, s’est mis à dos certains commissaires de l’institution et toute l’opposition républicaine. Il a été rappelé d’ailleurs à l’ordre durant le dialogue. Et à travers cet accord auquel les deux camps semblent être parvenus, cela sonne comme un désaveu pour M. Fofana.
Car, si jamais cet accord était appliqué, il va sans dire que la capacité de nuisance du président de la CENI va être complètement réduite voire anéantie.
Certes l’opérateur sud-africain Waymark va poursuivre ses activités, d’après les conclusions de la concertation, mais il sera confiné à la révision des listes électorales.
Tandis que des experts, mieux outillés, vont se charger de passer au crible son fichier, pour en expurger les doublons. L’opposition a aussi réussi à obtenir que les Guinéens de l’étranger soient associés au processus de par leur vote.
En somme, ce cadre de dialogue aura permis d’aplanir les divergences entre le pouvoir et l’opposition. Pourvu que la mouvance ne fasse pas encore volte-face, quand il s’agira de passer à l’application dudit accord. Car, elle a cette fâcheuse réputation de ne pas tenir ses engagements.
Dian Baldé
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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