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Affaire 19 juillet : la défense parle de «faux dossier» et d’un «montage»
Boubacar Bagnan Diallo Dimanche, 09 Juin 2013 16:16
Après la plaidoirie de la partie civile et la réquisition du ministère public, c’est la défense qui, à son tour, a commencé de plaider le vendredi 31 mai pour défendre et montrer l’innocence de leurs clients accusés dans le dossier de l’attaque du domicile privé du président Alpha Condé.
C’est Me Salifou Béavogui qui a ouvert le bal pour la défense. Dès l’entame de sa plaidoirie, il a souligné avec véhémence que le fait pour la défense de prendre la parole un vendredi cela n’est pas fortuit. « C’est un grand jour, et cela démontre, dit-t-il, que c’est la défense qui est sur le chemin de la vérité. Le mensonge, la haine, les gros montages, les règlements de compte que nous avons consommés dans cette salle, seront démontés par l’éclatement de la vérité ».
Fidèle à sa verve et à sa pugnacité, Me Béa a soutenu avec insistance que ce sont des innocents qui ont été raflés par-ci, par-là avant d’être placés sous mandat de dépôt au cachot de la Maison centrale. « Ce dossier est monté de toutes pièces depuis courant mai 2011, affirme-t-il. Il y a vingt-et-une irrégularités accompagnées de mensonges, de montages et de contrevérités », citant comme exemple l’arrêt numéro 21 de la chambre d’accusation.
« Cet arrêt voulait coûte que coûte que le colonel Sambarou Diamankan, accusé d’abstention délictueuse soit dans cette salle d’audience, sinon, il aurait pu être libéré avant. Telle est la physionomie de ce dossier », a-t-il expliqué.
Poursuivant sa plaidoirie, Me Béa a précisé que Williams Fernandez est le principal adversaire de la défense dans cette affaire. Selon lui, le procureur général n’a tenu que des « insanités » à l’endroit de la défense. « Il nous a traités de délateurs, de menteurs. Mais il s’est trompé », a-t-il martelé.
Sur la même lancée, il a ajouté que le ministère public a présenté un réquisitoire « bidon » qui ne renferme absolument rien et qui, selon lui, va s’écrouler parce qu’il y a quinze avocats qui vont démonter les « élucubrations » qu’il a faites lors de ce procès. « J’ai été aplati moralement par les propos du procureur », a-t-il ajouté, avant de rappeler que le commandant AOB et ses coaccusés ont été renvoyés à la cour d’assises de Conakry pour y être jugés. « Le procureur a inventé, estime-t-il, des infractions qui ne sont pas dans l’arrêt de renvoi. Il s’est amusé à distribuer des peines comme des galettes à des personnes contre lesquelles il n’existe aucune preuve. La peine de mort n’est plus à la mode. Je ne m’attendais pas à ce que cela soit prononcé dans cette salle. On n’est plus sous l’ère de Sékou Touré. Je le regrette très sincèrement. La défense a toujours qualifié ce dossier de vide. Il a été monté par de gros mensonges ayant pour but de neutraliser et anéantir des proches du feu général Lansana Conté, du capitaine Moussa Dadis Camara et du général Sékouba Konaté. »
Selon lui, d’autres accusés sont arrêtés parce qu’ils sont proches des partis politiques, à titre d’exemple, il a cité Bah Oury, vice-président de l’UFDG. « Ce dernier, a-t-il soutenu, c’est à cause de ses vérités, son courage, qu’il a été cité dans ce dossier. Il a pu sortir, sinon il serait parmi les décédés dans ce dossier, tels qu’Aidor Bah, Thierno Soufiane, qui ont tous trouvé la mort. »
Il en est de même pour le cas de Lamine Diallo, Thierno Sadou Diallo, Baba Alimou. « Ces derniers aussi, il fallait coûte que coûte les impliquer dans cette affaire croyant que l’axe Hamdallaye - Bambéto allait retrouver la paix. Ces jeunes ont été humiliés, embastillés pour des raisons politiques. Ce dossier est vide. Il n’y a que des charges qui ont été parachutées de gauche et de droite. Il ne contient absolument rien et il manque d’intérêt. C’est du faux et de l’archifaux ! C’est du gros mensonge comme le Mont Kilimandjaro », a déclaré l’avocat sur fond de colère.
Expliquant la genèse de cette affaire, Me Béavogui a soutenu que ce dossier a été monté de toutes pièces depuis la phase appelée de filature.
« C’est le commissaire Fabou Camara qui en est le concepteur, le maçon et le manœuvrier. Cet officier incarne le mal. Il s’est battu pour créer un service afin de faire du mal aux Guinéens. C’est lui qui devrait être là , c’est lui qui est à la base de l’amertume de nos clients. Je le dis, advienne que pourra. Il est venu témoigner ici avec un sourire qui cache mal une méchanceté mortelle. C’est lui qui devait être arrêté dans cette affaire. C’est lui qui a monté ce faux dossier. Lorsqu’il l’a monté, il l’a fait parachuter au PM3. Une bonne partie de nos clients ont été arrêtés avant les faits », a-t-il indiqué avant d’ajouter : « Il a dit ici que courant mai 2011, il a reçu des informations selon lesquelles, des militaires tiennent des réunions au domicile de dame Fatou Badiar qui était dans le veuvage. Cette commission extrajudiciaire qu’il a installé au camp Samory Touré, n’a pas pris soin d’alerter aucun juge, il s’est lancé dans la filature secrète au domicile de dame Diallo. Coincé ici, il n’a pas pu apporter des preuves. On ne peut pas construire le pays par des règlements de compte et en sacrifiant la vie des innocents », a laissé entendre l’avocat.
Parlant toujours du commissaire Fabou, l’avocat rappelle qu’il a présenté des photos, des images à la barre, prises selon lui, au domicile de dame Diallo, mais le hic, fait remarquer Me Béa, aucune image de Mme Diallo, n’apparaît. « C’est du faux qu’il a mené. C’est lui qui a sécrété ce dossier-là , et je regrette qu’il soit soutenu dans cette fausseté par le procureur général. Le général Kéléfa était l’une des personnes les plus régulières au domicile de Mme Fatou Badiar. Il fallait passer par là pour arrêter le Cdt AOB et ses coaccusés. C’est un témoin qui est venu induire la cour en erreur, parce que c’est un témoin orienté et conditionné. Lieutenant Ousmane Koulibaly a été joint au téléphone par cette fameuse commission alors qu’il revenait de Mamou. Il était l’un des proches du général Sékouba Konaté. C’est entre les mains de cette fameuse commission qu’il a trouvé la mort. Les armes présentées à la barre sont des armes recyclées, cherchées de gauche et de droite pour mettre sur le dos de leurs clients. Le second concepteur de ce dossier, est le commandant Abdoul Karim Barry (AKB) », a-t-il soutenu.
Expliquant les circonstances de la nomination de ce dernier à l’Escadron N°18 de Cosa, l’avocat révèle que c’est le général Ibrahima Baldé qui avait décidé de nettoyer la zone, c’est pourquoi le commandant AKB a été nommé dans cette zone. « Celui-ci, déclare Me Béavogui, est un témoin qui est en train de sévir dans cette zone-là . AKB est l’un de ceux qui ont monté ce dossier. Il est l’un des violeurs de tous les droits de la défense et appuyé par le procureur. C’est AKB et ses hommes qui ont apporté les armes au domicile de Baba Alimou en escaladant le mur à 2h du matin. Baba Alimou a été attaché au poteau, les mains brisées, et il lui a été demandé de dénoncer AOB, Mme Fatou Badiar. Tous ceux-ci étaient déjà dans le collimateur. Qu’il y ait eu attaque ou pas, ils allaient être arrêtés, puisque pendant que Baba Alimou était au PM3, Almamy Aguibou, Mamadou Alpha, lieutenant Rambo et Ousmane Koulibaly étaient au camp Samory. »
Parlant de Jean Guilavogui, Me Salifou Béavogui a affirmé que le procureur général a lancé un mot à l’endroit de cet accusé. Ce mot l’aurait blessé. Williams Fernandez aurait dit dans son réquisitoire, « Jean Guilavogui est resté toujours dans son patois ». En le disant, souligne l’avocat, il a blessé toute une communauté. « Le procureur ne devait pas dire cela, ce sont des propos ethnocentriques, le procureur aurait dû être poursuivi pour ethnocentrisme ».
Attaquant la deuxième partie de sa plaidoirie, il a indiqué que les mêmes concepteurs de ce « faux dossier » ont passé leur démarche en direction de M. Alpha Saliou Wann (poursuivi pour abstention délictueuse, ndlr), membre fondateur de l’Organisation guinéenne des droits de l’homme (OGDH) et de l’Union des forces démocratiques (UFD) en 1990. « C’est eux qui ont informé M. Alpha Saliou Wann qu’un coup d’Etat se préparait. Pourquoi n’ont-ils pas été arrêtés ? Il y a du deux poids deux mesures. Il a été dit à la chambre d’accusation que le chef de l’Etat a informé la hiérarchie militaire, notamment général Kéléfa Diallo, qu’une attaque se préparait contre lui. Général Kéléfa avait aussi informé général Boundouka, mais le procureur général n’a jamais voulu orienter les enquêtes vers eux. Ce sont entre autres, les méandres de cette histoire. Des personnes avaient été ciblées. Les arrestations n’ont été faites que pour des règlements de compte. Un de mes confrères avait dit que cette affaire est une purge ethnique. Comment comprendre le fait qu’il n’y ait parmi les accusés que des Diallo, Bah, Barry, etc. ? » s’est-il demandé.
Il a poursuivi en clamant l’innocence de ses clients, en s’appuyant le témoignage de l’équipe soignant AOB. « Le corps médical a confirmé que ce sont des éclats de grenades qui ont été extraits du corps d’AOB. On s’est acharné contre Dame Fatou Badiar Diallo », a-t-il dit avant de souligner que les supports sonores apportés par les témoins, « ne sont que des voix qui ont été colmatées çà et là contre nos clients. La voix qui a été entendue sur cassette est contraire au contenu de son procès-verbal ».
Affaire à suivre !
Boubacar Bagnan Diallo
L’Indépendant, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Fils de Kaba43 et biologiste de formation j'ai du mal ä comprendre qu'il soit devenu policier et comploteur!








