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Affaire IST : La défense monte au créneau

Heinan Goba  Vendredi, 07 Juin 2013 20:51

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TOURE_Ibrahima_Sory_01La défense d’Ibrahima Sory Touré (IST) et du lieutenant Issiaga Bangoura, accusés de corruption passive par les autorités guinéennes et incarcérés à la maison centrale de Conakry, était devant la presse nationale et internationale, le vendredi 7 juin 2013 pour porter à sa connaissance, « l’amer constat de leur incarcération depuis près de deux mois ». Pour Maître Dinah Sampil et ses collègues venus du barreau de Paris, « cette incarcération est sans fondement et viole tous les lois et traités internationaux signés et ratifiés par la République de Guinée ». C’est pourquoi, ils exigent leur libération pure et simple.

A propos de cette incarcération, la défense des deux hommes accuse l’Etat guinéen de violation des droits de l’homme. Elle porte aussi des accusations de déni de justice contre la justice guinéenne qui refuse d’examiner le dossier à lui soumis. « Depuis deux mois nos clients sont en prison alors qu’il n’y a aucun élément qui puisse fonder leur incarcération. Pendant ce temps, le pouvoir exécutif reste indifférent. C’est une violation du droit de nos client à un jugement équitable », a dénoncé l’ancien bâtonnier de l’ordre national des avocats de Guinée.

Maître Dinah Sampil s’est dit surpris d’apprendre que son client est accusé de corruption passive alors qu’il n’est pas un agent de l’Etat ; encore moins un élu local.

Ibrahima Sory Touré, pour précision, est actionnaire en même temps employé de BSGR, la société minière qui a découvert grâce à un permis d’exploration, le fer à Zogota avant d’opérer une joint-venture avec la filiale guinéenne de Vale. Le lieutenant Issiaga Bangoura, quant à lui, est un soldat de l’armée guinéenne. Il a été affecté à la société pour sa sécurité alors qu’il était adjudant. Selon certaines informations, Monsieur Touré est le frère de l’une des épouses de feu le général Conté, l’ancien président de la République.

Leur arrestation est-elle liée à une autre qui a été opérée aux Etats Unis par la police américaine pour des faits de destruction de preuves ? Même si elles portent toutes sur le même objet, rien ne prouve pour l’instant leur connexité, a répondu un des avocats français. Les nouvelles autorités guinéennes accusent tout de même BSGR d’avoir corrompu les services compétents pour obtenir son titre minier. Vrai ou faux, rien ne permet pour l’instant de le dire. Mais le problème, selon Maître Sampil, « il y a deux poids, deux mesures ».

« Les autorités américaines ont exhibé des preuves. Cependant en Guinée, rien n’est présenté », a expliqué l’avocat. Avant de rappeler qu’en dépit de cela, ils ont introduit des demandes de mise en liberté provisoire qui sont restées lettre morte. De l’avis de l’ancien bâtonnier, « ce qui fait l’incapacité des autorités guinéennes à organiser un procès, c’est le manque de preuves ».

L’objectif de cette sortie médiatique, d’après les avocats, est de porter à la connaissance de l’opinion nationale et internationale, cet état de fait. Il part du fait que la Guinée qui a récemment rejoint le concert des nations s’est engagée à respecter les règles de droit et de liberté. La défense dans cette affaire compte aussi saisir d’autres instances judiciaires en dehors de la Guinée. Elle croit que ces institutions seront en mesure de rappeler la Guinée à l’ordre.

Ce qui est normal, a indiqué un des avocats, « c’est la relaxe, faute de preuve ». La détention de leur client alors qu’il n’y a pas de preuve relève, selon Me Sampil, « de la volonté des nouvelles autorités, de les priver de liberté ». Et un de ses collègues de renchérir que « cette procédure est une mascarade ». Partant de la procédure pénale guinéenne, Maître Rachelle, l’un des avocats français, a rappelé qu’une « procédure commence par une plainte ou une dénonciation ». Ce qui n’est pas le cas dans cette affaire qui les concerne.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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