Affaire du 19 juillet : l’impitoyable réquisitoire de l’avocat général

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FERNANDEZ_Williams_2_01Le jeudi 30 juin dernier, le procureur général Williams Fernandez a, après deux jours de démonstration « Ã©lectrique Â», terminé son réquisitoire dans le procès des présumés auteurs de l’attaque du domicile privé du président Alpha Condé. Au terme de son réquisitoire, il a demandé l’acquittement de huit accusés, puis il a requis contre tous les autres des peines, à des degrés différents.

Williams Fernandez a, au terme de son réquisitoire, annoncé à la Cour qu’il ne retient aucune infraction contre huit accusés, à savoir : le colonel Samba Oury Diamankan, le capitaine Abdoulaye Diallo, le capitaine Amadou Sadio Diallo, le lieutenant-colonel Mohamed Yéro Diallo, le sous-lieutenant Mamadou Sadjaliou Baldé, le lieutenant-colonel Lanciné Doumbouya, le colonel Boubacar Algassimou Barry.

Il a demandé à la Cour de les acquitter purement et simplement. Par contre, le commandant Alpha Oumar Boffa Diallo (AOB), Jean Guilavogui, Margis-chef Youssouf Diallo, Dame Fatou Badiar Diallo, le procureur retient contre eux les faits d’association de malfaiteurs, attentat contre l’autorité de l’Etat, assassinat, tentative d’assassinat, destruction d’édifices privés et de biens mobiliers, détention illégale d’armes de guerre et de munitions, coups et blessures volontaires, régionalisme et ethnocentrisme. « Par conséquent, dit le procureur, en application des articles 269 ; 270 ; 86 ; 91 ; 487 ; 282 ; 286 ; 3 ; 295 ; 51 ; 53 ; 54 ; 70 ; 136 du code pénal et les articles 9 ; 11 de la L96/008 du 22 juillet 1996 relative au port des armes et des explosifs, vous les condamnerez à la peine de mort. »

Contre les accusés Baba Alimou Barry, Thierno Sadou Diallo, Almamy Aguibou Diallo, Mamadou Alpha Diallo, le procureur retient les faits de complicité d’association de malfaiteurs, d’attentat contre l’autorité de l’Etat, d’assassinat, de tentative d’assassinat, de destruction d’édifices privés et de biens mobiliers, de détention illégale d’armes de guerre et de munitions, de coups et blessures volontaires, d’ethnocentrisme et régionalisme et demande à la Cour de «les condamner à la réclusion criminelle à perpétuité, en se conformant à l’application des articles 86 ; 51 ; 53 ; 54 ; 3 ; 4 ; 87 ; 282 ; 286 ; 295 ; 269 ; 270 du code pénal et des articles 9 ; 11 ; 17 de la loi L96/008 du 22 juillet 1996 portant sur les armes, les munitions, les poudres et explosifs ».

Il a retenu contre le capitaine Mamadou Adama Mara, le lieutenant Mohamed Komara dit Rambo, Mamadou Aliou Barry, les faits de « complicité d’association de malfaiteurs, d’attentat contre l’autorité de l’Etat, d’assassinat, de tentative d’assassinat, de destruction d’édifices privés et de biens mobiliers, de détention illégale d’armes de guerre et de munitions, de coups et blessures volontaires, d’ethnocentrisme et régionalisme ».

Ceci étant, il a demandé l’application des articles 86 ; 87 ; 269 ; 270 ; 487 ; 282 ; 286 ; 3 ; 4 ; 295 ; 51 ; 53 ; 54; 70 du code pénal et des articles 9 ; 11 ; 17 de la loi L96/008 du 22 juillet 1996 portant sur les armes, les munitions, les poudres et explosives.

Le procureur requiert leur condamnation à 15 ans de réclusion criminelle à temps.

Dans ce même groupe, le procureur général Williams Fernandez ajoute : Â« Les accusés Alpha Alimou Barry, Ousmane Diallo sont poursuivis pour complicité des faits reprochés aux autres accusés. Conformément aux mêmes articles, je demande qu’on les condamne à 10 ans de réclusion criminelle à temps Â».

S’agissant des accusés Alpha Saliou Wann, lieutenant Lamarana Diallo, capitaine Chérif Baldé, lieutenant Ibrahima Sory Diallo, le procureur retient les faits d’abstention délictueuse. Il invite la Cour à appliquer les articles 58 et 102 du code pénal et demande de les condamner à 8 ans de prison ferme et à une amende de 2 millions de francs guinéens.

Le procureur retient contre Thierno Sadou Bah, Mamadou Macka Bah (forgeron et handicapé physique), Souleymane Bah et Mamadou Lamine Barry, les faits de détention illégale d’armes de guerre et de munitions. Il demande l’application des articles 9 ; 11 ; 17 de la Loi L96/008 du 22 juillet 1996 portant sur les armes, les munitions, les poudres et explosifs. Puis il requiert contre Thierno Sadou Bah et Mamadou Macka Bah cinq ans de prison ferme et une amende de 800 mille francs guinéens chacun. Et il demande à la Cour d’appliquer la peine de 3 ans de prison ferme avec une amende de 800 mille francs guinéens à Mamadou Lamine Barry.

Pour le cas spécifique de Souleymane Bah, en application des mêmes dispositions, le procureur demande qu’on le condamne au temps qu’il a passé en prison avec une amende de 500 mille francs guinéens. Même peine requise contre El hadj Boubacar Diallo (beau-frère de Baba Alimou) et poursuivi pour « rébellion Â», en application des articles 221 et 224 du code pénal.

Contre le commandant Aboubacar Sidiki Camara dit de Gaulle, il requiert les faits de consommation et de détention de chanvre indien. Il demande à la Cour de faire application des articles 377 ; 385 du code pénal : « Vous le condamnerez à 2 ans de prison ferme et à une amende de 500 mille francs guinéens ».


Saidou Hady Diallo
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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Commentaires  

 
+3 #5 Amara Lamine Bangoura 07-06-2013 16:03

Maitre Mory Doumbouya ,le vulgaire avocat militant a la memoire extremement selective, a brille par son cynisme et son incoherence legendaire lors de ce pseudo-proces.Neanmoins,quoi qu'il advienne,une constante demeure,le verdict des presentes asssises contribuera soit a resouder le tissu social,dans le cas du scenario d'un acquitement pur et simple de tous les accuses inoncents, ou a accentuer,dans le cas echeant, le sentiment d'appartenance ethnique ,exacerbant du coup les tensions intercommunautaires deja tres vives.Ceci etant,nous exhortons la cour a faire preuve de sagesse dans sa deliberation ,en se fondant uniquement sur sa conviction ultime,et de ne point admettre une quelconque immixion ou directive du pouvoir .Une telle demarche aura le merite de permettre de prononcer des sentences denuees de toute complaisance,exemptes de tout esprit revanchard,a l'abri de toute stigmatisation et autres reglements de compte politiques...Bien a tous!ALB-Birmingham,AL-USA>
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+2 #4 Paul Théa 07-06-2013 13:24

Aux doyens Mamadou Saliou Bah et Mamadi Dioubate ; des exemples que vous citez, j’en connais des tonnes sur notre pays.
Figurez-vous que Mohamed Touré m’a affirmé « des gens qui ont été jugés… » eh oui il y croit ferme, aux jugements sous son père.
Quand j’ai raconté ces propos à un oncle avocat, sa réaction fut « quel jugements ? »
Quand il y a un pouvoir, des individus font tout pour servir le chef pas le pays ; voilà l’une des raisons qui me font souvent dire que nous avons l’art de fabriquer nos dictateurs.
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+8 #3 DIOUBATE MAMADI 06-06-2013 18:49

Lorsque j'ai vu le commissaire Fabou Camara parlé à la barre j'ai pensé au marabout de Gbéléma qu'on appelait à Kankan(gbéléma Kè) qui désignait après avoir regardé le coran qui était en complicité avec les mercenaires.
J'étais en vacances en Guinée c'est là que j'ai compris l'extrême naiveté de notre peuple.
Comment peut-on faire un coup d'état à Conakry une presqu'île n'ayant pas un camp ou se replier?tuer le président n'est pas un coup d'état car il faudrait encore occuper les ponts stratégiques et avoir l'adhésion des camps.
Comment une pauvre femme absente au moment des faits pour son remariage peut elle inspirer un coup d'état?
Les mercenaires dont on parle ont -ils le temps de faire la cuisine et se battre en même temps?
Il faudrait peut -être guinéen pour croire à un tel enfantillage.
Merci Fabou,Tamba Gabriel,Alpha Condé d'avoir mis en exergue notre naiveté.
Les guinéens qui auraient pu se battre pour que plus jamais un tel procès ne se fasse chez eux l'ont accepté sans broncher,demain nous changerons tout cela en demandant à tous ces menteurs de rentrer calmement chez eux car il n'ont rien à faire dans la construction de notre nation.
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+10 #2 mamadou saliou bah 06-06-2013 16:00

Brrr! La chair de poule , la Guinee et sa SA JUSTICE !
En 1973 , vous n'avez pas 12 sur 20 ( au moins ) de moyenne , vous perdez votre " BOURSE " ( pecule ) . Revision forcenee , et 30 cas de surmenage . " internes " a DONKA " , Ils en dont expulses par MAMADI KEITA pour " Maladie Imaginaire " et comportement " contre revolutionnaire " ( le surmenage en etait un ).
L'un d'eux , KABINE , tire et tue la fille dont il etait amoureux et leur Prof en plein court . Il se LAVE LE VISAGE avec le sang de la jeune fille . Le lendemain , execution publique a " POLY " , apres un semblant de proces ( 3 questions a KABINE ). Le mois qui a suivi , LE PRESIDENT DE LA COUR DE CASSATION S'EXILAIT !
Qques temps apres , mauvaise manipulation de son fusil , un MILICIEN tue accidentellement un autre Milicien : PEINE CAPITALE . Il est enterre VIVANT a DIXINN !( El Haj Bassirou , l' IMAM , beau pere de TAMSIR NIANE , decede le lendemain )
Voyez-vous , Mr GANDHI , ainsi a ete NOTRE GUINEE depuis tres , tres lontemps .
Le FERNANDEZ ne s' en souvient plus et a meme ( deja ) oublie son interrogation par DADIS .
PAUVRES GUINEENS !
BIEN SUR , IL IRA EN PRISON , s' il est encore en vie apres AC .
Bien a vous !
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+18 #1 Gandhi 06-06-2013 07:49

Voilà le premier individu qui connaîtra la prison lors du changement de régime. Pourquoi ?
Parce que c'est la meilleure thérapie pour comprendre la portée de ses actes. Il ose réclamer la liberté pour 8 individus qui n'ont rien à faire en prison, dit-il, mais il lui a fallu 2 ans pour s'en apercevoir.
Quant aux autres, il n'apporte aucune preuve que des déclarations fantaisistes et incohérentes, qui font de la Guinée une république bananière. Ces récriminations montrent même son inculture juridique, un comble pour un magistrat, en retenant le terme d'assassinat par exemple, qui suppose une préméditation. Or ceux qui sont morts (des gardiens ?) ne pouvaient être visés individuellement. Quant à l'ethnocentrisme des pseudo assaillants ???
L'abstention délictueuse est tellement risible, parce qu'ils n'auraient pas réagi à la suite d'informations données par des... militaires, dont on cherche l'inculpation pour complicité.
De même la logique est implacable. On arrête un innocent pour ... rébellion, parce qu'il n'a pas voulu se faire arrêter. CQFD.
Enfin la consommation de chanvre indien (sans doute cet ex-dealer est spécialiste en la matière) est poursuivie.
On se réjouit d'une chose. Tout a été filmé, donc personne ne dira qu'il ne savait pas, ou qu'on a mal interprété. Le temps tourne contre ces magistrats de pacotille.
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