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Relance du dialogue politique en Guinée: Saïd Djinnit essaie de remettre les pendules à l’heure

Samory Keita  Mardi, 04 Juin 2013 14:44

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DJINITT_Said_CONDE_Alpha_DIALLO_Cellou_Dalein_01Après la vague de violences qui a secoué la capitale guinéenne ces derniers temps, faisant plusieurs morts et des dégâts matériels importants, le calme commence à regagner la cité. Pouvoir et opposition, sur initiative de l’émissaire des Nations Unies dans la crise guinéenne, Saïd Djinnit, ont accepté de reprendre le dialogue.

Les leaders politiques Cellou Dalein Diallo et Lansana Kouyaté, qui étaient la semaine dernière du côté de Paris pour interpeller les autorités françaises sur la situation sociopolitique du pays ont précipitamment regagné Conakry le dimanche pour prendre part à la réunion de ce lundi sur convocation de l’émissaire de la communauté internationale dans la crise guinéenne, Saïd Djinnit. Cette rencontre est perçue par nombre d’observateurs comme une ultime chance que le pouvoir et l’opposition devraient saisir pour aplanir leurs divergences et trouver un consensus pour conduire les Guinéens aux élections législatives. Tout porte déjà à croire que le déplacement sur Paris a porté ses fruits pour l’opposition dont le but était de freiner l’élan du pouvoir ayant pris la décision d’aller aux élections avec ou sans elle. Les deux émissaires de l’opposition ont fait une véritable offensive diplomatique.

Le 25 mai, Cellou Dalein et Lansana Kouyaté étaient face aux médias français pour parler de la crise politique guinéenne. C’était dans les locaux de l’Assemblée nationale française, au Palais Bourbon, dont ils ont certainement demandé, le soutien. Le 30 mai, les deux leaders étaient les hôtes de marque du Quai d’Orsay, où ils ont été reçus par le monsieur Afrique, Jean Christophe Belliard, responsable de la direction de l’Afrique et de l’Océan indien. En même temps, du côté de la Guinée, le 29 mai, le président Alpha Condé a pris un acte pour lancer la campagne électorale pour les législatives prévues le 30 juin prochain. Mais, le décret qui a fait l’objet de diffusion dans le journal de 19h45 à la radio, a été aussitôt retiré. Le journal de campagne enregistré au CNC, le lendemain, par certains partis politiques ayant déposé leurs dossiers de candidatures n’a jamais été diffusé. De l’avis des observateurs avertis, le facilitateur international Saïd Djinnit, en apprenant la nouvelle, aurait demandé à la Présidence d’éviter tout acte tendant à envenimer une situation déjà tendue. Le fait aussi pour le pouvoir d’accepter de tout arrêter, montre sa bonne volonté de privilégier le dialogue. En convoquant cette réunion qui réunit les acteurs politiques autour de la table de négociation, l’émissaire des Nations Unies tente de remettre les pendules à l’heure, évitant le pire à la Guinée. Ces dernières semaines, le pays a connu des scènes de violences dues aux manifestations politiques de l’opposition. L’on dénombre, pour les derniers événements, 11 morts selon le gouvernement et 17 selon l’opposition. Il faut noter que depuis la publication, le 13 avril, du décret fixant la date des élections pour le 30 juin, les tensions se sont enflammées entre le pouvoir et l’opposition. Les « faucons » avaient pris le dessus sur les colombes. Mais le retour des acteurs politiques sur la table de dialogue donne déjà une lueur d’espoir quant à une sortie éventuelle de crise qui devra déboucher sur la participation de l’opposition aux législatives guinéennes. Pourvu qu’il y ait une certaine entente dans la manière de les organiser.


Samory Keita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu


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