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L’opposition pourrait exiger le départ d’Alpha Condé …

Heinan Goba  Mercredi, 29 Mai 2013 15:36

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SYLLA_Aboubacar_10_01L’opposition guinéenne réunie au sein du Collectif, de l’ADP, du CDR et du FDP a annoncé mercredi 29 au cours d’une rencontre avec la presse à Conakry que la prochaine fois qu’elle sera dans la rue, il ne sera plus question de réclamer seulement la transparence dans la gestion du processus électoral. Les prochaines manifestations porteront essentiellement sur l’instauration d’un véritable Etat de droit en Guinée, a dit son porte-parole, Aboubacar Sylla.

Selon Monsieur Sylla les dernières violences ont fait 18 morts et près d’une centaine de blessés. Ce qui veut dire : « Nous sommes en face d’une situation qui remet en cause les fondements de la nation guinéenne. A savoir l’unité nationale et la paix civile. Il faut qu’on y prenne garde. Il n’est plus question de parler de dialogue ni d’élection. L’essentiel maintenant c’est la paix civile dans le pays. »

Chose qui d’après lui, nécessite maintenant chez l’opposition un changement de stratégie pour ne pas paraître ridicule.

Ce changement de stratégie ne veut, pourtant, pas dire que l’opposition va renoncer à son droit constitutionnel de manifester, a précisé le porte-parole et président de l’UFC (Union des forces du changement). Tant que le pouvoir ne se fera pas le devoir de répondre aux revendications de l’opposition, cette dernière usera de tous les moyens que lui confère la loi, pour se faire entendre, a poursuivi Monsieur Sylla.

Aboubacar Sylla a fait savoir que l’attitude du régime d’Alpha Condé rappelle les vieux temps du CNDD, la junte au pouvoir en 2009. Avec des communiqués qui voilent à peine des menaces en direction des leaders politiques. Il a rappelé que depuis que le pouvoir d’Alpha Condé s’est installé, au moins une cinquantaine d’opposants ont été tués. Avant de dire que le dernier discours du président Condé n’apaise pas. « C’est purement protocolaire. Il n’a pris aucune mesure pratique », a-t-il dit.

Dans une déclaration publiée à l’occasion de cette conférence, cette opposition a tenu le pouvoir pour responsable des violences survenues à la suite de sa dernière manifestation. Donnant comme preuve, le recours à des supplétifs pour aider les forces de l’ordre pour s’opposer à la marche. Elle a appelé au calme et demandé au président de la République de créer un véritable cadre de dialogue.

En répondant aux questions des journalistes, le porte-parole de l’opposition a précisé que la question du départ d’Alpha Condé, bien qu’évidente, fera l’objet d’une discussion au cours d’une plénière initiée à cet effet. Même si la question ne fait pas encore l’unanimité, Monsieur Sylla croit qu’Alpha Condé s’est suffisamment rendu coupable de parjure au point qu’il n’a plus la légitimité de rester au pouvoir.

A signaler qu’au terme de la constitution guinéenne, seule la Cour suprême est habilitée à se prononcer sur la légitimité ou non d’un président de la République à assurer ses fonctions.


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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