Barrie K. Mardi, 28 Mai 2013 17:38
En marge de la célébration du cinquantenaire de la création de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), ancêtre de l'actuelle organisation continentale (UA), tenue à Addis-Abeba ce samedi 25 mai, un malaise s’est installé au sein de la délégation guinéenne, cherchant en vain à rencontrer le général Sékouba Konaté, responsable de la Force africaine en attente.
C’est au cours des discours des chefs d’Etat et de gouvernement, que la délégation guinéenne, conduite par le président Alpha Condé s’est rendue compte de la présence dans la salle, du général Sékouba Konaté, le président de la transition, qui l’a précédé à la tête de la destinée de la Guinée.
A la prise de parole du président Alpha Condé, le général Sékouba Konaté, a quitté la salle, boycottant délibérément l'intervention du professeur Alpha Condé, qui déclarait que, « la renaissance de l’Afrique passera nécessairement par la prise en charge par les Africains eux-mêmes, de leurs destins, aussi bien par le contrôle de leurs ressources naturelles, que par la prise de mesures nécessaires pour donner à la Force africaine en attente, tous les moyens logistiques et financiers, pour éviter ce qui vient de se passer au Mali. Parlant de la paix, comment pourrons-nous continuer à occulter un conflit entre deux pays frères, dont un abrite le siège de notre organisation; il s’agit de l’Erythrée et de l’Ethiopie. Mon pays qui reste profondément attaché à l’édification d’une Afrique unie, propose que notre sommet décide la mise en place d’un groupe de contact au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, dont la mission consistera à explorer les voies susceptibles de ramener une paix durable dans le berceau de notre continent. »
Et dès qu'Alpha Condé eut terminé son intervention, limitée à trois minutes chrono, à l’instar des autres chefs d’Etat et de gouvernement, le général est revenu reprendre sa place.
De sources proches du général Sékouba Konaté, il aurait ainsi protesté contre la présence du professeur Alpha Condé à Addis-Abeba, à un moment où la Guinée traverse une crise sans précédent, marquée par des violences qui dérapent, et s’enfonce davantage dans l’incontrôlable.
Le général Sékouba Konaté trouverait le déplacement du professeur Alpha Condé, méprisant pour les Guinéens, et regretterait qu’il n’ait pas suivi l’exemple du président nigérien, resté à Niamey, après les attentats qui ont frappé son pays. Le général Sékouba Konaté aurait souhaité que le professeur Alpha Condé soit attaché d'abord à l'édification d'une Guinée unie, pour permettre à l'Afrique de s'en inspirer.
A la sortie de la salle, le professeur Alpha Condé a demandé à la délégation guinéenne de tout mettre en œuvre pour favoriser sa rencontre avec le général Sékouba Konaté.
Les forces de l'ordre, gendarmes et policiers, accompagnés de contre-manifestants, ont investi et bouclé, ce samedi, et durant toute la journée, les quartiers favorables à l'opposition, dont Wanidara, Cosa, Bambéto, Hamdallaye, Dar-es-Salam; en semant violence et destruction de biens, selon les habitants. Conakry a enregistré environ huit victimes, et plusieurs dizaines de blessés par balles, et armes blanches. Le CHU de Donka et certaines cliniques de la capitale continuent de recevoir des blessés.
Proposer un «un groupe de contact au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement, pour régler le conflit entre l’Erythrée et l’Ethiopie» pendant que ses forces de sécurité tirent sur les populations à Conakry, incendient les boutiques, après leur pillage, certains observateurs trouvent cette initiative indécente.
Barrie K.
Rédaction Guineeinformation
Source : nrgui.com
![]()