Alpha Camara Vendredi, 24 Mai 2013 00:19
Ces derniers temps, les manifestations politiques en Guinée sont émaillées de violences. Cette situation inquiète le gouvernement qui compte créer une commission d’enquête et de réflexion sur ces phénomènes de violences.
Au cours d’une conférence de presse qu’il a animée le mercredi 8 mai dernier dans un réceptif hôtelier de la place, le ministre des Droits de l’homme et des Libertés publiques a donné les raisons de la création d’une commission chargée de parer aux violences par le gouvernement.
La Guinée, autrefois appelée pays de paix et de quiétude sociale, bascule aujourd’hui dans des violences qui enregistre souvent des morts. Ces morts d’hommes sont souvent enregistrées dans les rangs de l’opposition guinéenne. Une situation qui préoccupe bon nombre des institutions nationales et internationales.
Pour pallier à ce phénomène, le président Alpha Condé entend mettre en place une commission d’enquête et de réflexion sur les phénomènes et les pratiques de violences qui caractérisent les manifestations politiques et publiques en Guinée. Selon le ministre Kalifa Gassama Diaby, le président de la République voudrait, à travers la création de cette commission, lutter contre la culture de violence en Guinée, tout en trouvant des voies et moyens de garantir l’expression des droits, à savoir celui de manifester et d’exprimer librement son opinion.
Au cours de cette conférence, le ministre des Droits de l’Homme et des libertés a condamné les violences enregistrées lors des manifestions des partis de l’opposition. Ces violences, selon Gassama Diaby, sont de nature à remettre en cause les acquis démocratiques. «Dans aucun pays au monde, je le dis sans ambigüité, il n’est accordé à un citoyen ou à des groupes de citoyens le droit de dire je marche où, quand et comme je veux. Ça n’existe pas. Le droit de marcher est constitutionnel. Il revient à la puissance publique d’encadrer et de créer des conditions d’expression de cette liberté et de ne pas l’empêcher. Il faut que les différents acteurs fassent justement la preuve de responsabilité et d’éviter ces affrontements et cette confrontation. Moi, j’en appelle à cet esprit de responsabilité, et de dire que si l’opposition pense effectivement qu’elle est privée d’un droit qu’elle estime illégitime, notamment celui de marcher sur l’autoroute Fidel Castro, il y a la justice qui doit trancher avec des éléments objectifs. Donc il faut qu’on s’habitue à faire appel à la justice».
Parlant de la création de la commission d’enquête et de réflexion sur les violences en Guinée, Kalifa Gassama Diaby a rassuré les hommes de médias que des dispositions sont en train d’être prises pour sa mise en place rapide, mais aussi de sa mission : « La commission est en cours d’élaboration. C’est une commission qui a justement pour objectif de réfléchir sur cette problématique de violences qui a totalement imbibé la société guinéenne. Puisque justement chacun s’autorise le droit d’user de la violence, même s’il a raison. On le voit en Guinée, les jeunes manifestent contre les coupures d’électricité. On s’autorise le droit de descendre dans la rue pour casser parce qu’on n’est pas content. Ce n’est pas acceptable. »
A noter que cette commission sera composée de juristes, d’universitaires, de sociologues, d’historiens, de représentants des ONG de défense des droits de l’homme, des ONG des droits des enfants, des journalistes, et de représentants des jeunes. Une manière pour eux de se pencher sur les pratiques, des modalités et des causes des violences politiques et publiques à l’occasion des manifestations, des marches, des grèves et des meetings.
Alpha Camara
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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