Mercredi, 22 Mai 2013 18:15
Contrairement à ce qu’a déclaré la semaine dernière Yaya Kane, un des maîtres à tout faire de la CENI sur les ondes d’une radio privée, Etienne Soropogui nie absolument avoir pris part à une plénière. « Depuis un peu plus de deux mois, je n’ai pris part à aucune des plénières. Je ne comprends dès lors pas les réelles motivations de vos écrits (…), je refuse de percevoir de sérieux privilèges qui sont des sortes d’appâts pour certaines âmes égarées. » En attendant d’y voir plus clair, nous nous faisons le devoir de publier son droit de réponse.
« J’ai été sincèrement heurté et me suis senti profondément offensé quand j’ai lu votre article sous le titre "Choix des commissaires à la CENI : l’opposition flouée ?" paru le 17 mai 2013.
Je souhaite rappeler à l’intention de mes compatriotes qu’en prenant la décision de venir à la CENI, j’avais pris en même temps toute la mesure des nouvelles responsabilités que la République dans sa diversité venait de me confier en qualité de commissaire de la République.
Dès l’instant, mon rôle et ma mission tels que définis par la loi aussi bien dans sa lettre que dans son esprit, ainsi d’ailleurs que ceux de mes collègues à ce que je sache, devaient rigoureusement se circonscrire dans la défense des intérêts majeurs du citoyen guinéen, indépendamment de ses penchants philosophiques et idéologiques.
Mon rôle et ma mission étaient aussi de m’assurer de manière rigoureuse et impartiale que tous les compétiteurs du jeu électoral sont logés à la même enseigne et mis sur la même ligne de départ, et que personne ne bénéficie d’un quelconque privilège indu.
Mon rôle et ma mission, enfin, étaient de veiller à ce que mon travail en tant qu’organe de gestion des élections (OGE) ne contribue pas à plonger la nation dans un chaos démesuré et irresponsable.
L’obligation d’être en phase avec ses principes revêt pour moi un caractère quasi religieux : c’est un sacerdoce qui est au fondement du serment que j’ai librement consenti.
Il se trouve que dans le déroulé des activités de la CENI, il m’a été donné de constater qu’un certain nombre d’actes et de comportements tel que posés se trouvaient être totalement aux antipodes d’avec notre vision stratégique sur la conduite du processus tel que déclinée à Bel-Air.
Mon attitude a consisté dès cet instant à interpeler et dénoncer d’abord en interne et bien après à l’externe, pour éviter d’apporter ma caution à la conduite d’un processus irrégulier du point de vue du droit, non inclusif et au relent partisan.
Tirant malheureusement les leçons de l’engagement de la plupart des commissaires à aller vers la construction d’un processus irrégulier et non inclusif, j’ai décidé de ne plus m’associer à la conduite de ce processus tel que décliné.
Et depuis un peu plus de deux mois, je n’ai pris part à aucune des plénières (les documents d’émargement en font foi, vous pouvez vérifier).
Je ne comprends dés lors pas les réelles motivations de vos écrits, parce que, pour des raisons de conviction personnelles, je ne me sens plus concerné par la façon dont le processus est conduit, en tout cas pour le moment.
Il n’est pas superflu de rappeler que je refuse de percevoir de sérieux privilèges pécuniaires qui sont, si vous le voulez, des sortes d’appâts pour certaines âmes égarées.
Sans compter toutes les inimitiés dont je fais l’objet à cause de mon souhait de voir le droit triompher.
Dans un pays miné par une sérieuse crise morale et éthique, les personnes qui libèrent des dizaines de millions de francs guinéens pour des convictions sont à encourager parce qu’ils ne courent pas les rues.
Etienne Soropogui
Commissaire à la CENI
Directeur adjoint des opérations. »
La rédaction
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