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Confronté à l’usure du temps, Dalein n’a pas droit à l’erreur
Mamady Kéita Mardi, 21 Mai 2013 10:02
Le chef de file de l’opposition Cellou Dalein Diallo est de nouveau sur le point de battre le pavé avec ses pairs, pour tenter de ramener le pouvoir à la « raison ». L’opposant a sans doute compris que son salut demeure dans la poursuite du combat en faveur de l’instauration d’une véritable démocratie en Guinée. Ceci à n’importe quel prix.
Le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) Cellou Dalein Diallo s’est inscrit dans une logique de confrontation avec le pouvoir. Cette épreuve de force repose sur le refus du gouvernement de donner satisfaction aux revendications de l’opposition. Des revendications qui portent sur le choix dans la transparence d’un opérateur technique « neutre et compétent » pour la mise à jour du fichier électoral et de la confirmation du vote des Guinéens de l’étranger, conformément aux dispositions du Code électoral. A ces revendications est venu se greffer le cas du décret du 30 juin, date prévue pour la tenue du scrutin législatif. L’opposition exige que ce décret convoquant le corps électoral soit rapporté. Pour le moment, le pouvoir affiche un refus catégorique à donner satisfaction à ces revendications. La donne se complique davantage avec la fin des inscriptions sur les listes électorales. Tout porte à croire désormais que les dés sont jetés pour ce qui est de la tenue du vote du 30 juin.
Le pouvoir ne cherchant apparemment plus que des arguments à brandir devant la communauté internationale, par rapport à la fiabilité du fichier gérer par le sud-africain Waymark. C’est dans cette optique que se situerait cette rencontre à laquelle les partis politiques ont été conviés ce lundi. Il s’agit de lever l’équivoque autour du processus de « transparence et de sécurisation du processus électoral », à travers une démonstration d’experts cooptés par l’Union Européenne (UE).
L’opposition ne compte pas prendre part à cette rencontre convoquée par le président Condé. C’est du moins ce que nous avons appris de la part de ses membres.
Elle s’attellerait plutôt à organiser les funérailles de ses militants tués lors des récentes manifestations publiques qui ont lieu dans la capitale. Des obsèques initialement prévues pour ce lundi, puis reportées au mercredi 22 mai. Dans ce climat tendu, le président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) a de plus en plus un discours orienté vers une radicalisation de leur position. Une posture qui s’expliquerait par la fermeté qu’affiche le pouvoir, qui feint de vouloir dialoguer, alors qu’en réalité, il n’a pas l’air tout à fait « sincère » dans cette démarche. C’est du moins ce que pense le collectif de l’opposition républicaine.
Lors de la dernière assemblée générale hebdomadaire du parti, qui s’est tenue le 18 mai dernier à Commandayah, le chef de file de l’opposition a réitéré son discours visant à demander dorénavant le départ du président de la République. Si jamais les lignes ne bougeaient pas dans le sens positif du terme. On se souvient que lors du meeting précédent, Dalein avait été ferme en disant ceci : « Ce que je vous demande maintenant après qu’on a fait preuve de notre attachement à la paix, au dialogue, c’est de vous préparer, parce qu’Alpha Condé ne veut pas céder et qu’on ne le laissera pas faire. Alors préparez-vous, nous allons relancer les manifestations. Et il faudrait que cette fois-ci, ce soit une manifestation digne d’une opposition responsable et décidée à mettre un terme à l’instauration d’une dictature dans notre pays. Je pense que lors de la prochaine marche, on demandera le départ d’Alpha Condé, parce qu’il ne veut pas de dialogue. Et il n’aime pas la démocratie », avait-il lancé à une foule en délire.
L’opposant à qui une frange du parti reproche souvent sa mollesse voire sa « faiblesse » face au président Alpha Condé, a gagné en maturité. De nombreux observateurs reconnaissent aujourd’hui que Cellou Dalein Diallo est devenu par la force du temps pugnace et opiniâtre. Des caractères qui lui valent désormais de conduire l’opposition, dans ce bras de fer qui l’oppose au pouvoir. Sans un véritable complexe. La présence au sein de cette même opposition de personnalités de grande envergure comme Aboubacar Sylla, Sidya Touré et Lansana Kouyaté constitue un atout pour le Collectif. Et Dalein doit savoir s’en servir à bon escient face à un adversaire très coriace, qui s’appelle Alpha Condé.
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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Commentaires
Par ailleurs, tu ne réponds pas aux questions. Combien de morts du côté du gouvernement ?
Si CDD ne peut pas victimiser les manifestants morts, qui va le faire, le gouvernement ?
Tu es dans le déni complet, et c'est la raison pour laquelle on ne peut discuter.
Moi je veux bien reconnaitre toutes les fautes de la terre (même si je peux les excuser), toi jamais, c'est toujours l'opposition qui agit mal.
Continue ce discours, car l'opposition n'est pas prête de s'arrêter, bien au contraire.
Nos 2 positions sont connues sur ce site. Moi je soutiens AC tout en dénonçant certains aspects de sa gouvernance. Vous, vous soutenez l'opposition même dans l'erreur. Je dits et redits qu'il faut condamner la violence d'où qu'elle vienne. Ce n'est pas parce qu'il y a eu des morts dans les rangs de l'opposition qu'il faut pousser des enfants de 13 à 16 ans à affronter les forces de l'ordre dans un scénario de guérilla urbaine. A Tahrir, il y a eu assez de morts dans les rangs des révolutionnaires mais cela ne les a pas braqués directement contre les forces de l'ordre. Vous comprendrez (peut être tardivement) que vous avez poussé CDD à la faute politique de sa carrière. Même les journalistes des radios privées locales commencent à lui reprocher de ne pas condamner les violences venant de son camp et à se mettre éternellement dans une position de victime. Pour l'itinéraire, il serait bien normal qu'on laisse l'opposition marcher sur l'autoroute. Mais il est aussi le refus. du gouvernement peut être compréhensible. Conakry n'a que 2 voies (Autoroute et Prince). Que le Prince soit retenu comme itinéraire ou pas, cette route est bloquée le jour des manif et lendemains. Si l'opposition occupe l'autoroute, les paisibles citoyens vont faire quoi de leur journée? Et puis même sur l'autoroute quand on leur dit d'occuper une seule voie ils en occupent les 2 comme pour montrer que l'objectif de la marche, c'est de bloquer toute circulation dans Conakry. Voilà ce que l'opposition doit changer si elle veut gagner le cœur des Guinéens. Exemple : Hier la manif était censé commencer au rond point Aéroport mais l'axe Enco5-Hamdallaye était impraticable. Certes l'Etat a sa part de négligence dans l'appropriation de cet axe par l'opposition mais si cela est tenue par les organisateurs même de l'opposition, le gouvernement doit bien nous réserver une voie de circulation. Et c'est bien conforme à la loi.
Même chose du côté des militants.
Tu ne regardes que d'un seul côté (à t'entendre l'opposition est responsable de tout), et c'est ce que moi je reproche aux RPGistes "modérés". Tant qu'ils seront dans le déni, il n'y aura pas d'entente possible.
Ceux qui conseillent Cellou Dalein Diallo de demander le départ de Alpha se trompent et le trompent parce que les leaders de l'opposition ne s'entendrons jamais sur qui remplacer Alpha. En plus, ce scénario n'est pas viable puisqu'il nous conduit directement à la guerre civile. Mais puisque mon message n'a jamais été entendu, alors que le plus fort gagne !
Les gens intelligents sont toujours capables de s'entendre, quand bien même leurs intérêts semblent à l'opposé les uns des autres. Ne parlons pas trop vite, même si les apparences sont trompeuses.
Quant à la guerre civile, elle impliquerait les ethnies les unes contre les autres, les militaires à part. Imaginons que les militaires se tiennent à carreau, qui va défendre qui ?
L'ethnocentrisme est stigmatisé par les politiciens du pouvoir pour qu'on ne s'occupe pas de leurs affaires. Faisons un virage à 180° et on ramènera la sérénité au moins entre les Guinéens. C'est peu et c'est beaucoupe en même temps.








