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Grâce présidentielle aux militants de l’opposition : les zones d’ombre du geste
Bountouraby Soumah Dimanche, 19 Mai 2013 14:54
Selon un communiqué du gouvernement qui vient d’être diffusé sur les ondes des médias d’Etat, le président Alpha Condé, à l’occasion du « 50e anniversaire de l’Union africaine (UA) le 25 mai prochain, et afin de célébrer les valeurs fondamentales de réconciliation et d’unité » et dans le cadre de la politique « de pardon, d’apaisement et de rassemblement prônée par le gouvernement et la société civile » a demandé au ministre d’Etat en charge de la Justice de libérer les personnes détenues depuis la marche de l’opposition.
A première vue, le contenu de ce communiqué peut faire sauter de joie dans le camp de l’opposition. Cette dernière peut sauter et crier à la victoire. Sauf que le même communiqué reste plutôt ambigu sur certains points.
Tout d’abord, étant donné que jusqu’ici la grâce du 9 mai à propos de 13 militants de l’opposition n’est pas effective, on se demande bien si ce communiqué ne fait pas référence à l’exécution de ce premier geste. Par ailleurs, on ne comprend pas « la marche de l’opposition » manque de précision. On se demande en effet de quelle marche il s’agit. Quand on sait qu’il n’y a pas eu une seule marche ces derniers temps et qu’à chaque fois, il y a des interpellations, c’est plutôt confus. En fait, on peut bien penser qu’il s’agit de la relaxe de tous les militants jusqu’ici détenus pour des faits liés aux marches de l’opposition. Mais dans ce cas, on se serait attendu à ce qu’on utilise plutôt le pluriel « les marches de l’opposition ».
Sur un autre aspect, le communiqué indique également : « La journée du lundi 20 mai 2013 sera consacrée à une concertation entre le facilitateur, la CENI, les partis politiques et les experts afin que tout le monde soit situé sur les dispositions prises pour la transparence et la sécurisation du processus électoral ». Là aussi, on a de la peine à comprendre le message véhiculé. Voudrait-on nous annoncer le début de la décrispation politique ? C’est peu probable parce que la phrase tend plutôt à vouloir dire que les débats autour du processus électoral sont clos. Et qu’on en est désormais aux dispositions garantissant sa transparence et sa sécurisation. Or, on se demande bien comment le facilitateur pourrait s’associer à cette idée alors qu’il sait pertinemment que les revendications de l’opposition sont ailleurs.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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