Thierno Fodé Sow Samedi, 18 Mai 2013 17:43
Femmes en sanglots, hommes en larmes, jeunes excédés, responsables de l’UFDG désabusés. L’atmosphère était bien lourde ce samedi au siège du parti de Cellou Dalein Diallo, à la Minière, où des centaines de militants, bravant chaleur et soleil de plomb, étaient regroupés à la faveur de la traditionnelle assemblée générale dudit parti. Moment de forte émotion donc fut l’annonce du programme des funérailles des six militants tombés récemment sous les balles, jets de cailloux, etc. C’était à l’occasion de la marche que l’opposition a toujours voulu pacifique mais qui a sans cesse été réprimée, on le voit, dans le sang.
Ainsi, ce mercredi, les six corps seront inhumés au cimetière de Bambéto, après la prière de 14 heures, à la grande mosquée Fayçal de Conakry. Dans le déroulement de ce programme de funérailles fait par le chef de file de l’opposition lui-même, on a dû comprendre la peine qui habite Cellou Dalein Diallo, entouré par ailleurs par certains parents dont l’enfant sera enterré au même titre que les autres martyrs de la démocratie. Le leader de l’UFDG, en présence de toutes les fédérations, mouvements, autres parents des victimes, a flétri « la barbarie avec laquelle les forces anti-émeutes répriment les marches de l’opposition républicaine ». Cellou Dalein Diallo rappelle que le combat qu’il mène est un combat noble : la protection des droits humains, entre autres. C’est pourquoi, dira-t-il, on ne peut plus accepter que nos compatriotes soient tués aussi délibérément sans aucune forme de justice.
Voici les six victimes qui doivent rejoindre leur dernière demeure ce mercredi, à la veille de la marche pacifique projetée sur l’autoroute Fidel Castro :
Boubacar Diallo (16 ans) dont le corps était sujet à toutes les controverses liées notamment à une enquête balistique réclamée par le gouvernement. Le père de ce gamin était-là, impassible.
Ousmane Barry (14 ans), élève de son état, tué devant la concession familiale par une balle qui lui a transpercé sa tête. « Je l’ai vu, fraîchement mort, gisant dans le sang, sur une table à la morgue », témoigne, stupéfait et révolté, Cellou Dalein Diallo.
T. Béla Sow, 22 ans, Mamadou Lamarana Diallo, 22 ans, Thierno Amadou Korka Diallo, 21 ans, Souleymane Chérif Diallo, 16 ans.
Tous ces gamins, tués pour la plupart chez eux, selon le leader de l’UFDG, ne demandaient qu’à vivre. C’est leur droit, le plus naturel. La justice pour identifier et punir les auteurs et commanditaires de ce sale boulot, elle, se fait toujours attendre. Puisse Dieu les accueillir dans le paradis éternel.
Thierno Fodé Sow
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