Conakry sous la pluie : vif soulagement pour des ménages !

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pluies_Conakry_01On aura remarqué ce jeudi 16 mai et presque pendant toute la journée, un vif soulagement dans de nombreux foyers et ménages de la haute banlieue de Conakry. En cause ? Une grosse pluie s’est en effet abattue dans la capitale au moment même où des quartiers entiers sont soumis, depuis des années, à de véritables corvées quotidiennes liées notamment à la quête désespérée et exténuante de l’eau potable.

Durant toute la journée de ce jeudi béni, des puits déjà à sec ‒ dont le système D consiste désormais à filtrer la boue rouge à travers un tissu en jean et du sable ‒ et des forages ont été boudés au profit des eaux de ruissellement. Des mères de familles, enfants, voire des pères de familles ont été extraits de leur lit pour se précipiter vite dans les chambres, cuisines, etc. pour, pas sans grand soulagement, sortir tout ce qui reste encore comme récipients pour les aligner le long des maisons. On aura vu bidons, futs, seaux, bols, gros vases, bouilloires. Même des gobelets et autres bouteilles de thermos n’auront pas été épargnés chez certains Diakhankés, chez les Barry... Comme si toute cette provision hydrique allait couvrir toute la saison. « On n’a pas de choix et on profite autant qu’on peut Â», raconte, toute mouillée, Mme A. Sow, alternant bidons et seaux. Juste à côté, une voisine fait la lessive, défiant carrément les averses. Et de lancer avec humour : « Aujourd’hui, même les souris, cafards et autres se réjouiront comme on en profite pour faire un nettoyage général de nos piaules. Â»

Cette eau de pluie, loin d’être manifestement potable, remplacera chez de nombreuses femmes et ménagères, l’eau de robinet et des forages. Fût-elle impropre. En tout cas, chez Mme D. Bah, pas trop de soucis. Elle pense qu’elle ne pourra pas boire cette eau mais pour tout le reste de l’utilisation, « il n y a pas à se faire du sang noir Â». Et d’ajouter : « Au moins aujourd’hui, on ne va pas me bousculer ou m’insulter à cause de cette affaire de tour, tour caractérisant l’obtention de quelques litres du précieux liquide. Â»

L’autre soulagement – si c’en est vraiment un – qu’on peut appeler envers du décor, c’est ce spectacle honteux consistant à profiter de cette pluie de ce jeudi pour aller renverser des tas d’ordures dans les caniveaux déjà suffisamment étranglés par d’autres déchets distillant jusqu’ici et à souhait des odeurs pestilentielles sans commune mesure. Au même moment, certaines ménagères dégagent, assainissent, etc., leurs concessions et font glisser matières plastiques et autres petits déchets dans les petits ruisseaux formés à cet effet par la pluie. Ce qui n’est pas de nature à entretenir des rapports de bons voisinages : elle a habillé Saint Paul, pour déshabiller Saint Pierre. Dame M.K. S en a payé les frais. Les frais du manque d’hygiène de son habitat. En effet, n’eût été l’intervention rapide d’une personne de sa maisonnée, cette dame, apparemment la cinquantaine, allait se faire remonter les bretelles. On est dans le quartier de Hamdallaye CBG. Après quelques cris, tout est rentré dans l’ordre. Et c’est la petite Binta, 12 ans, qui a été chargée de ramasser les ordures jetées par son imprudente maman. Mais, ceci est une autre histoire.

En attendant, c’est la fête dans bien des quartiers à Conakry avec ces premières grosses pluies. Sauf que l’aube ne dure pas toute la journée, pourrait-on dire. A vos bidons donc dès demain, dans les rangs ! A moins que la météo… nous remette ça.


Thierno Fodé Sow


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