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Choix des commissaires à la CENI : l’opposition flouée ?
Thierno Fodé Sow Vendredi, 17 Mai 2013 13:55
Avec le choix – on ose croire minutieux – porté sur les différents commissaires qui meublent aujourd’hui notre scandaleuse CENI, version Bakary Fofana et la prestation de serment de ceux-ci, le dernier tour de piste a déjà eu lieu entre ces désormais vrais faux représentants (parfois frondeurs pour nous distraire) des partis politiques et leur mandants, l’opposition. En l’occurrence, celle dite républicaine.
C’est comme un sentiment d’impuissance à peine dissimulé, doublé d’une certaine dose d’amertume que bien des partis politiques d’opposition revoient encore et dans le remord, les impénitents commissaires qu’eux-mêmes ont librement choisi pour épouser la fameuse parité à la CENI, réclamée à cor et à cri par le Collectif et l’ADP d’alors. Le doigt dans l’œil pourrait-on dire aujourd’hui d’autant plus qu’Etienne Soropogui et ses pairs frondeurs frileux ne font que créer l’évènement en signant des pétitions aujourd’hui et raser les murs de la CENI potentiellement politique le lendemain.
Les partis politiques qui les ont délégués assistent, pantois, aux agissements de leurs « chancelants équilibristes » devenus par la force des choses, une patate chaude dont se sert pour autant le pouvoir pour afficher la mine d’un véritable démocrate. Vu de l’extérieur et des tractations qui ont prévalu à la mise en route de cette parité, plus personne ne saurait crier au voleur à la tire. Le boulevard est ouvert pour le pouvoir et pour le président de la CENI pour humaniser les uns et les autres avec des billets de banque attrayants et autres faveurs liées à l’exercice des fonctions de ces commissaires. On parle de 10 millions GNF par mois, et pour chacun des commissaires, les perdiems des incessantes plénières, le carburant, etc. Pour sa part en tout cas, Yaya Kane martèle que « tous les commissaires travaillent avec nous, y compris Etienne Soropogui ».
C’est dire que cette cohue faite d’impitoyables enjeux d’intérêts, de servilité rampante, de fausses valeurs et d’autres impostures met mal à l’aise l’opposition qui voit par ailleurs son bonheur s’éloigner : elle se révèle être flouée sans le dire dorénavant. Pour ne pas peut-être heurter la sensibilité de ces commissaires qui, pour leur part se fertilisent en attendant. Au nom de la parité, quoi ! Il n’y a donc pas à rougir si Bakary Fofana prend des décisions unilatérales affectant dangereusement les partis politiques d’opposition. Lesquels se font avoir à chaque duel. C’est pourquoi aujourd’hui, en lieu et place de cette CENI politique, il ne serait pas superflu de songer à une autre CENI plutôt technique, loin de toutes les tractations. De toute évidence, rien, ni personne n’est jamais totalement perdu. Allons donc. Mais en voyant long et large. Sans aucun narcissisme euphorisant. Car après tout, le risque d’usure doit être somme toute obsédant pour une opposition sans cesse insatisfaite d’un pouvoir inexorablement obstiné et … belliqueux.
Thierno Fodé Sow
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Commentaires
Maintenant concernant le gouvernement tu ne dis pas qu'il n'a rien fait, mais que tu espères qu'il fera. Alors que pour l'opposition elle doit. C'est une différence de traitement, dont je veux que tu sois conscient. Chacun ses choix, mais il faut les assumer.
Ne nous voilons pas la face et reconnaissons l'amateurisme de notre opposition. Les morts, nous les regrettons tous. Mais cette opposition n'a pas fait mieux en son temps. Je ne vous apprends rien en disant que Kouyaté est arrivé à la primature après la mort de près de 200 personnes, essentiellement des jeunes. Plus de 15 mois de service et Kouyaté n'avait jamais fait jugé une seule personne. Bah Oury est venu dans le gouvernement de Souaré comme ministre de la réconciliation nationale, lui aussi n'avait rien fait pour que les auteurs de ces actes soient démasqués et jugés. En retournant en arrière, on a vu ici des députés se faire arrêtés en marge de l'affaire AC et la benjamine du parlement de Guinée y a laissé sa peau. Nos opposants de maintenant étaient avec le gouvernement, ils n'ont jamais fait quelque chose pour rendre justice. En 2006, les élèves ont été tués sans que personne (de l'opposition actuelle) ne veuille faire quelque chose pour la justice. La casse de Bambéto cosa par Conté pour des raisons politiques n'a pas non plus susciter l'émoi de nos actuels opposants. Quand je dits que c'est du blanc bonnet, bonnet blanc je sais de quoi je parle. Depuis 1991, je suis un peu les activités politiques en Guinée.
Pour en revenir à la situation actuelle, il faut reconnaitre que nous sommes dans une exacerbation des tensions communautaires et ethniques sans oublier le bas niveau de formation en maintien de l'ordre et de sensibilisation aux questions de droits de l'homme de nos forces de l'ordre. La question qui interpelle aujourd'hui, c'est que chaque politicien doit jouer son rôle pour éviter le chaos au pays. J'espère que le Gouvernement fera tout pour extirper des rangs des gendarmes et policiers des personnes auteurs de ces cas de morts et les traduire en justice. De l'autre coté, l'opposition doit sensibiliser ses jeunes militants qui sont aussi auteurs de certaines violences. Moi je vis en haute banlieue et je sais que certains loubards profitent des manif de l'opposition pour faire du vandalisme en se confondant aux militants de l'opposition. Des lendemains des manif ou des journées villes mortes, on caillasse les voitures, on vous fait la poche, ...
Votre texte n'a pas été censuré.Il a été publié tel qu'il est parvenu (tronqué).Refaites votre commentaire.
Comme je l'ai dit ci-dessous, il faut se concentrer sur l'essentiel, à savoir les nouveaux textes de la CENI. Ce sont eux qui donnent aux commissaires la possibilité ou non de réagir aux dérives de leur président, et ce, quels que soient leurs titulaires. Comme tu le dis "même si l'opposition est mise en minorité". Le reste n'est que diversion (même si elle a une réalité). Je ne met pas sur le même plan le népotisme (ah la nature humaine !!!) et l'assassinat d'enfants. Je suis étonné qu'il en aille différemment pour toi, à moins de vouloir amuser la galerie.
Par ailleurs, la réalité est qu'on ne peut pas laisser un prédateur financier et humain à la tête de l'État continuer ses exactions de toutes sortes. A partir de là , il faut une alternative. La réalité de l'analphabétisme et le besoin d'être rassuré contre l'État partial, conduisent les électeurs à voter pour quelqu'un de connu dans leur propre ethnie. Que cela plaise ou non, c'est ça la réalité, et comme je suis un pragmatique, je préfère accompagner la réalité, que de fantasmer sur ce qui devrait être. En France par exemple (qui n'est pas toujours un modèle de démocratie), des personnes condamnées pour des malversations en tous genres, ont été réélus.
Enfin, tu constates que la règle de la majorité est en cours à la CENI et tu voudrais que la minorité repousse !!! (ça veut dire quoi en terme de vote ?).
Mais ce dénouement prouve tout de même que la méthode de gouvernance de l'opposition pourrait ne pas être différente du pouvoir actuel en terme de népotisme. Sachant que tout se joue à la Céni, sachant que le pouvoir a les moyens financiers pour recruter des gens rompus à l'organisation d'élections, l'opposition aurait dû choisir des hommes compétents qui pouvaient démonter certains arguments des commissaires de la mouvance même si elle est mise en minorité en cas de vote. Selon les rumeurs, Sylla de l'UFC a choisi sa femme, Mme Biya de l'Ufdg a été choisie parce qu'amie de longue date de Mme CDD, Soumah Geci a pris un de ses parents, Tolno Pascal a confirmé sa fille, ... Avec cela, comment s'étonner que les points de vue du pouvoir passent comme lettre à la poste. Comme l'avait souligné Faya, il fallait choisir de bons juristes et de bons programmeurs en Informatique. Mais hélas, ce choix par népotisme ne fait que renforcer des gens comme moi dans la conviction que ces opposants ne sont pas une alternative au pouvoir en place. Ceux qui pensent qu'ils ont appris et changé risquent d'être déçus petit à petit par les conséquences de la légèreté de leur choix. C’est un constat et il ne sert pas à grand-chose de vouloir le minimiser. Je ne partage pas la justification du chiffre de plus de 6 millions d'électeurs pour une population de moins de 11 millions d'habitants par l'argument de Yéro Condé selon lequel le corps électoral fait en moyenne 53% de la population totale dans beaucoup de pays. Cet argument aurait pu être repoussé par des vrais commissaires de l’opposition car chaque pays est différent et en se basant sur la proportion très élevée des moins de 18 ans dans la population Guinéenne. Mais les commissaires de l'opposition au lieu de mener la bataille par argumentaire préfèrent les pétitions et la médiatisation à outrance alors que cela n'a aucun impact sur le fonctionnement de la Céni. Maintenant on attend de voir les résultats du dédoublonnage et la publication de la liste définitive de la Céni pour juger du travail fait par l’équipe de Bakary.
Vivement un renouvellement de la classe politique Guinéenne.
@Gandhi!langue de bois redondante quand tu nous tiens ...,pour une fois, daignez reconnaitre cette evidence creve-oeil.ALB-Birmingham,AL-USA>
ALB, ce n'est pas la peine de faire de l'esprit si vous avez oublié votre français. On utilise les termes (redondance par exemple), que l'on maîtrise. Vous êtes en train de dire que c'est le népotisme de l'opposition qui rend la CENI ingouvernable. Je vous explique, qu'il y a peut-être népotisme, mais que cela ne constitue pas la cause des problèmes à la CENI. Vous ramenez votre pseudo-science pour quelle raison ?








