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Elections législatives : la fraude, sous nos yeux
Bountouraby Soumah Jeudi, 16 Mai 2013 21:07
Si l’opposition ne parvient pas à stopper l’infernale machine électorale que le gouvernement du président Alpha Condé veut imposer à la Guinée, on s’apprête à faire avaler une fraude énormissime aux Guinéens et même à la communauté internationale. Naturellement, depuis bien des mois, certains ne cessent de tirer la sonnette d’alarme quant à la partialité de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) telle qu’elle est aujourd’hui dirigée et même à la mauvaise foi de l’ensemble de l’équipe dirigeante du pays. Mais il y en a qui ne croient toujours pas. Qui sont sceptiques. Pourtant, les preuves sont là et évidentes.
Visiblement ingénieux dans ce genre de pratique, les responsables de la CENI usent d’une approche des plus subtiles. Bien entendu, l’objectif étant que la magouille soit la moins facilement décelable. Dans cette optique, la supercherie qu’on nous balance, c’est le nombre d’électeurs. Récemment encore, le chef du département des opérations de la CENI, Yaya Kane, disait à qui veut l’entendre que son institution tablait sur le nombre de 6,2 millions d’électeurs. Ce chiffre ne semble heurter personne. Pourtant, il concentre en lui toute la stratégie de la corruption.
Tout d’abord, on doit raisonnablement se demander sur la base de quels éléments le ratio pour ce calcul a été obtenu. Parce dans un pays, le nombre des électeurs se détermine à partir de la population globale. C’est sur la base de statistiques démographiques fiables et suivies que l’on peut estimer le nombre de ceux qui sont en âge de voter. Or, au niveau officiel, il n’est point besoin d’insister sur l’inexistence d’instituts dignes de ce nom dans ce domaine. Alors que le pays n’a pas connu de recensement depuis 1996. Du coup, la question de la source des 6,2 millions d’électeurs demeure.
D’autant plus que les quelques rares chiffres fournis par diverses institutions internationales ne corroborent pas ce chiffre. Loin s’en faut. A titre d’exemple, en 2011, sur une population alors estimée à 11 300 000 habitants, l’UNFPA (l’Agence des Nations unies pour l’alimentation et la population) accordait à ceux qui ont moins de 18 ans la proportion de 53 %. Par déduction, cela donne de ceux qui ont l’âge de voter le nombre de 5 311 000. Plutôt éloigné du chiffre de Yaya Kane non ? Pour sa part et au compte de la même année, la CIA américaine estimait la population totale à 11 197 000 habitants et attribuait respectivement aux moins de 14 et à ceux dont l’âge varie entre 15 et 24, les proportions de 42,2% et de 19,2%. Sur cette base, dans le meilleur des cas, la population en âge de voter ne dépasserait jamais de 5 396 954 personnes. Cette absence de concordance ou plutôt cette invention sortie de la tête de certains spécialistes en fraude électorale, serait d’ailleurs très manifeste sur la foi des chiffres détenus par l’Institut national des statistiques (INS). Mais comme on peut l’imaginer, on ferait tout pour ne pas que ces chiffres soient mis sur la place publique.
Mais à quelles fins aurait-on inventé ce chiffre de 6,2 millions d’électeurs ? La réponse est bien entendu toute évidente. Une fois qu’un tel chiffre passe incognito au sein de l’opinion, cela signifie que l’instrument de fraude est entériné. Parce qu’à partir de ce moment l’opinion aura implicitement admis que même des enfants puissent voter. A propos, il faut préciser que des informations persistantes et crédibles font état du fait d’un recensement massif des enfants dans les zones réputées fiefs du pouvoir. Mais ce n’est pas que ça. Dès lors que ce chiffre de 6,2 millions d’électeurs est avalisé, c’est le quitus au bourrage des urnes.
Et dire toute la responsabilité et l’espoir qui reposent sur les démocrates guinéens. A moins que ce ne soit trop tard.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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Commentaires
... je dirais même simpliste et stupide, de la fraude qui se prépare, même si la CENI met en place des systèmes de contrôle a posteriori de son scenario actuel.
Il ne faut pas se leurrer sur le contrôle a posteriori de la CENI. Sans entrer dans le détail du choix de cette société belge dont on ne connait pas grand chose, si ce n'est la nationalité belge d'Alex Gysel (le fameux expert lié indirectement à Bakary Fofana), je me méfie comme la peste d'un choix unilatéral. Pourquoi n'a t-on pas permis à l'opposition de choisir l'entreprise, ce qui aurait dissipé tous les doutes. Et puis bourrer les urnes en créant de toutes pièces 2 millions d'électeurs supplémentaires est simplement scandaleux, car on a du mal à imaginer pourquoi AC a accepté de participer à des élections s'il lui manquait 2 millions d'électeurs ?
Mais quand bien même l'entreprise serait fiable, le monitoring (la technique utilisée pour contrôler) n'empêche la fraude qu'au niveau théorique, puis il s'agit d'un système qui surveille en principe ce qui a été fait par les serveurs de Waymark. Mais cette surveillance se matérialise par la création d'un fichier qui va enregistrer tout ce qui se fait (donc les fraudes potentielles). Mais si ce fichier disparait (il suffit de le supprimer, puiqu'il ne s'agit que d'un vulgaire fichier texte), que se passe t-il ?
Il est effectivement facile d'imaginer que l'administrateur du système de contrôle efface ce fichier compromettant, en indiquant par la suite, qu'il a fait une mauvaise manipulation, ce qui peut arriver, sauf qu'ici elle serait volontaire.
La seule solution pour avoir des élections propres, serait de tout recommencer, mais comme cela n'est pas acceptable pour AC, il suffit donc d'enlever AC. CQFD
2 millions de faux votants en plus cela fait combien de députés RPG en plus ? La barre des 90 sur 114 sera sûrement même dépassée...
illusoire et accepter des élections avec cette CENI équivaudrait à un suicide politique.








