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Gouvernance : les vrais faux regrets d’Alpha Condé !

Thierno Fodé Sow  Samedi, 11 Mai 2013 15:50

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SYLLA_Mamadou_2_01« Mon jeune frère, si je savais qu’il y avait tous ces problèmes en Guinée, je n’aurais pas été candidat. » Cette confidence du président guinéen a été faite le 28 avril dernier à Conakry, à Mamadou Sylla de Futurelec, leader de l’UDG, parti allié au RPG-Arc-en-ciel. Cet aveu d’impuissance – s’il en est vraiment un –  intervient au moment où un désordre sans précédent provoqué par une crise politique est en train d’asphyxier tous les Guinéens à cause du climat irrespirable que génèrent notamment les marches dites pacifiques sans cesse organisées par les leaders politiques de l’opposition. A défaut d’un refus avéré de dialogue structuré, serein et responsable, tel que souhaité par nombre de Guinéens et observateurs épris de paix et soifs de démocratie.

C’est bien Mamadou Sylla qui a révélé à la presse ces vrais faux soucis du président Alpha Condé. Et ce leader de l’UDG de répondre à son convive en lui disant que Condé devait savoir ce qui l’attendait car il était l’opposant numéro un. Et celui-ci de rétorquer que c’est parce qu’il était un peu éloigné du pays qu’il n’a pas réussi à contenir tous les ennuis qui l’assomment aujourd’hui. Mais peut-on réellement croire Alpha Condé, d’autant plus qu’il n’est pas obligé de s’agripper au pouvoir, car après tout, démissionner en temps opportun est loin d’être un signe de faiblesse, mais relevant plutôt d’une responsabilité historique ? Si donc Alpha Condé est submergé par les douze travaux d’Hercule, autant alors passer le témoin à une des rares colombes qui l’entourent pour finir au moins la transition. Quitte à repartir aux urnes après.

En attendant, il pourra certainement planter ses choux ailleurs et se la couler douce. Surtout que ces deux dernières années la gestion du pays sans aucune réelle orientation générale n’aura pas été du beurre à couper pour le locataire de Sékhoutouréya. Une navigation à vue qui engendre d’énormes conséquences sur la vie des Guinéens, lesquels se voient en outre menacés aujourd’hui par des crises en tout genre. En déposant sa démission – si vraiment ses soucis se révèlent vérifiables –, Alpha Condé pourra quand même se réjouir de ce qui est désormais devenu un cliché : unification des caisses, obtention du point d’achèvement des PPTE, mobilisation ou extorsion de quelque 7 cent millions USD avec Rio Tinto (ne nous en offusquons pas, même si l’orientation de ce magot n’aura pas été ce qu’on aura choisi), etc., il pourra également se frotter les mains pour avoir cristallisé les clivages ethniques, initié la chasse au faciès, etc. Emettre donc aujourd’hui des vrais faux regrets d’être à la tête de la Guinée suite aux évènements malheureux qui s’enchaînent au gré du vent n’est qu’une simple politique pour distraire ces alliés peu enclins à comprendre pourquoi il n’ont pas gagné suffisamment la part du gâteau, après la présidentielle. On plaint alors Mamadou Sylla de l’UDG qui semble avoir avalé des couleuvres. Pour dire tout net, ce leader à la formation académique très sommaire, a été juste invité par Condé pour partager une soi-disant compassion liée aux vrais faux regrets d’Alpha Condé.

Noyé qu’il est dans les méandres de la tactique politique de Condé, Mamadou Sylla dont le parti n’a rien trouvé dans le gouvernement ou presque, reconnait à son corps défendant que le président Condé n’a pas pu concrétiser toutes les promesses faites pendant la campagne. Libre donc au patron de Futurelec de croire que le soleil se couche au nord.


Thierno Fodé Sow


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