Heinan Goba Lundi, 06 Mai 2013 13:45
Les exactions contre les journalistes reporters lors des manifestations politiques à Conakry prennent une proportion inquiétante. Face à cette situation, certains journalistes de la place ont avancé, à l’occasion de la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse, l’idée d’une « journée sans presse ». Question de montrer aux uns et aux autres que sans les médias, tout ce qu’ils font ne peut être connu ailleurs.
Toutes les associations de presse présentes à la cérémonie ont reçu le projet à bras ouverts. Elles ont promis de le mettre en œuvre si la situation ne s’améliore pas.
Aucun journaliste ne se trouve en prison en Guinée à cause de ses écrits. Ce qui ne veut pas dire que tout est rose pour les professionnels des médias en Guinée. En dépit de l’immense service qu’ils rendent à la population, sans distinction, depuis un certain, nombreux parmi eux sont victimes d’agressions barbares. Trois font l’objet de poursuites judiciaires pour entre autres, diffamation, injures et racismes.
Peu avant l’instauration de la démocratie en Guinée, pour la petite histoire, le journaliste était craint par bon nombre de citoyens. Ils disaient qu’il pouvait rapporter tout ce qu’il apprenait de vous. Ils l’appelaient vulgairement « escroc ». Il y avait à son égard une sorte de méfiance. Difficilement, il obtenait les informations mais le journaliste ne risquait pas de se faire tabasser encore moins de se faire insulter au passage.
S’il y a des années, le journaliste était craint en Guinée, depuis un certain temps, il est par contre devenu l’homme à abattre. Surtout lors des manifestations politiques devenues récurrentes ces derniers temps. A la moindre occasion, les journalistes sont pris à partie par les militants de la mouvance comme par ceux de l’opposition. Sans oublier les violations manifestes de leurs droits par les forces de l’ordre.
Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu
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