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Protection de l’environnement: le PGEG dénonce le laxisme des autorités dans l'application des textes de loi

Heinan Goba  Vendredi, 03 Mai 2013 22:45

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Jordan Kimball, le coordinateur du programme de gouvernance environnementale de Guinée (PGEG) a récemment soutenu devant la presse que « la République de Guinée a de beaux textes en matière de protection de l’environnement mais ce qui lui manque c’est le suivi de l’application de ces textes ».

D’après l’Américain, « l’application correcte de ces textes de loi (code de la forêt, de la faune, de l’eau, etc.) et le respect des conventions internationales qu’elle a signées et ratifiées feraient de la Guinée l’un des meilleurs dans ce domaine sur la planète ». Ce qui naturellement favoriserait d’énormes investissements.

En Guinée, a fait savoir le coordinateur du programme de gouvernance environnementale de Guinée, « la structure environnementale est place. Cependant, ce qui est souhaité, à savoir l’efficacité de cette structure n’est pas là ». Avant de préciser qu’il y a un énorme manque de suivi dans ce cadre.

Partant du fait que c’est le laisser-aller qui a favorisé la dégradation de l’écosystème guinéen, le coordinateur du programme de gouvernance environnementale de Guinée a encouragé les autorités guinéennes à prendre leurs responsabilités. En comptant bien sûr sur l’appui des partenaires bi et multilatéraux.

Il est vrai qu’en Guinée, les textes en matière de protection de l’environnement ne sont pas suffisamment dissuasifs, a reconnu au passage, l’Américain. Ce qui est, en revanche, regrettable selon lui, c’est le fait qu’ils ne soient pas appliqués. Pendant que les autorités guinéennes devraient prendre ce cas au sérieux.

Jordan Kimball qui avait à ses côtés Madame Sara du Centre forestier américain et Marc Massadouno, point focal du projet d’étude d’impact environnemental a dénoncé le fait que la Guinée refuse de faire face à ses obligations internationales en matière de protection de l’environnement.

Pour l’Américain, le manque de moyen souvent invoqué par les autorités pour expliquer leur incapacité à exercer pleinement leur mission n’est pas une raison suffisante. Selon lui, ce qui manque surtout c’est la volonté politique. Car avec la volonté politique on peut réaliser beaucoup de choses sans de gros moyens.

Et Sara d’ajouter qu’au-delà de tout cela, il y a un problème de ressource humaine. Selon elle, il n’y a pas suffisamment de cadres formés pour faire face à la protection de l’environnement. Ce qui fait qu’on met des gens à des postes qu’ils ne méritent pas. Conséquences, ils sont les premiers à permettre ce qu’ils doivent combattre.

Pour Sara « c’est incompréhensible que de voir des industriels qui doivent se battre pour la restauration de l’environnement refuser l’accès à ceux qui peuvent les aider à faire bien leur travail. « N’eût été le manque de formation », dit-elle, « ils comprendraient que l’accès de ces écologistes à leur site leur permettrait de bénéficier de beaucoup d’appuis afin de réduire les dégâts ».

Quoi qu’on dise sur le niveau de formation des industriels ou de tout autre à leur service, Marc Massadouno lui, se dit convaincu que « les entreprises allergiques à la visite des protecteurs de l’environnement bénéficient du soutien de certaines autorités de l’Etat. Ce qui leur donne le sentiment qu’elles sont au-dessus de la loi. »

Le degré de pollution de l’environnement en Guinée n’est pas connu. Pour Jordan Kimball, « il y a un manque de suivi dans ce cadre ». « Et sans une réelle prise en main de la situation », a prévenu l’Américain, « il sera très difficile sinon impossible de mesurer l’ampleur du danger que court l’environnement Guinéen ».


Heinan Goba
de Conakry pour GuineeActu


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