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Conakry : panorama d'une ville au lendemain de la manifestation de l'opposition

Bountouraby Soumah  Vendredi, 03 Mai 2013 14:52

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En ce vendredi 3 mai 2013, la ville de Conakry garde encore les stigmates de la manifestation d’hier. Aussi bien à travers les débris de barricades qui jonchent encore les rues qu’à travers la paralysie relative de la circulation. C’est du reste le constat de notre reporter qui s’est promené à travers la ville en cette matinée.

Le premier aspect anormal qui était perceptible ce matin, c’était bien la fluidité de la circulation sur la voie qui, partant du Carrefour Centre-émetteur de Kipé, débouche sur le rond-point de Bambéto. Habituellement embouteillé dès 7h30, elle était particulièrement dégagée ce matin. Ne s’y aventuraient que quelques téméraires automobilistes qui, en contrepartie de cette audace, pouvaient exceptionnellement rouler à une certaine vitesse. Au niveau du rond-point de Bambéto, les débris de bois, les gros blocs de pierre ainsi que la fumée des pneus brulés jonchaient toutes les rues.

Preuve supplémentaire de la tension qui berce la capitale guinéenne depuis la publication du décret présidentiel, le 13 avril dernier, le policier qui régulait la circulation au niveau du rond-point s’est approché des automobilistes qui voulaient prendre la transversale n°2 pour rejoindre le rond-point de l’aéroport et leur disaient : « N’y allez surtout pas. Car les hostilités ont de nouveau repris au niveau de ”Château” ». Mais constatant que certains étaient plutôt dubitatifs, il ajoutait : « Si vous ne croyez pas, vous pouvez y aller. Car en Guinée, les gens n’écoutent jamais les conseils qu’on leur prodigue. »

Sans trop y croire, les automobilistes optent cependant pour la prudence. Et prennent tous la direction de Hamdallaye. Mais sur tout le tronçon à deux voies, on ne peut circuler que sur une seule. La deuxième étant impraticable du fait des débris des affrontements d’hier. Et c’est quasiment la même chose entre Hamdallaye et le pont de Kondébounyi, point de jonction de l’autoroute et de la Transversale n°1.

Bien qu’ayant été relativement épargnée par les affrontements d’hier, la circulation sur l’autoroute n’est pas non plus aussi dense que les jours ordinaires. Et il en est ainsi jusqu’au niveau du pont 8 novembre, principal point d’entrée de la commune de Kaloum.

C’est dire qu’après la manifestation d’hier, ce vendredi aussi est en grande partie paralysé par la mésentente entre l’opposition guinéenne et le gouvernement du président Alpha Condé à propos des conditions d’organisation des élections législatives. Surtout que les invectives continuent sur les ondes des différentes radios privées de la place.


Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu


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