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Inculpé, le commandant Sékou Resco défie la justice
Mamady Kéita Lundi, 29 Avril 2013 20:47
L’instruction ouverte en mai 2012 à la suite d’une plainte de la FIDH et de l’OGDH, avait permis d’inculper Sékou Resco Camara pour « arrestation illégale, séquestration, coups et blessures volontaires, abus d’autorité, crimes et délits commis dans l’exercice de ses fonctions ». Il faut cependant regretter que malgré cette inculpation survenue le 14 février 2013, le gouverneur de la ville de Conakry continue de défier la justice et de poser des actes qui sont de nature à affecter la paix sociale.
C’est le tribunal de première instance de Dixinn qui a inculpé Sékou Resco Camara le 14 février 2013 pour des faits jugés graves par les ONG de défense des droits de l’homme que sont la FIDH et son organisation membre en Guinée, l’OGDH. Il faut rappeler que suite à la plainte de la FIDH et de l’OGDH déposée devant le tribunal de première instance de Dixinn (Conakry II), que le Procureur de la République avait ouvert une enquête le 29 mai 2012, notamment pour « arrestation illégale, séquestration, coups et blessures volontaires, abus d’autorité, crimes et délits commis dans l’exercice de ses fonctions », pour reprendre les termes contenus dans une déclaration de ces ONG, rendue publique suite à cette inculpation. Nos sources révèlent en guise de précision que c’est en octobre 2010, selon les informations transmises à la justice, que des éléments de la garde rapprochée du président par intérim de la transition, le général Sékouba Konaté auraient « arrêté et détenu arbitrairement plusieurs individus et les auraient soumis à des actes de torture en présence et suivant les instructions de M. Sékou Resco Camara, du général Nouhou Thiam, et du commandant Aboubacar Sidiki Camara dit de Gaulle. »
Me Patrick Baudouin, responsable du Groupe d’action judiciaire (GAJ) et président d’honneur de la FIDH, avait eu cette réaction à propos de l’inculpation de Resco : « La mise en cause de M. Camara, qui bénéficie de la présomption d’innocence et qui va désormais pouvoir se défendre dans cette procédure, est une première étape : d’autres responsabilités doivent maintenant être établies, y compris à des niveaux inférieurs de la hiérarchie, afin d’achever l’instruction et d’aboutir à un procès juste et équitable dans un délai raisonnable ».
Il faut souligner cependant la préoccupation des deux ONG, qui ont tenu à relever le fait qu’en raison des fonctions occupées par le commandant Resco Camara, qui dispose notamment d’une importante escorte composée d’éléments du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA) et de sa précédente condamnation par le tribunal de première instance de Kaloum (Conakry I), le 30 novembre 2011, pour « empiétement de l’autorité administrative sur l’autorité judiciaire », cela ne mène à une « interférence avec la procédure judiciaire. »
La FIDH et l’OGDH avaient appelé « le gouvernement guinéen à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le bon exercice et la sérénité de la justice, assurer la sécurité de ses acteurs et en particulier du magistrat instructeur en charge de l’enquête. » Chose qui n’a toujours pas été faite. Pire, Resco continue à servir de « bras armé » du pouvoir, vu son comportement dans la cité, où son immixtion dans la procédure d’organisation des manifestations de l’opposition donne lieu à la répression. Comme ce fut le cas le 18 avril dernier, lorsque des opposants, journalistes et manifestants furent molestés et arrêtés par des forces de l’ordre. La Guinée a la particularité d’être un pays où le changement a du mal à se traduire en actes concrets en matière de défense des droits humains, alors que le chef de l’État a pris « un engagement fort dans le sens de l’instauration d’un État de droit respectueux des libertés fondamentales ». Jusqu’à quand Resco va-t-il continuer à défier la justice ? Une question dont seules les autorités compétentes détiendraient la réponse.
Mamady Kéita
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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