Bountouraby Soumah Dimanche, 28 Avril 2013 13:55
« Sauver le soldat Alpha Condé », pourrait être le titre de la prestation à laquelle le directeur des opérations de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) s’est livré ce samedi à la maison de la presse de Coléah. Sauf que ce fut une piètre prestation. Sur le choix de la date du 30 juin en particulier, ce fut la catastrophe totale.
En fait, l’exercice auquel s’est livré Yaya Kahn avait pour objectif de prouver que, contrairement à certaines critiques, le décret du 13 avril n’avait rien d’illégal. Il faut rappeler qu’il est surtout reproché à ce décret d’avoir été pris alors même que la CENI n’avait pas proposé un chronogramme, comme il aurait fallu procéder selon les dispositions de la constitution guinéenne.
D’abord, sur le fait que les commissaires issus de l’opposition n’auraient pas été associés, Yaya Kahn évoque une plénière du 29 mars dernier, à laquelle 20 des 25 commissaires étaient présents, 2 étant excusés et les 3 derniers s’étant absentés sans motif. Le premier constat auquel cette plénière serait parvenue, c’est bien l’impossibilité de faire respecter le précédent chronogramme qui tablait, on se le rappelle, sur la date du 12 mai 2013.
Cette première vérité mise en évidence, des propositions auraient alors été faites dans la foulée. Globalement, deux dates auraient été proposées : le 9 et le 16 juin 2013. Un hic cependant ! Même si c’était la date du 16 juin qui était retenue par le chef de l’Etat, 80 jours seulement séparaient alors de l’échéance. Trop juste pour les 70 jours d’intervalle nécessaire à la convocation du corps électoral soient respectés. Cela, c’est le conférencier lui-même qui le révèle.
En conséquence, confesse Yaya Kahn : « il (le président Alpha Condé) a jugé utile de prendre une date 13 jours après le 16 juin que nous avions proposé ». Dans cette phrase, on a l’impression que celui qui voulait sauver le chef de l’Etat l’enfonce plutôt. Parce qu’il avoue que c’est le président Alpha Condé qui a pris sur lui la responsabilité d’ajouter les treize jours. D’autant plus que dans son exposé, le chargé des opérations de la CENI, ne dit nulle part que la date du 16 juin en soi, ait été rendue publique comme proposition de son institution.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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