Abdoulaye Diallo Mercredi, 24 Avril 2013 15:04
Le rapport annuel sur la situation des droits humains de par le monde, préfacé par John Kerry, le nouveau patron de la diplomatie américaine, vient d’être rendu public. Le document établit pays par pays les souffrances des citoyens dans l’exercice des droits fondamentaux et libertés publiques.
En Guinée, sans surprise, le tableau reste toujours sombre lorsqu’il s’agit du respect desdits droits et libertés. Malgré la création, à la fin de l’année dernière, d’un ministère, sans mandat précis, en charge des Droits de l’homme et Libertés publiques, 2012 n’a pas fait d’exception quant aux tueries, violences, viols, arrestations, pillages et autres abus dont sont victimes les populations.
Selon le rapport, ces violations et abus des droits humains et libertés individuelles sont souvent commis par des agents des forces de sécurité. Pendant que depuis 2010, un programme de réformes des forces de défense et de sécurité est en cours dans le pays. Mais pour quels résultats ?
Avec des détails précis en termes de dates, lieux et statistiques, le rapport indique que l’année passée, des Guinéens ont été victimes entre autres de tueries, tortures, viols et d’usage excessif de la force par les forces de sécurité. Non sans noter l’échec du gouvernement à punir les responsables de ces abus.
La disparition (enlèvement) de membres des partis politiques d’opposition, les conditions inhumaines et traitements cruels dans les prisons et centres de détention, les arrestations arbitraires, longues périodes de détention avant procès, les procès ni justes ni équitables, les restrictions de la liberté de la presse et de celle d’assemblée et de réunion, la corruption à tous les niveaux du gouvernement, les violences et discriminations faites aux femmes et filles, la discrimination contre les enfants, les personnes handicapées, la discrimination contre les membres de certain groupes ethniques sont parmi d’autres formes d’abus et de violations des droits humains et libertés individuelles en Guinée, note le rapport.
Le département d’Etat américain dénonce l’impunité qui continue de caractériser les crimes commis sur les citoyens dans l’exercice de leurs droits. « L’impunité demeure un problème », précise-t-on dans le rapport. « Le gouvernement a continué de ne prendre aucune action pour enquêter sur la disparition de dizaines de manifestants après le massacre de 2009 au stade du 28 septembre. L’association des victimes du 28 septembre a estimé 90 personnes disparues et considérées comme mortes », indique le livre blanc 2012 sur la situation des droits humains en Guinée.
Il est donc facile de remarquer qu’en Guinée, les années passent et se ressemblent. Et pour combien de temps encore ? Seule la lutte contre l’impunité mettra fin à cette répétition de crimes et abus.
Abdoulaye Diallo
New York, USA
Pour plus de détails en anglais, cliquez sur ce lien : http://www.state.gov/documents/organization/204339.pdf
Source : Guinéenews©
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