Boubacar Bah Mardi, 23 Avril 2013 10:34
Le coordonnateur de l’EDG, Abdoulaye Kéita a été limogé la semaine dernière et remplacé par Nava Touré, qui prend la tête de la direction générale de l’entreprise. Après ce décret considéré comme salvateur par certains observateurs, il serait opportun de jeter un regard sur la gestion d’Abdoulaye Kéita, qui est soupçonné de malversation.
Les émeutes du courant ont finalement eu raison du coordonnateur d’EDG, Abdoulaye Kéita qui a été renvoyé la semaine dernière. En attendant la prise de fonction du nouveau directeur général et le démantèlement des disciples de la défunte coordination, Nava Touré a tout intérêt à faire l’état des lieux de la gestion de son prédécesseur. D’importantes sommes d’argent estimées à des centaines de millions de dollars US auraient été injectées dans le secteur énergétique par les nouvelles autorités. Malgré ces énormes sacrifices consentis par le gouvernement, aucune amélioration dans la fourniture de l’électricité n’a été enregistrée dans la capitale. Au contraire, le rythme d’alimentation des quartiers a sensiblement baissé. Ainsi, au lieu de 18h.-minuit ou minuit-7h. du matin, rotation à laquelle les habitants de la ville s’étaient habitués, avant l’avènement du nouveau régime, certains quartiers sont aujourd’hui obligés d’attendre 4 à 5 jours pour être desservis. Et pour de courtes durées. Sans oublier que les variations brusques de tension, les coupures intempestives et brutales ont souvent causé des dégâts techniques sur les appareils électroniques dans de nombreux ménages. Le coût des sinistres difficile à évaluer est énorme. A cela il faut ajouter des pertes en vies humaines.
Politiquement, cette aggravation de la crise énergétique figure au premier rang des causes du mécontentement populaire. Le président Alpha Condé conscient que le manque de courant peut constituer un facteur aggravant de la crise sociopolitique, a besoin de résultats dans ce secteur. Et les populations, sans couleur ni saveur et dans un élan d’unité et de solidarité qu’on ne trouve que dans le sport, le font savoir dans les rues de Conakry avec des manifestations généralement violentes.
Pour éviter demain d’être indexé voire accusé d’être comptable d’une gestion opaque dont les effets et conséquences jettent aujourd’hui les populations dans les rues des quartiers des cinq communes de Conakry, le nouveau directeur de l’EDG devra s’informer, et dans les moindres détails, sur les conditions d’utilisation de tous ces millions de dollars qui auraient été mis à la disposition de la coordination dissoute ainsi que les procédures des passations des marchés, la moralité des sociétés et entreprises prestataires, etc. D’où ce droit d’inventaire que devrait s’accorder le nouveau directeur, Nava Touré.
Il serait risqué pour le nouveau directeur général d’EDG de fermer les yeux sur les impairs de l’équipe sortante, quand on sait l’aspect délicat de la mission qui lui est confiée.
Boubacar Bah
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu
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