Bountouraby Soumah Jeudi, 18 Avril 2013 16:20
A Conakry, les autorités n’avaient visiblement pas du tout consenti à la marche de l’opposition. Mais pour ne pas que quelqu’un crie à une quelconque violation d’un droit constitutionnellement consacré, les autorités avaient finalement consenti à la marche tout en limitant cependant la marge de manœuvre de l’opposition au strict minimum. C’est ainsi qu’utilisant le gouverneur de Conakry comme bras armé, on a imposé à l’opposition un itinéraire qui va du rond-point de Hamdallaye à l’esplanade du stade du 28 septembre.
Bien entendu, Cellou Dalein Diallo et ses camarades n’ont pas voulu se plier à cette restriction de leurs droits. C’est ainsi qu’un peu après 10 heures (heure de Conakry), guidant les manifestants, le cortège des leaders, partant de Bambéto, a pris la direction du point de ralliement qui était prévu à l’aéroport. Mais à peine quelques mètres parcourus, les marcheurs faisaient face à une nuée de forces de l’ordre venant en sens inverse et qui a inondé les manifestants de gaz lacrymogène. Munis de pierres, les militants ont répondu en lançant leurs armes en direction des policiers et des gendarmes. Et au bout d’une certaine période particulièrement tendue, les forces de l’ordre ont été contraintes de céder le passage.
Cependant, elles n’avaient pas dit leur dernier mot. Parce qu’aussitôt, elles s’étaient redéployées un peu plus loin au niveau de Bonfi. L’objectif était d’empêcher coûte que coûte que la marche se déroule sur l’axe de l’autoroute Fidel Castro. Et pour arriver à cette fin, elles n’auront pas hésité à mettre la main sur deux des leaders politiques que sont Charles Pascal Tolno du PPG et Aboubacar Sylla de l’UFC et en même temps porte-parole du gouvernement. Devant cette furie et les risques dont elle était porteuse, les leaders de l’opposition ont alors rebroussé chemin pour reprendre la transversale 1, direction Hamdallaye. C’est finalement au niveau de l’héliport de Dixinn que la marche a piteusement pris fin avec les discours improvisés des autres leaders.
Outre les deux leaders dont nous parlions, des sources font état de nombreux autres militants de l’opposition arrêtés, mais également des blessés dont le nombre exact demeure inconnu en ce moment précis. Le gouvernement pour sa part, outre les interpellés, parle de deux blessés qui seraient admis dans des structures sanitaires de la capitale guinéenne. Des partisans du pouvoir situés à la Casse auraient également exercé de la violence sur certains de nos confrères dont Mohamed Albé Bangoura d’Horizons FM et une équipe d’Evasion TV.
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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