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Retour de Dadis : l’enjeu n’est pas que juridique

Bountouraby Soumah  Dimanche, 14 Avril 2013 14:02

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CAMARA_Moussa_Dadis_23_01L’ancien président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) est enfin arrivé à N’Zérékoré ce samedi. C’était un peu avant midi. L’avion qui l’a amené de Monrovia a atterri sur l’aéroport de la ville avant les deux autres qui devaient venir de Conakry et dont un amenait le corps de Maman Christine Koné. Selon des confrères sur place, un impressionnant dispositif de sécurité serait en place pour la circonstance. On parle d’une escorte burkinabé qui assurerait la sécurité de l’ex-chef de la junte. Naturellement, la question que l’on se pose, c’est pourquoi toutes ces mesures sécuritaires ?

La première réponse que l’on serait tenté de donner, c’est bien qu’on voudrait éviter tout débordement. En l’occurrence, on pense surtout aux nombreuses populations de la Forêt qui aimeraient tant que le capitaine Dadis cesse d’être l’otage de la communauté qu’il est depuis plus de trois ans. Surtout, tous les partisans de l’ex-président du CNDD souhaiteraient que le capitaine Dadis soit débarrassé du boulet qui le suit avec les massacres du stade du 28 septembre. Or, les uns et les autres se disent que la meilleure façon d’arriver à cette fin serait de le retenir en Guinée. Naturellement, si une telle situation devait arriver, le gouvernement lui-même ne serait point tranquille. Car il pourrait être accusé de soutenir une espèce d’impunité. Pour comprendre une si inconfortable position, il suffit de se rappeler ce que les gouvernements successifs subissent en termes de pression à propos d’Hissène Habré.

Sauf que dans le cas du capitaine Dadis, cette raison n’est pas la seule qui dicte toutes les mesures sécuritaires qui sont ainsi prises. Il est également et surtout question d’enjeu politique en termes de stabilité autant pour le pays que pour le régime actuel. D’ailleurs, si le chef de l’Etat guinéen a consenti à laisser le capitaine revenir, c’est essentiellement en raison de toutes les menaces proférées par les ressortissants de la région. Autrement, des risques, il y en a, et d’énormes. Tout d’abord, le capitaine Dadis, pour avoir occupé les postes de responsabilité qui ont été les siens, doit certainement avoir encore quelques « amis » au sein de la grande muette. Des amis qui ne doivent certainement pas être forcément contents du sort qui est celui de leur ex-mentor. Par conséquent, ils doivent flairer une petite faille qu’ils pourraient exploiter pour « libérer » ce dernier.

Comme on peut l’imaginer, si un tel incident se produisait, les autorités auraient des soucis à se faire. Car en plus de la crise politique actuelle, c’est une scission qui émergerait au sein de l’armée. Mais au-delà de la Guinée, c’est toute la sous-région qui pourrait être affectée. Or, on sait justement que les parties libérienne et ivoirienne qui font frontière avec la région forestière de la Guinée ne sont pas forcément stables ces derniers temps. D’où l’implication de toute la communauté internationale dans la gestion de ce délicat retour du capitaine Dadis.


Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu


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