L'oeil de GuineeActu Samedi, 13 Avril 2013 14:46
Le gouvernement, à travers son porte-parole Albert Damantang Camara, a déclaré le 11 avril, qu’il va organiser pour une « première dans l’histoire politique de la Guinée » des élections législatives libres et transparentes mais en associant dans le processus électoral les experts de l’Union européenne mais aussi ceux de la Francophonie. « C’est pour sécuriser mais surtout renouer la confiance entre pouvoir et opposition et apporter un surplus d’expertise », justifie Damantang Camara ce matin sur les ondes d’une radio locale.
Si donc le gouvernement parle de sécurisation et de transparence avec ces experts, l’opposition elle, dénonce un rétropédalage. Avant de s’interroger : « A quoi sert désormais le dialogue qu’on est en train d’aménager ? » Avec cette nouvelle trouvaille du gouvernement, l’opposition parle de « déni total » en voyant le gouvernement s’accrocher au couple Waymark-Sabari, « alors que deux rapports issus d’expertises internationales nous ont prouvés que le système Waymark n’est pas du tout fiable ». Le porte-parole du gouvernement, lui, parle de procès d’intention.
Comme quoi, la guerre de tranchées se corse avec ce rétropédalage du gouvernement. Conséquence, tous les espoirs jusque-là nourris par l’opposition, fondent comme beurre au soleil. Et on s’accuse mutuellement d’être de mauvaise foi. Et pourtant, aujourd’hui, selon toute vraisemblance, pouvoir et opposition affichaient une réelle volonté de fumer le calumet de la paix en tentant de mettre balle à terre. L’on était tenté en tout cas jusqu’à jeudi en fin d’après-midi, de dire que c’est la détente depuis l’audience accordée aux anciens premiers ministres, à la Primature avec Mohamed Saïd Fofana. Une rencontre qui devait baliser le chemin d’un réel cadre de dialogue d’où sortiront de grandes recommandations censées sortir la Guinée de sa profonde crise patente. Seulement voilà ! Si les deux parties se sont réjouies du retour timide de la quiétude avec notamment la satisfaction des revendications de l’opposition, il reste cependant établi que le délai du démarrage des travaux et le choix du facilitateur onusien englobent toujours un manque de confiance larvé.
En effet, d’un côté, on veut aller vite pour venir à l’essentiel, c’est-à-dire que les travaux peuvent commencer en attendant l’arrivée du facilitateur, plaide le gouvernement. L’opposition, elle, pense que mieux vaut attendre la requête formulée, surtout que le représentant guinéen auprès des Nations unies est mis à contribution pour donner suite favorable à la lettre du gouvernement à l’endroit du secrétaire général de l’ONU. Selon le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara « Nous avons accepté le principe de facilitation internationale, mais nous voulons que les travaux commencent en attendant, car il n’y a pas de délai spécifique pour l’arrivée du facilitateur. Si l’opposition dit qu’il vaut mieux attendre, cela veut dire que la confiance n’est toujours pas restaurée. »
Se fondant sur les toutes les expériences vécues, notamment avec Mgr Albert David Gomez dont les grandes résolutions issues des rencontres du Palais n’ont jamais connu de réelles avancées, l’opposition ne semble pas se satisfaire d’un cadre de dialogue sans témoin. Or, Ibn Chambas, Babanguida, tous ont suivi à un moment donné l’applicabilité des conclusions issues des différentes rencontres avec l’ancien chef de la junte au pouvoir. Comme quoi, la facilitation internationale garantit une certaine issue favorable entre pouvoir et opposition guinéenne. De toute évidence, le plus dur reste à venir notamment avec le renvoi de Waymark, le vote des Guinéens de l’étranger. La guerre de tranchées est donc loin de finir. Avec l’ouverture d’un nouveau front, le gouvernement titille l’opposition et on craint aujourd’hui de voir le prérequis voler en éclats.
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