Selection de vidéos
Partenaires
Affaire Friguia : les raisons du silence coupable d’Alpha Condé ?
L'oeil de GuineeActu Vendredi, 12 Avril 2013 15:11
Depuis plus d’un an, les fourneaux de l’usine de Friguia sont à l’arrêt, les travailleurs abandonnés à eux-mêmes. La société Rusal a pratiquement décidé de fermer l’usine. Face à ce drame pour non seulement des milliers de travailleurs de l’usine et toute une ville, mais aussi et surtout pour l’économie nationale, M. Alpha Condé et son gouvernement se murent dans un silence irresponsable et inquiétant.
C’est simplement une démission. L’histoire condamnera le régime d’Alpha Condé, car c’est sous sa présidence, depuis plus de 50 ans d’existence, que l’usine ne fonctionne plus, ne produit plus et est même menacée de mettre la clé sous le paillasson. Ni Alpha Condé, ni son ministre des Mines, personne ne nous explique la vraie situation de Friguia, et pourtant nous avons le droit de savoir. Mais pourquoi ce silence de notre gouvernement face à cette attitude de Rusal ?
C’est la question que tout Guinéen devrait se poser. Nous avons aussi cherché à comprendre les causes de cette passivité d’Alpha Condé face au sort de l’un des rares fleurons de l’industrie guinéenne. Comme tous les Guinéens, nous avons écouté Alpha Condé, au tout début de son mandat, dénoncer sur un ton guerrier le contrat de Rusal et affirmer qu’il avait même annulé une audience avec une délégation russe pour le simple fait que figuraient sur la liste de demande des noms de responsables de Rusal. Pourquoi alors courir clandestinement aujourd’hui derrière la même société, la supplier de rouvrir l’usine ? Alpha Condé reconnait-il alors enfin le contrat qu’il vilipendait de toutes ses forces ? Alors pourquoi aujourd’hui et pas hier ?
Nous avons quelques éléments de réponses :
- Alpha Condé a dépêché à Moscou, son fils Mohammed Condé et son homme d’affaires Bouba Sampil, qui ont avec le ministre des Mines, Mohamed Lamine Fofana, trouvé un accord avec Rusal. Cet accord a donné lieu à des encaissements de centaines de millions de dollars par les émissaires et le mandataire. Sampil aurait reçu, pour lui seul, 50 millions de dollars US. Imaginons la part du chef et de son fils. Le même accord secret (puisqu’il n’a pas profité à l’Etat) a aussi permis de faire financer par Rusal tous les voyages du président Alpha Condé durant les années 2011 et 2012. L’ancien ministre des Mines, Mamoudou Thiam, l’a clairement écrit dans sa lettre ouverte adressée à Alpha Condé.
- Après tant de dépenses en millions de dollars, Rusal se croyait maitre absolu du terrain, elle ne s’attendait pas à être contrariée par un quelconque mouvement des travailleurs. C’est pourquoi, dès que les travailleurs, qui ignorent tout du contenu des liens secrets noués entre Alpha Condé et Rusal, ont enclenché la grève, Rusal a fermé l’usine. Alpha Condé, trop redevable aux Russes, n’a plus la verve des premiers jours de son mandat pour élever le ton. Il a cédé Dian-Dian rien que pour amener Rusal à relancer les fourneaux de l’usine. Mais, déjà pris jusqu’à la gorge, Alpha Condé est désormais impuissant face à Rusal et personne n’entendra le président guinéen, même si l’usine reste fermée pendant 100 ans. Alpha Condé est déjà compromis comme aucun régime guinéen ne l’a jamais été.
L’œil de GuineeActu.com
![]()
Commentaires
Car, depuis qu'ils ont cédé les mines de Dian-Dian à Rusal, si la priorité de nos gouvernants actuels était de faire redémarrer cette rare unité industrielle du pays, ce serait déjà chose faite.
Les raisons profondes de la persistance de cette crise sont à chercher plutôt du côté guinéen que chez le partenaire Rusal.
Des considérations de corruption financière à grande échelle et surtout bassement électorales n'y sont certainement pas étrangères. AC et ses acolytes sont tout sauf pris à leur propre piège dans cette affaire, loin s'en faut. Les victimes, ce sont surtout les travailleurs et 130 000 habitants de Fria, ainsi que le maigre patrimoine technico-industriel et économique de la Guinée.
Que faire pour stopper ce véritable drame national?
Mobiliser les gens sur-place pour exiger d'abord que toute la lumière soit faite sur cette scabreuse affaire, ensuite qu'une solution de sortie de crise soit adoptée instamment.
L'Opposition Crédible, les syndicats organisés et la Société Civile pourraient (s'ils le voulaient réellement) impulser ce mouvement, comme en 2007 notamment.
Faute de quoi, on ne pourrait pas exclure l'hypothèse que son mépris pour les travailleurs et les populations concernées ait fondé AC à vouloir faire du dénouement de cette douloureuse affaire, un banal argument de campagne électorale en vue des législatives qu'il mène activement pour son parti, le RPG…..
Voilà à quoi nous a mené notre lâcheté et notre tribalisme. Buvons ensemble le calice jusqu'à ...n'en plus pouvoir!








