Imprimer

Retour de Dadis : Alpha Condé a «chaud»

Bountouraby Soumah  Vendredi, 05 Avril 2013 23:28

Facebook

 

CONDE_Alpha_26_01A priori, la mort de Mme Togn Christine Koné, la mère du capitaine Moussa Dadis Camara, n’intéresse en premier lieu que ce dernier. Mais dans les faits, ce décès donne des sueurs froides au président Alpha Condé lui aussi. En effet, cette douloureuse circonstance oblige le chef de l’Etat à opérer un choix qui n’est pas des plus évidents. Choix qui consiste à laisser l’ex-président du CNDD venir prendre part aux funérailles de se maman ou de s’y opposer.

Le dilemme dans lequel se trouve le chef de l’Etat guinéen réside dans le fait que chacune de ces options comporte des risques. Et c’est ce qui fait dire à un fervent partisan de l’ex-président de la junte guinéenne que le président Alpha Condé a « chaud ».

Il a d’autant plus chaud que selon cet interlocuteur, « il doit nous prouver qu’il n’est pas opposé au retour du capitaine en Guinée ». C’est en effet ce que le président Alpha Condé a répondu à chaque fois que la question du retour de Dadis lui a été posée. Il a souvent ajouté que ça ne tenait qu’à ce dernier de revenir quand il le voudrait. Selon notre fameux interlocuteur, « si Dadis ne revient pas à cette occasion, le président n’a qu’à dire au revoir au soutien de la Forêt ». Dans cette affirmation réside tout le risque que comporte cette première option. L’enjeu est cependant d’autant plus crucial qu’entre l’opposition et le pouvoir, la bataille s’annonce rude dans la perspective des futures élections législatives.

Or, le retour de Dadis ne tient pas qu’à la bonne volonté du président Alpha Condé. En raison des massacres du Stade du 28 septembre 2009, le capitaine Dadis est en effet réclamé par de nombreux organismes de défense des droits humains à la Cour pénale internationale. Beaucoup de puissances du monde dont les Etats-Unis et la France sont d’ailleurs dans cette même optique. Du coup, on n’imagine pas que tout ce beau monde ne consentira pas à laisser le bouillant capitaine revenir à N’Zérékoré. Le risque étant qu’il puisse échapper à la justice internationale. Certains pourraient alors crier à l’impunité. Les proches des victimes des viols et des tueries du stade de Conakry se feraient particulièrement entendre au cas où un tel scénario se réaliserait. La communauté internationale pouvant être accusée de complicité réfléchira à deux fois avant de laisser le capitaine revenir.


Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu


AAA_logo_guineeactu_article

Facebook