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Fria : manifestations contre l’arrêt des travaux de l’usine
Mams Sow Jeudi, 04 Avril 2013 16:21
Il y a de cela un an que les travaux de l’usine d’alumine de Fria, la première en terre africaine, ont cessé. Pour des raisons de grève des employés qui réclamaient de meilleures conditions de travail, la direction de l’usine avait décidé d’arrêter les activités de l’usine.
Pour célébrer l’an (1) un de l’arrêt des travaux, et aussi pour crier leur ras-le-bol face à leur vie de mi-employés, mi-chômeurs, les salariés de l’usine sont sortis en masse aujourd’hui pour protester. Très nombreux, ils ont pris la direction de la préfecture, après avoir tenu un meeting dans l’enceinte de l’usine, pour s’adresser au premier responsable et lui exprimer leurs doléances. Parmi celles-ci, les employés protestataires exigent le paiement de leurs arriérés de salaires. Depuis décembre 2011, aucun employé n’a reçu un kopeck de la direction.
Après avoir rencontré le préfet, les protestataires lui ont fait part de leur souhait de voir les activités de l’usine reprendre au plus vite. Ils ont, au passage, demandé le départ de leurs délégués syndicaux qui seraient à la base de leur calvaire depuis un an. Le préfet ayant entendu leurs revendications a vite fait de prendre la direction de Conakry, en compagnie du président de la délégation communale de la ville ainsi que du secrétaire général du syndicat de la ville.
Pour certainement donner une certaine allure à leur manifestation, les travailleurs étaient accompagnés de leurs familles respectives. L’usine étant le poumon économique de la ville, chacun se sent concerné par l’arrêt des travaux, dit-on du côté de Fria.
Le gouvernement tarde à trouver un compris avec Rusal, la société russe qui gère l’usine. Ce qui exaspère plus d’un Guinéen, c’est la surenchère des Russes, qui avaient conditionné le redémarrage des activités de l’usine par l’obtention de la concession de Dian-Dian. Ce qui est fait depuis longtemps, par l’adoption de cette convention par le CNT qui fait office de parlement.
Mams Sow
de Conakry pour GuineeActu
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Commentaires
Il n'y a que des idiots qui ne se comprennent jamais. Vos explications sont claires et limpides.
Bonne fin de semaine mon cher frère.
AOT,
Qu'est-ce que vous voulez dire par, je cite : "La réalité est que cette usine doit être soit entièrement modifiée ethniquement, soit fermée" ? Ma tête est aussi petite que celle de Toto pour comprendre ce passage.
Par ailleurs, si des spécialistes ont reconnu que Friguia est obsolète, à mon humble avis, il n'y a plus rien à faire. Sinon ça devient un gouffre financier, une charge inutile. C'est ça le cycle des produits, services ou des affaires. Ils naissent, se développent, grandissent et meurent. Si nous voulons prendre part au marché des produits finis de la bauxite, faisons appel aux investisseurs pour de nouvelles usines et non pour réhabiliter des vieilles. Encore faut-il que nous leur donnions toutes les garanties nécessaires. Or il se trouve qu'il manque dans notre système le deuxième pilier d'un État de droit, à savoir l'Assemblée Nationale.
Désolé mon frère : il y a un "T" très important qui a sauté : je voulais dire "techniquement".
Comme quoi rater une seule lettre peut modifier gravement tout un texte !!
Mais je sais que tu ne pensais pas de moi ce que j'ai écrit par erreur...
Par ailleurs tu as a raison a 100%: une usine obsolète ne vaut pas la peine - même pas les 22 millions de bakchich.
Il est évident que Rusal (ou n'importe quel autre minier) ne l'aurait jamais achetée a 220 millions - mais cela ne justifie pas néanmoins le deal crapuleux qui a eu lieu...
Par contre sacrifier la fonderie d’aluminium d'un projet comme Dian-Dian est encore plus criminel pour l'avenir de notre pays que vendre la "pourriture d'usine" de Fria a 22 millions USD.
Qu'est-ce que vous voulez dire par, je cite : "La réalité est que cette usine doit être soit entièrement modifiée ethniquement, soit fermée" ? Ma tête est aussi petite que celle de Toto pour comprendre ce passage.
Par ailleurs, si des spécialistes ont reconnu que Friguia est obsolète, à mon humble avis, il n'y a plus rien à faire. Sinon ça devient un gouffre financier, une charge inutile. C'est ça le cycle des produits, services ou des affaires. Ils naissent, se développent, grandissent et meurent. Si nous voulons prendre part au marché des produits finis de la bauxite, faisons appel aux investisseurs pour de nouvelles usines et non pour réhabiliter des vieilles. Encore faut-il que nous leur donnions toutes les garanties nécessaires. Or il se trouve qu'il manque dans notre système le deuxième pilier d'un État de droit, à savoir l'Assemblée Nationale.
La réalité est que cette usine doit être soit entièrement modifiée ethniquement soit fermée (il faut oser le dire !). Mais en compensation, avec le projet Dian Dian la moindre des choses aurait été de s'assurer que toute la main d’œuvre qualifiée et opérationnelle soit immédiatement et automatiquement reprise par Kindia et le nouveau projet et qu'un plan social digne et équitable soit mis en place pour les autres.
Quant a l’électricité et l'eau de la ville c'est la responsabilité du gouvernement guinéen, pas de l'usine - la 1e erreur a été de se défoncer de ses responsabilités en larguant cela aux petits blancs pour qui s’était des peccadilles pendant la période dorée de l'usine...
Spécialité guinéenne : toujours les mauvais deals pour économiser des cacahuètes, juste pour pouvoir voler un peu plus sur les ressources et obligations de l’état...
D'une part une entreprise de cette taille (elles sont rares en Guinée) est précieuse et ne doit pas mourir, mais évoluer, voire se diversifier avec l'aide de partenaires, y compris élargis à l'État. Pour quelles raisons ? d'abord et surtout pour la qualification des hommes qui y travaillent et qu'on ne peut brader ainsi avec l'eau du bain. Ce sont peut-être les travailleurs les plus qualifiés de Guinée, et on les jette en même temps que leur expérience. C'est du gâchis. Ensuite pour la valeur patrimoniale de l'usine dont je me refuse à croire qu'elle ne vaut rien. Au-delà des chiffres du cabinet Stewart (pas loin d'un milliard de $), dans la mondialisation, on achète surtout des parts de marché, et il est scandaleux que la Guinée ne prenne pas la mesure de cette donnée. L'État devrait au minimum nationaliser en partie l'entreprise à hauteur d'une participation à déterminer et redevenir partie prenante du marché de l'aluminium. Nous sommes assis sur de la bauxite et nous n'avons toujours pas d'hommes qualifiés depuis 50 ans pour défendre nos intérêts. A quoi sert de brader Dian Dian (il faudra revenir dessus) si l'usine d'aluminium est abandonnée. Sommes-nous condamnés à vendre de la matière première. Nous en sommes encore à exporter du bon café peu cher que nous ne consommons pas, pour importer et consommer du nescafé pourri très cher. La honte pour des gens qui se prétendent patriotes ou nationalistes !








