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Fêtes des femmes : la discrimination, chiffres à l’appui
Bountouraby Soumah Mercredi, 27 Mars 2013 23:03
Alors que le monde entier a célébré la fête internationale des droits de la femme le 8 mars dernier, la Guinée, elle, ne l’a fait que ce mercredi 27 mars. Pour la circonstance, les Guinéennes s’étaient massivement retrouvées dans la salle des congrès du Palais du peuple. Si du point de vue organisationnel, l’événement a été un véritable fiasco, par contre, au-delà des discours creux habituels, les femmes guinéennes ont démontré de la manière la plus éloquente possible la discrimination dont elles sont victimes.
En effet, un constat accablant a été dressé par la directrice préfectorale des Affaires sociales, de la Promotion féminine et de l’Enfance de la ville de Kankan, Mme Aissata Sow. Puisant des statistiques dans un document de plaidoyer intitulé « le leadership féminin et la paix en Guinée », elle a démontré la faible représentativité des femmes au niveau des postes de responsabilité aussi bien dans l’administration centrale et décentralisée qu’au sein des forces armées. C’est ainsi qu’elle a égrené :
· Gouvernement : 5 femmes sur 39 ;
· CNT : 32 conseillères sur 159 ;
· Cour suprême : 17 femmes dont seulement 5 occupent des postes de décision sur 57 fonctionnaires ;
· CES : 10 conseillères sur 35 ;
· CENI : 5 commissaires femmes sur 25 ;
· Gouvernorat : Une seule femme gouverneure sur 8 ;
· Préfet : 2 femmes préfets sur 33 ;
· Commune : 7 femmes maires sur 38 ;
· CRD : aucune femme présidente de CRD sur les 304.
Cette dénonciation est, d’une certaine façon, un rappel à l’application des dispositions relatives au quota réservé aux femmes notamment lors des échéances électorales. Un rappel d’autant plus nécessaire que les élections législatives sont en ligne mire.
En guise de conclusion, Mme Sow a déclaré en outre : « les femmes guinéennes continuent de faire l’objet de pratique discriminatoire dans la conduite des affaires publiques à tous les niveaux de prise de décision ».
Les femmes de Guinée ont également, dans le contexte de la crise politique actuelle, sollicité en chœur du président de la République que les élections législatives puissent se tenir d’ici au 1er juillet 2013. On ne sait cependant pas si cet appel relève d’une prise de position ou s’il s’agit réellement d’une préoccupation découlant des risques de conflits.
Devant le premier ministre, Mohamed Saïd Fofana, son épouse et la première dame, Mme Djéné Kaba Condé, les femmes de Guinée ont également mentionné les violences faites aux femmes. A ce propos, la secrétaire Générale du syndicat des travailleurs domestiques de Guinée, Madame Doukouré Hasmaou a indiqué : « les travailleuses domestiques sont des travailleuses non considérées et qui sont violées tous les jours physiquement ou moralement dans les ménages ». En conséquence, promet-elle : « Nous sommes beaucoup plus concernées par les violences donc, nous accompagnons fièrement les femmes qui ont crié haut et fort aujourd’hui "halte aux violences faites aux femmes" ».
En réponse à toutes les requêtes formulées aussi bien verbalement que par les documents de plaidoyer, le Premier ministre a affiché sa compréhension. Selon lui, « les femmes constituent une force qui doit avoir son mot à dire dans la gestion des affaires publiques et une force qui doit pouvoir dire non aux conflits car ce sont les femmes qui souffrent dans leurs chairs, les conséquences des conflits ».
Il est à signaler que la fête était animée par des prestations d’artistes dont les Zawagui
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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Commentaires
Bien dit et avec preuves il y a discrimination dans tous les domaines et secteurs du pays et que l'auteur de cet article face aussi le statistique et les composantes a tous les niveaux du gouvernement Guinéen des différentes ethnies du pays on verras bien combien de fois on est loin de respecter les lois et les institutions de ce pays........l'ethno-stratégie et l'exclusion de l'autre est présent .qui osera le faire....
Pour ce qui concerne les femmes, il faut imposer 30% de femmes dans toutes les institutions et faire des efforts importants en matière d'éducation, pour que ce taux progresse vers les 50%, ce qui est un minimum, compte-tenu du fait qu'elles sont plus nombreuses.
AC parle beaucoup (comme d'habitude) et s'il n'est pas responsable de la composition de nombreuses institutions, en revanche au niveau gouvernemental et préfectoral, les faits parlent contre lui.








