Bountouraby Soumah Mercredi, 27 Mars 2013 15:35
S’inspirant des récentes violences sociopolitiques qui avaient paralysé la capitale guinéenne et qui avaient eu des relents relativement ethniques, le Centre Femmes, Citoyenneté et Paix (Centre FECPA) a organisé le mardi 26 mars 2013 à la Maison de la presse de Coléah, une conférence-débat portant sur le thème : « Ethnocentrisme et droits humains ». Profitant de l’occasion, Dr. Alpha Amadou Bano Barry, enseignant-chercheur, a asséné un certain nombre de vérités qui, à l’en croire, vont à contresens de certaines idées reçues sur la problématique de l’ethnocentrisme en Guinée.
Au nombre de celles-ci, le conférencier pense que les ethnies en soit ne sont pas un problème. Résultant d’un phénomène de socialisation à la fois réel et normal, les groupes ethniques seraient soumis à loi de l’évolution dont les étapes essentielles seraient la naissance, le développement et la mort. Dr. Bano pense par ailleurs que ce ne sont pas les différences ethniques qui génèrent les problèmes qui menacent les fondements de la nation guinéenne.
Les raisons de ces problèmes seraient justement, selon Dr. Alpha Amadou Bano Barry, liées à l’accès aux ressources de l’Etat, aux avantages qu’ils procurent, aux privilèges qui s’y rattachent. Plus précisément, il estime que « le problème est donc le contrôle de l’Etat et de ses dépendances : les marchés publics, les postes de l’administration publique qui passe par le contrôle de la présidence qui est l’unique détenteur du décret ».
Et pour inverser une telle tendance, le conférencier propose : la réforme institutionnelle, la réforme de l’administration, du code des marchés publics et l’adoption et la mise en œuvre de mesures actives de consolidation de l’unité nationale.
En vue de la cohésion nationale, Dr. Bano fait une autre proposition à la fois audacieuse et relativement singulière : il s’agit de cours de langues nationales à tous les Guinéens qui veulent bien apprendre une autre langue qui ne soit celle de ses parents. Manifestement convaincu par de la pertinence d’une telle mesure, il ajoute : « L’offre de cours en langues nationales ne serait attractive que si elle offrait des opportunités réelles à ceux des Guinéens qui la prennent. Ainsi, il est possible de faire de la locution de deux ou trois langues comme critère d’occupation de certains postes. On pourrait même offrir des points d’indice dans le salaire des fonctionnaires qui parlent plus d’une langue nationale. Pour favoriser les langues des ethnies numériquement les moins nombreuses, il est possible d’offrir des allocations d’encouragement pour ceux des Guinéens qui accepteront de porter leur choix sur ces langues. Il est même possible, si l’on veut favoriser les mariages interethniques de prévoir des points d’indice dans la rémunération des agents des secteurs privés et publics ».
Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu
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