Conférence-débat : l’ethnocentrisme au-delà du sens commun

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Maison_presse_Conakry_01S’inspirant des récentes violences sociopolitiques qui avaient paralysé la capitale guinéenne et qui avaient eu des relents relativement ethniques, le Centre Femmes, Citoyenneté et Paix (Centre FECPA) a organisé le mardi 26 mars 2013 à la Maison de la presse de Coléah, une conférence-débat portant sur le thème : « Ethnocentrisme et droits humains Â». Profitant de l’occasion, Dr. Alpha Amadou Bano Barry, enseignant-chercheur, a asséné un certain nombre de vérités qui, à l’en croire, vont à contresens de certaines idées reçues sur la problématique de l’ethnocentrisme en Guinée.

Au nombre de celles-ci, le conférencier pense que les ethnies en soit ne sont pas un problème. Résultant d’un phénomène de socialisation à la fois réel et normal, les groupes ethniques seraient soumis à loi de l’évolution dont les étapes essentielles seraient la naissance, le développement et la mort. Dr. Bano pense par ailleurs que ce ne sont pas les différences ethniques qui génèrent les problèmes qui menacent les fondements de la nation guinéenne.

Les raisons de ces problèmes seraient justement, selon Dr. Alpha Amadou Bano Barry, liées à l’accès aux ressources de l’Etat, aux avantages qu’ils procurent, aux privilèges qui s’y rattachent. Plus précisément, il estime que « le problème est donc le contrôle de l’Etat et de ses dépendances : les marchés publics, les postes de l’administration publique qui passe par le contrôle de la présidence qui est l’unique détenteur du décret Â».

Et pour inverser une telle tendance, le conférencier propose : la réforme institutionnelle, la réforme de l’administration, du code des marchés publics et l’adoption et la mise en Å“uvre de mesures actives de consolidation de l’unité nationale.

En vue de la cohésion nationale, Dr. Bano fait une autre proposition à la fois audacieuse et relativement singulière : il s’agit de cours de langues nationales à tous les Guinéens qui veulent bien apprendre une autre langue qui ne soit celle de ses parents. Manifestement convaincu par de la pertinence d’une telle mesure, il ajoute : « L’offre de cours en langues nationales ne serait attractive que si elle offrait des opportunités réelles à ceux des Guinéens qui la prennent. Ainsi, il est possible de faire de la locution de deux ou trois langues comme critère d’occupation de certains postes. On pourrait même offrir des points d’indice dans le salaire des fonctionnaires qui parlent plus d’une langue nationale. Pour favoriser les langues des ethnies numériquement les moins nombreuses, il est possible d’offrir des allocations d’encouragement pour ceux des Guinéens qui accepteront de porter leur choix sur ces langues. Il est même possible, si l’on veut favoriser les mariages interethniques de prévoir des points d’indice dans la rémunération des agents des secteurs privés et publics Â».


Bountouraby Soumah
de Conakry pour GuineeActu


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Commentaires  

 
+1 #4 AOT Diallo 29-03-2013 14:40

"Dr" Bano Barry a mon avis votre analyse est intéressante mais vos solutions sont farfelues.
Pourquoi pas tout simplement un chef juste et démocrate, des institutions fortes, un système de gouvernance plus égalitaire et élimination de tous les pourris a la présidence - et ensuite 10 ans de travail sérieux et continu?
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+2 #3 Le voyant 29-03-2013 04:03

Citation en provenance du commentaire précédent de Mamadou Saliou Bah:
Kankan , 2 Aout 1968 : ...... ..." La meme chose et esperer un resultat different , est LE comble de la stupidite " !
Et si on faisait comme on dit en POULAR : " ko Hounnoubhe ka Haldi , weldi " . Hounne ko haldoudhen kon ! Point barre !
La CONSTITUTION , RIEN que la constitution et Toute la constitution , Koto Bano Barry !
Bien a Vous !

Bien vu c’est la définition même de la folie: Faire la même chose sans arrêt et espérer avoir un résultat différent…. Ce qui me fait mal c’est quand les victimes s’auto-flagellent naïvement en longueur de journée – sous les regards de leur bourreaux – et espérer obtenir des résultats qui ont peu de chance d’aboutir avec les sauvages qui gouvernent.
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+2 #2 Mamadou Saliou Bah 28-03-2013 13:34

Kankan , 2 Aout 1968 : Revolution Culturelle SOCIALISTE !
" Koko lala "
" oto no booti bobooti "
" Oto Koto BANO on no yani TATA , kono ko nani nani " !
" Koto Bano Barry " , après ttes vos recherches , je crois que Vous etes en retard de 2 generations .
L' AUTRE IDIOT de president que nous avions , l' avait impose ( au nom de la revolution ) et il n' en a ete rien . " La meme chose et esperer un resultat different , est LE comble de la stupidite " !
Et si on faisait comme on dit en POULAR : " ko Hounnoubhe ka Haldi , weldi " . Hounne ko haldoudhen kon ! Point barre !
La CONSTITUTION , RIEN que la constitution et Toute la constitution , Koto Bano Barry !
Bien a Vous !
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+3 #1 Gandhi 28-03-2013 10:35

Si je partage le début des conclusions, à savoir que les ethnies ne constituent pas un problème !!! (il ne manquerait plus que ça), je ne vois pas en quoi l'usage des langues ou le mariage mixte, favoriserait la lutte contre l'ethnocentrisme. C'est une question d'état d'esprit, voire de volonté à partager équitablement les responsabilités entre tous. Il faut imposer par les textes et la pratique, au moins pour le temps où l'éducation doit faire son oeuvre (3 ou 4 générations), des quotas par ethnie dans l'administration (au sens large), afin d'éviter que certains (et je parle de tout le monde) ne se croient au-dessus des autres. Il faut réadapter le système africain (le consensus), afin qu'une majorité n'impose pas aux autres sa façon de voir. Tout le monde doit se sentir concerné pour avancer, et pas seulement ceux qui gagnent les élections (y compris lorsqu'elles sont crédibles).
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