Aliou Sow Mardi, 26 Mars 2013 16:54
Dans un rapport publié en marge des travaux de la 22e session du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme qui s’est tenue à Genève, la Guinée est mise à l’index pour les violations des Droits humains enregistrés en 2012 dans le pays. Une situation qui illustre un dysfonctionnement au niveau de l’appareil judiciaire, qui peine à trouver ses marques.
C’est dans sa « résolution 19/30, que le Conseil des Droits de l’homme a invité le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l’homme à lui faire rapport à sa vingt-deuxième session sur la situation des droits de l’homme et les activités du Haut-Commissariat en Guinée en 2012. » Dans la foulée, ce rapport revient pas à pas sur « l’évolution de la situation des droits de l’homme au regard des défis contextuels et structurels identifiés dans le précédent rapport ». Il note en même temps « les initiatives prises par le gouvernement pour donner suite aux recommandations de la Haut-Commissaire et se conformer aux obligations internationales des droits de l’homme qu’il s’est volontairement engagé à respecter », précise le document. Qui fait mention du fait que « la situation des droits de l’homme demeure préoccupante en Guinée ». Pour la simple raison qu’elle se caractériserait par « les violations de droits de l’homme, qui sont d’une part liées à des problèmes d’ordre structurels comme l’impunité, et sont d’autre part générées par le contexte politique tendu », souligne le rapport.
Les concepteurs de ce rapport pointent du doigt le fait que « les élections législatives qui auraient dû mettre fin à la transition n’ont pas eu lieu faute de consensus ». Ce retard selon eux a freiné « l’adoption des réformes nécessaires pour répondre aux causes profondes de ces violations. Les principaux sujets de préoccupations concernent les violences politiques, notamment la répression des manifestations publiques ; les cas d’atteinte à l’intégrité physique et actes de torture ; la persistance de l’impunité, particulièrement celles des forces en charge de la sécurité. » En outre, le rapport « note de faibles progrès dans la mise en œuvre des actions prioritaires du gouvernement qui ont eu pour effet de freiner la restauration de l’Etat de droit ; en particulier, le retard pris dans l’amorce du processus de réconciliation nationale à travers l’organisation des consultations nationales, la lenteur des poursuites engagées contre les auteurs des violations graves des droits de l’homme, et l’absence de progrès dans la mise en place d’une institution nationale indépendante des droits de l’homme. » Parmi les actes posés par le gouvernement en 2012 allant dans le sens de l’amélioration du secteur des droits de l’homme, le rapport cite la création d’un ministère des Droits de l’homme et des libertés publiques. Et fait mention de la suite donnée « à la recommandation de la Haut-Commissaire d’intégrer les droits de l’homme dans la réforme du secteur de la sécurité ».
Comme on le voit, les droits de l’homme sont toujours bafoués en Guinée. Et les événements malheureux enregistrés suite à la marche organisée par l’opposition illustrent cet état de fait. Les forces de sécurité ayant été indexées pour des exactions commises sur des populations civiles, par l’opposition. Le gouvernement a promis l’ouverture d’une enquête pour faire toute la lumière sur ces incidents. Mais chez de nombreux citoyens, le doute s’est installé concernant cette enquête, vu que le gouvernement d’Alpha Condé n’arrive pas à se départir de certaines pratiques qui avaient cours sous les régimes précédents.
Cela porte sur l’impunité et la corruption. Il conviendrait de rappeler que ces manifestations de rue s’étaient soldées par 10 morts dont un policier.
Près de 200 personnes ont eu recours à des soins suite à des blessures infligées dans la majeure partie des cas par des jets de pierres et par balles, durant ces folles journées. Ce rapport tombe à point nommé, et pourrait certainement appeler de la part des autorités, notamment celles de la Justice, un peu d’effort dans la protection des populations contre des violences parfois meurtrières.
Aliou Sow
Le Démocrate, partenaire de GuineeActu.com
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