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Mohamed Bobo Diallo a été fait Docteur en Informatique de l’Université de Paris 6
Alpha Sidoux Barry Mercredi, 13 Mars 2013 11:22
Une lueur étincelante a illuminé l’Université de Paris-6 dans l’après-midi du jeudi 7 mars 2013. Cet exploit a été réalisé par notre compatriote Mohamed Bobo Diallo, par la soutenance de sa brillante thèse pour le Doctorat en Informatique, sur le thème : « Content-based networking for global scale mediation services », difficilement traduisible en français par « Communications orientées-contenu pour services de médiation de large échelle ».
A 14h15 de cet après-midi-là , la salle 105 de la Tour 26 de Paris-6 Sorbonne-Universités (appelée aussi Université Pierre et Marie Curie) a été envahie par une assistance nombreuse composée de parents et amis de Mohamed Bobo, de ses condisciples et de plusieurs chercheurs du Laboratoire d’informatique de Paris-6 (LIP6). La performance du candidat a été d’autant plus remarquable que sa thèse de doctorat a été rédigée entièrement en anglais. Il a planché devant un jury de six éminents professeurs venant de diverses universités françaises et étrangères :
- Président du jury : Sébastien Tixeuil, de l’Université de Paris-6
- Directeur de la thèse : Serge Fdida, de Paris-6
- Encadreurs : Prométhé Spathis, de Paris-6, et Walid Dabbous, de l’INRIA Sophia Antipolis (Nice)
- Critique informatique : Farouk Kamoun, de SESAME (université privée tunisienne)
- Examinateur : Kavé Salamatian, de l’Université de Savoie (Annecy)
- Paul Mockapetris, de la firme Nominum, l’homme qui a développé le système DNS (qui permet de traduire un nom de domaine en une adresse IP), empêché pour des raisons professionnelles, n’a pas pu venir des Etats-Unis.
Quarante minutes durant, Mohamed Bobo a fait un exposé dans un anglais impeccable. Nous avons tous appris l’anglais à l’école, mais de là à le parler couramment, il y a une énorme distance, franchie allègrement par Bobo. Debout, d’un calme olympien, le candidat s’est exprimé dans la langue de Shakespeare, avec les nombreux néologismes propres au langage informatique. Les concepts nous volaient par-dessus la tête au sens propre et figuré, ainsi que les courbes, les graphiques et les tableaux, projetés sur un écran par son ordinateur portable.
Au terme de l’exposé du candidat, les examinateurs ont tour à tour pris la parole. Tous ont loué l’approche scientifique de Mohamed Bobo, ainsi que la clarté de ses propos et de sa démarche. Celui-ci a répondu aux questions du jury avec une précision toute mathématique, usant de peu de mots, ce qui est la marque du scientifique de haut niveau. Pendant que le jury se retirait, un quart d’heure durant, pour délibérer, la salle n’a pas arrêté de s’extasier sur les capacités intellectuelles de Mohamed Bobo Diallo.
Enfin, le professeur Serge Fdida, directeur de la thèse, accompagné de ses collègues, a fait son retour dans la salle, pour annoncer les résultats de la délibération, dans un silence de mort. Après un éloge appuyé au candidat et à son travail, il déclara solennellement : « Nous vous faisons Docteur en Informatique de l’Université de Paris-6, avec la mention très honorable ». Applaudissements nourris de la salle.
Tous les Guinéens présents furent remplis de fierté. Mon Dieu, que la Guinée est riche de capacités ! Quand on voit aujourd’hui qu’un dictateur sanguinaire, Condé Alfa, est en train de détruire ce pays, on ne peut que se prendre la tête, ou plutôt, prendre les armes pour abattre la tyrannie.
A tête reposée, Mohamed Bobo Diallo m’a explicité la contribution scientifique apportée par sa thèse de doctorat.
L’architecture actuelle de l’Internet vise à garantir l’accessibilité à un port de communication. L’approche contenu (content-based) contraste avec celle-ci. Elle vise à garantir la disponibilité du contenu (c’est-à -dire une information, en langage simple). Elle est plus efficace que les usages courants de l’Internet qui, à 90%, consistent à distribuer du contenu. Aujourd’hui, on utilise l’Internet pour des applications conversationnelles (se connecter à un serveur, exécuter une séquence d’instructions, puis se déconnecter). Les protocoles qui ont été conçus sont en phase avec ce type d’usage.
Dans la nouvelle approche, le contenu va suivre le chemin inverse des intérêts annoncés par les consommateurs d’information. Chaque routeur (point intermédiaire du réseau qui fournit le service) fonctionne comme un cache (une mémoire) permettant ainsi d’accéder à la source la plus proche du contenu.
Dans l’Internet actuel, l’utilisateur va chercher le contenu sur un serveur. A titre d’exemple, si l’on se connecte à GuineeActu (serveur), à chaque fois, on télécharge l’information à partir de ce serveur.
Dans l’approche « orienté-contenu », le contenu va être répliqué au niveau des routeurs au fur et à mesure qu’on y accède, rapprochant ainsi le contenu des utilisateurs. Donc, les délais sont plus courts, la complexité est moindre, et cela coûte moins cher.
L’approche actuelle permet de résoudre de nombreux problèmes, comme par exemple le problème de la surcharge d’information. Les consommateurs d’information sont submergés par le volume de consommation possible. Ils ont tendance à privilégier des services de médiation sélectionnant les contenus les plus pertinents relativement à leurs intérêts déclarés. Pour ce faire, on a proposé un modèle de service qui permet aux utilisateurs d’enregistrer leurs intérêts selon des langages expressifs et quantifiant la capacité d’attention de l’utilisateur (le nombre maximum de publications pertinentes qu’il souhaite recevoir sur un intervalle de temps donné). La nouvelle approche permet de filtrer le flux de contenus disponibles en fonction des critères définis par l’utilisateur.
Cette méthode était offerte par les fournisseurs de services comme Google, mais avec une approche centralisée. La méthode orienté-contenu est décentralisée. Elle intègre les activités de recherche d’information, de fouille et de dissémination.
Bien qu’ayant quelque mal à suivre les explications de Mohamed Bobo, on ne se lasse pas d’écouter ce jeune homme pour qui l’informatique n’a plus aucun secret. On aimerait le voir tous les jours pour pouvoir se repérer dans les méandres de cette science absconse et plus qu’hermétique pour beaucoup d’entre nous. C’est ainsi que j’ai appris ce que signifie l’adresse IP (Internet Protocol). Chaque internaute est identifié par un numéro, une succession de 32 bits binaires (0 et 1), soit au total (2)32 adresses. Mais, ce protocole, appelé IPV4, tend à être saturé dans certaines régions du monde, notamment en Asie. C’est pourquoi, on est passé au IPV6, avec 128 bits.
Mohamed Bobo Diallo aime les études. Il les poursuit depuis son entrée à l’école. Né à Abidjan en Côte d’Ivoire en 1983, il a fait le secondaire au Lycée classique de Cocody. A 18 ans, il présente le baccalauréat en série scientifique en juin 2001, bien sûr avec la mention. Le mois suivant, représentant la Côte d’Ivoire, il est lauréat aux Olympiades panafricaines de mathématiques à Ouagadougou au Burkina. Il entre alors en classe préparatoire MPSI (Maths-Physique-Sciences de l’Ingénieur) au Lycée Mohamed V de Casablanca au Maroc. Deux ans plus tard, il est admis au concours d’entrée à l’INPT, l’Institut national des postes et télécommunications de Rabat, la capitale marocaine. En 2006, il est ingénieur en télécommunications. Il entre à l’Université de Paris-6 pour le master en Réseaux informatiques. L’année suivante, il décroche le master de recherche (ex-DEA, Diplôme d’études approfondies, qui a été supprimé avec l’entrée en vigueur du LMD, Licence-Master-Doctorat). Il s’inscrit en doctorat en septembre 2007 au Laboratoire d’informatique de Paris-6.
Mais ce jeune docteur en science informatique a de qui tenir. Allez, tant pis pour la modestie ! Son père, Boubacar Doumba Diallo (Doumba est le nom de son village natal dans l’arrondissement de Timbi Madina, préfecture de Pita), actuellement professeur à l’Université nationale Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, est lui-même docteur en mathématiques. Il fut premier de la Guinée au baccalauréat série Maths-Elem au début des années 1960.
Je souhaite vivement que Mohamed Bobo Diallo entre dans une grande société d’informatique, tout en poursuivant ses travaux de recherche à l’université. Si j’avais le pouvoir de décision, je l’aurais nommé sur-le-champ à la tête d’une superstructure chargé de l’Informatique et du Traitement numérique de l’information en Guinée.
Alpha Sidoux Barry
Directeur de publicationde GuineeActu
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Commentaires
Et grâce a toi le doctorat de la Sorbonne reprend un peu de crédit en Rep. de Guinée...
Le problème c'est que ce logiciel est inconnu non seulement d'AC (qui n'a jamais travaillé), mais également de son entourage, dont la seule finalité, est de prendre des commissions à l'occasion de la signature de contrats avec... des étrangers.
On peut vraiment dire que Mohamed a du succès,même Guinean.Au fait Guinean,tu peux tenter un projet avec lui,comme tu l'as fait avec Naité ä Mouna,n'est-ce pas?
Madina, peut être que c’est de l’humour sinon la réponse est limpide : c’est non.
Pour la simple raison que ce genre de guinéens ne s’associent qu’aux requins navigants autour du pouvoir avec des projets bidons pour plumer l’Etat, leur seul client.
C’est une des faces cachées du système corrompu de chez nous.
Mais,il n'ya pas longtemps,il devait moins de dix mille dollars ä Lansana Kouyaté,qui d'ailleurs les lui reclama par gendarmerie interposée.Cela s'est passé,quand il a rejoint Alfa Condè.
NB: chapeau au doyen Doumba!!!!
Doyen Doumba,
Tu viens de soulever un lièvre ; si le système marocain attire l’excellence, force est de constater que celui guinéen attire la médiocrité.
Tu pourrais avoir raison pour le cas guinéen. A mon dernier séjour en guinée, j' ai éte informé que la france octroie chaque année une bourse de medecin militaire à la guinée. Son obtention est assujettie à un test à l' ambassade de France. Kelefa Diallo (paix à son âme), ayant remarqué que depuis 20 ans aucun candidat n' a reussi à cet test, est allé voir son homologue de l' éducation pour lui demander de l' aide. Ce dernier accepta de lui porter sécour. Il invite un agent de l' intendance militaire et lui demande comment ont ils (les militaires) procédé à la selection des candidats. L' agent repond qu' ils n' ont aucun critère défini de preselection; un militaire dresse une liste de facon simple: il gronde le nom des colonels et commandants au mas (quelques fois) et leurs demande, s' ils ont des enfants en classe Terminale...A travers ces reponses la liste est établie.
Le ministre le remercie et lui dit qu' au secondaire un bacc blanc a été organisé cette année (2012) et que les resultats sont disponibles. Il demande au ministre de la défence d' accepter de présenter les 3 laureats du bacc blanc à cet test. Kéléfa accepte l' idée. Les 3 candidats sont présentés à l' ambassade pour passer le test et laureat de la serie science experimentale deroche le sesame...N' ayant pas encore passé le bacc réel l' ambassade de France conditionne sa bourse à l' obtention de celui-ci. Deux mois plutard il decroche son bacc et est majeur toute serie confondue. Beneficiant de deux bourses (une marocaine et une francaise) il a opté pour la bourse francaise.
Morale de cette histoire: la mediocrité a fait perdre à la guinée 20 potentiels medecins militaires (une promotion)
Félicitation aux Doumba!
Mes vives félicitations à Mamadou Bobo Diallo. Nous éprouvons tout l’honneur et la fierté de M Doumba et de la famille.
Tel père tel fils , dit-on .Pour qui connait M Doumba , cette immense bonne nouvelle ne surprendrait guère .
Oumou ! La voie est toute tracée …
Tu viens de soulever un lièvre ; si le système marocain attire l’excellence, force est de constater que celui guinéen attire la médiocrité.
Un enseignant m’expliquait : à l’Université, au moment de soutenir sa thèse, l’étudiant devait mettre de billets entre les pages sinon c’était raté. En Guinée, l’on disait l’homme qu’il faut à la place qu’il faut et l’on nommait des ministres et des hauts cadres qui savaient à peine lire et écrire.
Le système perdure encore dans tous les domaines à tel point que ce sont ceux qui n’ont pas le choix qui laissent leurs progénitures étudier chez nous. Pauvre Guinée
J'ajouterais aussi qu'à l'issue de son Master 2 à Paris 6 Mohamed a bénéficié de la part de la France d'une allocation de recherche de trois ans attribuée je crois aux deux meilleurs au Master.Ici aussi point de discrimination .L'effort, l'effort seul intervient.
Merci
Toutes mes félicitations à ce jeune informaticien ; j’ai fini par reconnaître ;en effet, je l’ai rencontré et j’ai même une photo avec lui et ses parents.
J’avais été impressionné par son calme et surtout sa façon de bien regarder dans les yeux en saluant. La Guinée a des valeurs à l’intérieur et à l’extérieur du pays mais n’apporte rien d’attractif à ces compétences ; dommage.
Un modèle pour la jeunesse africaine!
Diallo, Boubacar
Mes vives félicitations au lauréat Mohamed Bobo Diallo. Mes respects.
Je suis très flattée par les commentaires des uns et des autres à l'endroit de Mohamed .Du fond du coeur je vous remercie chaleureusement .Je prie Dieu que sa connaissance puisse profiter à son pays .
Mes remerciement vont également à l'ancien PM Mr Lamine Sidimé qui en 2001,lors d'une visite à Abidjan à bien accepter de me recevoir .
A la vue des bulletins de Mohamed qui était alors en classe de Terminale, il s'est exclamé en disant:" Il est brillant et mérite d'être aidé".Il tint effectivement parole et Mohamed se retrouva en classe Prépa en octobre 2001 au prestigieux Lycée Mohamed V de Casablanca.Je tenais à le signaler.
Merci encore à tous et à toutes!
Ismael Camara (Vice-Président EduCetera: www.educetera.org)
de personnes dont le pays a cruellement besoin.
"There is no stronger weapon against inequality and no better path to opportunity than an education that can unlock a child's God-given potential." Barack Obama--
2 puissance 32 adresses (et non 232)
10 puissance 9 (et non 109)
2 puissance 128 adresses (et non 2128)
10 puissance 38 adresses (et non 1038).
Ko nii tigui , koto Boubacar .
Toutes mes felicitations , Mohammed !
La succession est ( presque ) assuree !
Bon vent !
Il faudrait demander à AC de le faire venir à Conakry, pour vérifier les assertions mensongères d'Alex Gysel, le fameux expert de l'UE, qui affirme qu'il n'y a plus de problème avec Waymark (lol).
Quelques explications simplifiées pour Sidoux (et les internautes intéressés) sur la « gestion de réseau à base de contenu pour services de médiation d'échelle globaux », titre un peu pompeux, pour présenter de façon technique (et non commerciale), une évolution de l'architecture d'Internet.
Concrètement Internet (le réseau des réseaux) a été construit sur la base du protocole TCP/IP, un peu comme le système postal où l'on transporte (le T signifie Transmission) du courrier d'une adresse à une autre, entre un expéditeur et un destinataire. Le C signifiant control permet de vérifier – entre autres - que le courrier est bien arrivé à destination. Chaque PC (mais aussi autre matériel informatique, tels les routeurs, imprimantes réseau, switch, etc...) possède une adresse Internet unique (de même qu'on possède une adresse postale unique). L'IPv4, le système d'attribution d'une adresse Internet (avec une série 4 nombres, 192.168.0.1 par exemple) a permis de créer 232 adresses, soit environ 4,3 milliards (109) d'adresses dans le monde. Aujourd'hui avec 7 milliards d'être humains, ce nombre paraît insuffisant, d'où la création d'un système, l'IPv6, qui permet de multiplier ce nombre, en un autre quasiment infini, puisqu'il permet de créer 2128 adresses, soit environ 3,4 *1038 d'adresses.
Concrètement, un PC situé en Australie par exemple, va se connecter sur le réseau Internet basé sur le TCP/IP, pour accéder au site guineeactu, hébergé par un serveur situé en Suisse. La requête (demande de connexion à ce serveur) va parcourir un chemin sur la toile (il fait le tour du monde en fait), le conduisant à traverser plusieurs réseaux, grâce aux routeurs (matériel permettant de passer d'un réseau à un autre), un peu comme un véhicule traversant plusieurs pays avec des postes frontières. A l'issue du parcours, il aboutira au serveur situé en Suisse, qui lui renverra (réponse à la requête) la page d'accueil de guineeactu, en faisant le chemin inverse, ou en passant par d'autres chemins (il y a plus d'une route possible pour atteindre un destinataire).
Sans rentrer dans le détail technique des « réseaux virtuels » ou du « cache » des routeurs, disons simplement qu'il sera donc possible de « récupérer » les informations stockées au niveau des routeurs traversés (comme indiqué précédemment), à savoir le contenu souhaité. Dès lors, le contenu de guineeactu ne se trouvera plus seulement au niveau du serveur suisse, mais un peu partout sur la toile (au niveau des routeurs). Autrement dit, si la demande de connexion à guineeactu devait traverser 100 routeurs différents pour accéder au serveur suisse, désormais l'information pourrait se trouver sur le routeur 25, voire même le 1, en fonction des chemins parcourus.
J'espère avoir été clair, et que ces explications auront été utiles. J'ai essayé de traduire le plus schématiquement possible les aspects techniques, sans rien évoquer des objectifs commerciaux, qui sont en réalité la raison d'être de ces évolutions technologiques (nous pister et en savoir un maximum sur nos habitudes).








